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( 28 octobre, 2012 )

Matière noire et gravité

Vitesse de la lumière. La vitesse concernée est considérée comme étant indépassable dans un environnement stable. Mais le vide est il stable ? Considérons l’objet émis comme étant émis à cette vitesse dans une galaxie et un système solaire (une ou plusieurs étoiles occupant le centre). Quelque soit la masse de l’astre qui est à l’origine des photons (disons pour simplifier le photon mais ceci est certainement impliquant aussi, il n’y a pas d’émission d’un photon mais d’une « masse » de photons) la lumière quittant l’étoile atteint la vitesse v dans le vide local. Le vide n’est pas vide, il contient à l’instant t une quantité de matière noire assez constante faite de passages de particules gravitons qui sont sans doute issus de la matière ou qui coexistent avec la matière, mais il se trouve aussi qu’ils sont en interaction avec toute forme de la matière que nous savons identifier avec nos instruments actuels. Nous voyons les effets de la gravité, nous savons qu’elle est universelle, nous pensons même que sans la gravité toute la matière serait disloquée inévitablement. Il y a par exemple des zones de l’espace temps qui sont occupées par des corps matériels si imposants que la distance entre les particules diminue prodigieusement, et ces puits gravitationnels appelés trous noirs irradient dans leur environnement des forces gravitationnelles gigantesques. Or la lumière elle même est aspirée par ces objets, ce qui prouve bien qu’elle est composée de particules, en fait probablement d’une particule et d’une antiparticule liée. Toute la matière est constituée ainsi d’un nombre semblable de particules et d’antiparticules, et seulement l’émergence des électrons ou des positrons en fait quelque chose de différent (soit de la matière, soit de l’antimatière). Il est probable qu’il y ait des Univers d’antimatière, et même des objets d’antimatière sont dans la galaxie, et peut être sont ils à notre portée humaine. Revenons à la lumière émise par une étoile dans une galaxie lointaine. Il se trouve que cette galaxie s’éloigne de la notre et de notre soleil à une grande vitesse proche de la vitesse de la lumière. La particule photon va traverser des zones de l’espace qui s’éloignent de plus en plus de son lieu d’origine. Soit elle est conservée intacte lors de ce trajet, soit elle peut générer de temps en temps une nouvelle particule qui continuera son trajet. Mais ce qui est aussi certain c’est que la vitesse v qu’elle prend dans le nouveau système qu’elle traverse est bien identique or éjectée à la vitesse v, elle devrait progressivement se freiner, mais elle n’en fait rien. Une seule chose change c’est sa coloration due à une de ses caractéristique qui elle évolue graduellement. La particule photon vibre, elle a une vibration x lorsqu’elle part de son lieu origine, or cette vibration elle diminue lorsqu’elle transite par un espace qui s’éloigne constamment de son lieu origine (phénomène connu comme étant la résultante d’une expansion de l’univers, mais qui pourrait aussi être une compression de l’espace matériel et dans ce cas il serait plus facile de comprendre comment la matière de l’Univers peut trouver un espace d’expansion). Certains pensent à tort que si un système qui s’éloigne de nous à la vitesse v émet de la lumière vers nous cette dernière n’arrivera jamais à nous. Ils se trompent lourdement, car ils oublient simplement de se rappeler que la lumière voyage toujours à la même vitesse quelque soit son environnement, et surtout ils oublient d’intégrer la gravité dans leurs calculs et équations. Lorsqu’elle est émise dans une galaxie la lumière qui vient vers nous a une vitesse relative nulle par rapport à nous, mais dés qu’elle arrive dans une galaxie qui se déplace moins vite elle prend la vitesse relative et ainsi de suite jusqu’à prendre la vitesse de notre galaxie. Elle arrive donc bien assez vite chez nous et ceci même si la galaxie dont elle provient s’éloigne de la notre à une vitesse supérieure à celle de la lumière. Explication du fait que la vitesse de la lumière semble toujours constante. N’oublions pas que ce que nous nommons accélération est en fait modification gravifique. La vitesse de la lumière est identique égale à v pour tout mobile qui se déplace dans la galaxie, même si ce mobile pouvait se déplacer à la vitesse de la lumière, la lumière qu’il émettrait aurait la vitesse v, par contre il ne pourrait recevoir la lumière émise derrière lui. Nous savons aussi depuis Einstein que le temps local de ce mobile voyageant à la vitesse de la lumière dans notre galaxie serait contracté, presque infiniment d’ailleurs d’après la théorie ce qui est invraisemblable, mais le fait est qu’arriver à acquérir la vitesse de la lumière dans notre galaxie est impossible pour toute matière ordinaire qui serait sans doute détruite à cette énergie. N’oublions pas qu’une matière voyageant à une grande vitesse possède une énergie énorme (toujours issue de ses interactions avec les gravitons) Donc que ce passe t’il dans la nouvelle galaxie traversée ? Il semble que la vitesse des photons augmente pour prendre la vitesse v de cette galaxie. Mais aussitôt sa vibration elle diminue. Ce fait ci nous interpelle car la vitesse de la lumière est constante dans cet univers nouveau alors que par rapport à son lieu d’origine elle a déjà augmenté. Qui a t’il de différent entre les deux univers ? celui dont elle est originaire que nous nommerons le premier, et le nouveau qu’elle traverse (le second), qui se déplace en s’éloignant du premier . De ceci nous pouvons déjà tirer la règle que la distance qui serait calculée comme étant v multipliée par le temps mis pour parcourir la distance est fausse. En effet lorsqu’elle est émise de sa source la vitesse relative de la lumière est égale à la vitesse de la lumière , déduite de la vitesse du système d’où elle provient par rapport à notre système. Et si on veut affiner le tout il ne faut pas oublier que les astres font des révolutions autour de centres qui leurs sont propres et que les galaxies aussi tournoient dans l’espace. Alors que les photon vont en ligne droite eux à l’exception de leur passage prés d’une source de gravité importante, une sorte de puits gravitationnel qui les dévie plus ou moins fortement, l’explication étant que la gravité joue une sorte de yoyo avec les deux constituants du photons, ce qui pourrait laisser entendre que les photons sont aussi doués d’une masse même si cette dernière n’est pas toujours perceptible, et sans doute d’une antimasse qui compense cette fragilité.. En effet toute particule massive ne peut atteindre la vitesse de la lumière, c’est sa frontière ultime et cette vitesse signerait sa destruction. Donc il n’est pas besoin de préciser et de vouloir interpréter que c’est le temps local qui est changé (relativité couramment enseignée). Le temps local n’a rien à voir là dedans. Il est stable dans toutes les directions de l’espace. Il n’y a pas de centre à l’univers. Aller dans n’importe quelle direction est équivalent. La vitesse locale de la lumière ne change pas, ce qui change c’est la vitesse relative. Ainsi si un vaisseau cosmique de matière ordinaire se déplace à la vitesse v/10 dans un système de départ, il aura toujours cette même vitesse lorsqu’il arrivera dans un système matériel autre qui se déplace à v/10 par rapport au système de départ. Mais sa vitesse relative par rapport au système de départ sera elle de v/5. Et lorsqu’il sera dans un système qui se déplace à la vitesse v*10/9 de son lieu d’origine , il se déplacera à la vitesse v par rapport à son origine, et pourra même dépasser cette vitesse ensuite puisque l’expansion de l’univers est sans doute illimitée, et qu’il n’y a pas de fin de l’univers , même si la théorie du bing bang déclinée suggère qu’elle puisse exister, ce qui est presque improbable. Considérons donc ce qui change et tout sera simplifié. En fait les galaxies sont toutes massives, elle irradient de la gravité à partir de leur centre qui est souvent constitué au moins d’un objet hypermassif connu sous le terme de trou noir. Encore qu’il soit impossible de connaître scientifiquement avec certitude ce type d’objet. Un des paradoxe de la nature est que la gravité locale au centre de gravité d’un système massif est nulle, totalement nulle. Ce qui implique qu’au centre de la terre notre planète il n’y a pas de gravité locale mesurable. Et aussi que lorsqu’on s’enfonce dans la terre la gravité locale existant à la surface de la terre diminue fortement. C’est pour cette raison que les éléments les plus denses s’enfoncent dans les éléments les plus légers si ils peuvent les expulser pour prendre leur place, parce que l’équation résultante est positive. Théorie de la gravité. La gravité se caractérise par son universalité. Elle est d’origine matérielle. Si la matière se disjoint un jour elle sera transformée en gravité. La gravité est faite de matière noire, elle est certainement le socle de la matière qui n’est pas visible. Il semble qu’il y ait deux type de gravité. Une gravité et une antigravité. L’Univers est rempli de gravité, peut être l’est il aussi d’antigravité d’ailleurs mais en moindre quantité, ceci parce que la matière irradie une gravité, et concentre l’antigravité dans son sein, la gravité nous n’en percevons qu’une faible part, la gravité locale qui est un simple vecteur d’accélération. Ce qui nous trouble dans cette affaire c’est que nous pouvons assurer que cette gravité doit pouvoir être mesurée très simplement avec ce que l’on nomme inertie. L’inertie dépend sans doute de la gravité locale, mais essentiellement de la quantité de gravitons qui se trouvent à un instant (t=0)dans un espace donné, ce que nous pourrions appeler la densité gravitationnelle locale. Nous savons que cette densité doit augmenter si on s’enfonce dans le centre de la terre. Nous pouvons calculer la masse de gravitons que ceci implique. Nous pouvons faire les mesures pour le prouver, et ceci très facilement. Il est certain que la vitesse de la lumière dépend de cette densité de gravitons. Les galaxies sont noyées dans un nuage de gravitons qui viennent de tout l’Univers. L’objet graviton n’est pas connu avec précision. Pour le connaître il faudrait le créer de toutes pièces, le diriger, le contenir dans un espace, travailler sur les moyens de le contrôler par des matières non conventionnelles puisque les matières ordinaires sont quasiment transparentes à cette force ou ces particules. Si la densité de gravitons dans un espace ou un trajet influe sur la vitesse de la lumière v, qui est aussi celle de certaines particules nommées neutrinos, ce qui pourrait se traduire par l’augmentation du nombre de gravitons et surtout par le basculement d’un système à un autre ceci expliquerait aussi l’augmentation de la vitesse observée des neutrinos. La courbure de l’espace temps est un raccourci commode pour comprendre ce qui se passe, il est probable que la vitesse v est dépassée par certaines particules qui ne sont pas liées à la gravité comme le neutrinos déjà cité. Et ceci sera dur à digérer par les tenants de la doctrine freudienne de l’absence d’interactions gravifique et simplement par le glissement des objets dans les déformations de l’espace temps et autres foutaises mathématisées. Les bosons de Higgs La physique actuelle parle de la matière noire qui représenterait les trois quart de la masse totale de l’Univers. Soit 75% de la masse totale des objets matériels. On peut aussi supposer que la matière n’est pas la seule forme d’existant qui emplit le Cosmos, et qu’il y a aussi de la non matière, qui peut être spirituelle, ou d’une forme autre que la matière. Pour ce qui est l’omnipotence de celui qui a créé l’Univers, on ne peut que se dire très certainement qu’il n’est pas terrien, ni même de notre galaxie, ceci ne limite pas son pouvoir sur chacun de nous et chaque créature de cette terre. Celui qui nous a donné indirectement le jour est bien sûr au delà de toute limite. Et il convient de bien assumer en soi que c’est de cette unique acte créatif qu’est venu toute la suite. Dieu a délégué ici ses Anges et ses Procureurs pour nous aider à grandir, bien que nous soyons encore mortels et peu doués pour les sciences véritables. Nous sommes encore des primitifs. Qu’ils soient extraterrestres c’est bien entendu probable, mais peut être peuvent ils simplement prendre ici un corps mortel et s’y développer plus ou moins bien pour ensuite faire quelque chose d’important. Nous sommes tous mortels nous les humains. Il est probable que nous engendrerons dans l’avenir des immortels qui auront bien du tracas et des responsabilités accrues pour développer le plan d’ensemble de la Création, et mettre un peu d’ordre et d’harmonie dans l’Univers. Nous pourrions à notre tour être des Dieux pour les autres mondes existants dans l’Univers. Mais pour le moment nous sommes encore plus prés du singe que des Dieux, et nous nous comportons souvent comme des bêtes les plus primitives. Et je crois même que les non humains dont nous sommes les rejetons auraient honte de nous assez souvent. Il est vrai que l’humain doit être forgé. Et que ceci passe par la copulation d’un homme et d’une femme le plus souvent, et la destruction des moins bons dans cette génération. Même l’essence divine qui a été mise dans l’humain s’est ainsi évaporée et elle devient chaque jour moins forte. Alors il faut de la conscience et définir des chemins abruptes, car les chemins faciles sont des chemins de perdition. Et notre société est laxiste et peu fiable, reposant sur le n’importe quoi, elle court à sa perte. Revenons à la science et aux spéculations sur la matière et la Nature… Reprenons le cas classique de la doctrine actuelle. Si on prend la vision actuelle de la torsion de l’espace temps pour expliquer la gravitation universelle qui est aussi ce qui se passe au niveau des atomes, comme ce qui se passe pour les étoiles et les galaxies il faut se poser la question de savoir pourquoi le contenant est infini? Et pourquoi les éléments qui y sont disséminés sont si infimes généralement ? Ensuite le principe que nous observons d’un centre galactique avec des super trous noirs doit aussi nous faire réfléchir à la possibilité que tout ce qui est matière est quelque part antimatière et qu’il y a aussi une fine pellicule qui clôt l’espace de l’Univers, et cette pellicule est forcément faite de cette matière très fine que nous ne savons pas mettre sur le papier en photo ou autre artéfact, qui est sans doute faite de grains très fins les boson de Higgs qui seraient soit autour du trou noir plongeant dans un abîme sans fond, ou ce qui est plus que probable autour de l’Univers comme des reflets car dans ce cas ce monde serait d’une certaine manière une illusion d’optique. Nous savons que toute particule est liée à une antiparticule, et peut être y a t’il un antiunivers qui est de l’autre côté des trous noirs ? Un sac fait de particules neutres (neutrons) pourrait contenir soit de la matière, soit de l’antimatière. Soit de l’énergie à l’état pur : des photons ou même de la matière noire, encore faudrait il qu’il soit vraiment très étanche. Car les photons nous savons les utiliser pour faire des faisceaux laser par exemple, la matière noire nous pourrions en faire quoi ? Il est sûr qu’un voile de cette matière pourrait bien être l’élément qui nous manque par exemple pour supprimer la gravité et créer ainsi de nouveaux moteurs et autres éléments impliquant des désintégrations ou des fusions dans des conditions humainement contrôlables. Dans la continuité de cette potentialité, il serait sans doute possible enfin d’arriver à entrer dans une forme plus adaptée pour voyager dans l’Univers, ce qui est notre but ultime en temps que Terrien. Ce qui implique que l’espace temps soit contrôlable, et ceci est possible et le sera lorsque nous contrôlerons la gravité, car entre la dimension de la matière ordinaire et celle déstructurée des trous noirs il y a des formes intermédiaires qui sont possibles et qui permettraient même de heurter des étoiles massives sans danger pour les éléments constitutifs. Un véhicule de cette forme pourrait facilement entrer dans la terre par un volcan et voyager par le simple fait de la gravité jusqu’au centre de la terre simplement en expulsant la matière comme le fait un morceau de plomb qui tombe au fond de l’eau. Les photons pourraient être comme les électrons dans le courant électrique générés par le contenant de l’espace lors de son trajet vers la cible, ceci permettrait d’expliquer pourquoi l’espace temps est si désagréablement distordu, la vibration des photons elle n’étant pas vraiment explicable cinétiquement, sauf exception à la règle commune, ce qui est probable. Par contre la physique quantique est une vraie absurdité lorsqu’on la pousse dans ses retranchements ultimes, donc il doit aussi y avoir un échappatoire pour sortir de cette doctrine fixiste absurde, comme toute logique ultime.

 

 

 

 

 

 

 

 

( 26 octobre, 2012 )

Cynthia suite

Elle me parla beaucoup de son ami Manu, de tout ce qu’il avait fait pour elle aussitôt je sus que ce jeune homme l’aimait beaucoup, sans doute qu’il en était amoureux. Mais rien ne s’est passé alors. J’ai essayé de lui prendre les mains et de rester positif malgré toutes les choses que je découvrais. J’ai été une fois de plus stupéfait par la facilité avec laquelle on peut avoir des confessions de quelqu’un dont on devient l’ami. Je pense que les personnes qui veulent avoir des amis ont surtout besoin d’avoir un miroir dans lequel elles veulent se reconnaître et qui leur renvoie une image positive d’elles. Je ne sais pas si elle pensait tout ce qu’elle m’a dit alors, j’en suis sûr la connaissant elle ne triche pas naturellement, elle ne le fait que pour ne pas blesser ceux qu’elle aime. Ce que je sais c’est que cette conversation s’est prolongée jusqu’à ce que sa fille arrive. Lorsqu’elle a été là tout a changé.
Avant ceci je lui ai parlé surtout des initiations nécessaires pour entrer dans un groupe, des forces obscures qui sont en nous, de mon enfance et mais vraiment succinctement de ma vie. Elle savait déjà que j’avais cinq enfants et que j’aimais les enfants.
Comment étais-je?
Le moins que je puisse dire était que j’étais très bien, au-delà du réel et du quotidien. Je ne songeais pas à faire des phrases simplement à jouir de la beauté de cette journée de ma vie. Je savais bien que les journées aussi belles seraient rares désormais.
Nous avons aussi parlé de nos sensations. Si bien que j’ai pu lui demander comment elle ressentait l’amour physique. Ceci n’est pas une question dont on parle à tout le monde et il semble bien qu’elle n’ait pas fait attention alors aux implications que cela pouvait avoir sur ma conscience du monde. Elle m’a répondu alors qu’elle avait eu des problèmes de ce côté ,notamment pour ses orgasmes pendant une période assez longue, puis qu’elle avait trouvé en elle la force d’aller vers cette limite et de l’accomplir. J’ai semble t’il compris alors qu’elle avait obtenu le résultat désiré par elle même. Elle était vraiment une femme sensuelle je le sentais et cela me troublait comme son odeur et son parfum. Il semblerait donc que son mari qui pourtant avait eu plusieurs maîtresses n’ait pas su la rendre sexuellement heureuse ce qui est le cas pour beaucoup de femmes malheureusement. Elle aimait beaucoup les préliminaires et surtout embrasser et cela je ne l’ai su que plus tard.
Elle ne nourrissait semble t’il pas une haine consciente pour son ancien époux, je pensais bien alors que c’était elle qui l’avait largué un jour qu’il avait dépassé les bornes. Elle ne m’avoua pas qu’elle l’avait trompé, en fait elle s’en défendit. Elle me raconta une étrange scène lorsqu’elle avait prêté son mari à une de ses copines à Paris pendant que le mari de cette copine essayait, mais vainement de la faire jouir étant sans doute pris de boisson (je trouvais cette histoire difficile à croire mais pas impossible). L’échangisme est une aventure assez banale de beaucoup de couples lors des fêtes bien arrosée. Puis elle m’expliqua comment et dans quelles conditions elle avait eu sa fille début novembre et comment son mari l’avait trompée ouvertement lors d’une fête de Noël qui suivit ; si je me souviens bien en disparaissant avec une de ses amies. Tout ceci peut me paraître irréel et à toi aussi mais tu me l’as dit ce jour là que tu avais été violentée ensuite par ton mari. Je ne pense pas que tu en as encore conscience de cette longue discussion entre nous, chaque mot que tu m’as dit est resté, et j’en ai sans doute compris de travers comme chaque fois sans vouloir faire l’effort de te demander de me corriger. Et moi ce que je pensais alors je savais déjà que te le dirai un jour parce que j’ai su dés ce moment que je voulais vivre avec toi si c’était possible, quelques soient les difficultés du chemin vers toi.
Je peux continuer à penser à cette longue et douce première rencontre chez elle ; car jamais je n’ai été si heureux chez une personne et je l’en remercierai toujours. Elle parlait et je buvais ses paroles et j’admirai ses yeux et son profil, je sentais son parfum…Elle m’ouvrait son cœur, je l’aimais au delà de tout.
Elle avait essayé de fuir, son mari était jaloux et semble t’il porté sur la boisson, pas très travailleur, mais avec beaucoup de qualités artistiques.
Il la mit en joue avec une carabine et la violenta. Réfugiée chez une amie, ensuite, elle n’en menait pas large. Lorsque le pire eut lieu, elle décida de quitter le père de son enfant, et pour se venger sans doute elle le trompa pour la première fois, d’après ce qu’elle me dit, avec le premier venu, l’ami de son mari qui avait pris sa défense et qui devint son amant pendant un long temps.
Des amants ; je ne sais pas, si elle en a eu d’autres avant, je ne le pense pas, si elle avait flirté avec d’autres ce n’était qu’un jeu et le besoin de sexe n’était pas en cause. Son mari la comblait, sans la rendre heureuse, car elle en était amoureuse, de cette plénitude elle en convient même encore maintenant. L’orgasme des femmes est souvent détaché de la vraie jouissance qu’elles ont de faire l’amour avec l’homme auquel elles s’attachent.
Je pensais alors qu’elle croyait sérieusement à la fidélité. Qui n’y croit pas ? Son premier amant de femme désirant divorcer la fit jouir d’une autre manière, après la peur et la souillure de la violence exercée par son mari. Ainsi s’exprime la violence de l’amour en supprimant des blocages qui existaient pour le mari, par la violence inutile. Le corps se refuse pour venger une indélicatesse ou ce qui peut passer pour une rupture de contrat. Le corps se donne pour la même raison à l’amant.
Je ne comprends toujours pas la violence de son mari, il l’avait trompée de manière abominable. Il l’avait bafouée devant tous ses amis et connaissances. En fait, elle a décidé de se venger de son infidélité.
Je ne lui ai pas demandé alors combien de temps s’étaient écoulés depuis son divorce. Je ne comptais pas la faire penser à cette chose qui avait du la rendre très malheureuse et la vider de son énergie.
On ne doit jamais faire grand cas du passé. Pourquoi suis je si attentif à tout ce passé lié à elle et à son souvenir ? Le présent et l’avenir seul comptent. Le passé est un frein plutôt qu’une aide pour l’avenir, mais nous sommes tous les enfants de nos expériences les plus intimes et des souffrances qui nous ont meurtries. Lorsque nous discutions alors, nous parlions des paysages qui nous étaient chers. Il m’a semblé qu’elle aimait la montagne plus que la plaine. Je sais peu de choses de son père et de sa mère. Son père militaire de carrière ( gendarme), sa mère originaire d’un village de montagne sans doute dans le Vercors, ma mémoire est mauvaise sur ce point, comme sur plein d’autres, et je peux me tromper. Elle-même est née à la Martinique à Fort de France le 13 février 1959 à 11H30. Elle est donc verseau et son ascendant est vraisemblablement poisson(en fait gémeaux, il me semble). Ceci posé, faut-il croire aux signes astrologiques et à tout ce qui en découle bien qu’on puisse s’en servir pour jouer, il est nécessaire de faire en sorte que rien de tout ceci ne vienne perturber ce jugement que je porte sur mon passé que je veux le plus objectif possible.

Sa fille Roxane est une des personnes qui comptèrent dans ma vie, c’est une charmeuse comme sa mère. A première vue elle ne lui ressemble pas beaucoup. Elle sera sans doute plus grande et plus fine. Ses yeux brillent de malice et de tendresse. Elle est douce et éveillée. J’ai essayé de gagner sa confiance, sans racolage, mais simplement avec mon cœur. Je ne sais pas si j’ai réussi.
Roxane est née le 4 novembre 1983. Elle a donc presque dix ans quand je la rencontre. Je lui parle de William mon fils qui a le même âge, puis je me trouve avec elle devant un piano et je suis heureux de l’écouter jouer. Je la trouve vraiment très douée, je suis impressionné. Toutefois elle m’annonce qu’elle a renoncé à prendre des cours parce que la musique officielle, le solfège ne lui convenait pas. Comme beaucoup d’enfant elle est vite découragée par un incident. Rien n’est pire que le renoncement des enfants qui ont tellement de qualités et qui perdent tout pour un mouvement d’humeur. Toute bonne éducation consiste à donner aux enfants un caractère qui s’accommode de ce qui ne va pas dans un premier temps, toutes les choses importantes commencent par être ardues. Roxane tu aurais pu être une merveilleuse musicienne, c’est dommage pour toi!…

Un peu plus tard elle me propose de regarder des photos. Je vais alors découvrir les personnes qui font partie des proches de la famille. Je ne me souviens plus où est née Roxane, sans doute à Valence. Je pense l’avoir demandé mais je n’ai vraiment pas une très bonne mémoire à Valence..
Sur les photos j’ai vu sa sœur, pas d’amie, pas de parents, j’ai vu les photos du mari divorcé, bel homme séduisant. Sa fille l’adore. Il est bon peintre et c’est une balance astrologiquement.
Quant aux sentiments de Cynthia pour son ancien mari ils sont difficiles à évaluer parce que passionnels. Mais là se trouve sans doute une grande part de sa souffrance. Car on voit qu’elle souffre profondément encore malgré la vie douce et bien rangée qu’elle mène. Lorsqu’elle a divorcé elle a transgressé un interdit formidable, et brisé son cœur sur la rocaille des amours successives. On se jette toujours dans des amours malheureux en sortant de ces traverses douloureuses qui conduisent au divorce.
Cette souffrance semble provenir principalement de l’amour détruit par la violence qu’il a exercée sur elle lorsqu’il a découvert qu’elle le trompait. C’était une terreur physique et elle en a un grand ressentiment. La menace d’une arme chargée est l’image qui lui reste qui l’a marquée, meurtrie. Je pense qu’il a aussi brisé des éléments moraux très forts en elle. Si je me souviens bien elle m’a dit qu’elle avait été surprise par le fait qu’il la rejète violemment alors qu’elle l’avait trompé. Je pense donc qu’elle ne l’avait trompé qu’occasionnellement et non pas délibérément et de telle manière qu’il en soit atteint au cœur.
Je ne sais pas si il ne s’agit pas d’une vengeance. Elle se serait vengée parce qu’elle avait été jalouse des autres femmes que connaissait son mari. Elle a nettement prétendu alors qu’il avait lui aussi commis l’adultère de son côté.
Beaucoup de temps s’est écoulé ,nous avons moins fumé lorsque l’enfant était là prés de nous. Mais c’était un vrai réflexe, chaque fois qu’elle se remémorait une situation stressante ses yeux se mouillaient et elle avait besoin de fumer. Cette cigarette qui vient semble t’il du problème bien connu de la sussions, qui rappelle le biberon, et le sein maternel, je suis comme elle sur ce plan, mais je considère toujours qu’une femme ne devrait pas fumer devant l’homme qu’elle désire avoir comme ami et encore moins devant l’homme qu’elle aime. Quant on sait comme les jeunes femmes fument actuellement cette réflexion semble dépassée et absurde. Mais il n’en est rien en vérité. J’espère que fumer deviendra une chose absurde à l’avenir pour tous les êtres raisonnables.
Fumer ne sera jamais profitable. Le fait de boire des boissons fortement alcoolisées lorsqu’on se rencontre dans la vie est du même ordre. On peut aussi boire du café ou quelque chose de plus léger comme une bière. Mais pour marquer le coup on a souvent la prétention de tromper ainsi le temps et de justifier après coup la chose en disant c’était les circonstances.
Nous sommes allés voir au cinéma un film important Germinal. Alors que j’avais été si bien pendant tout l’après midi cette décision a créé un vrai problème parce que je me suis trouvé dans la position de celui qui tombe mal. Comme la séance à laquelle nous devions assister s’est trouvée repoussée de 45 minutes nous avons poireauté pendant tout ce temps devant le cinéma dans une file, et même pas dans la même file. Puisqu’elle avait déjà les billets.
Pendant une heure nous étions ainsi si loin l’un de l’autre alors que nous étions en fait assis l’un à côté de l’autre ceci fait réfléchir. Puis nous sommes rentrés à toute allure chez elle. Il était déjà minuit et je sus que quelque chose de grave allait se passer. Elle devait me dire d’aller ou de venir. J’attendais d’être congédié, mais elle a le sens de l’hospitalité. Les amis de passage sont toujours admis, on leur fait une petite place pour la nuit, c’est un des principes qui me permettent de ne jamais douter de l’humanité, donc aussi d’être heureux. Merci pour tous tes accueils ils m’ont toujours réchauffé le coeur. Je suis sûr que je ne pourrais plus aimer une personne qui ne possède pas cette forme élémentaire d’humanité.
Les heures ayant filé; il était minuit passé. Elle me proposa donc un matelas et une couverture que j’installais dans son salon. Ce geste m’a beaucoup touché et je lui sais gré de ne pas m’avoir renvoyé aussitôt en me demandant ce que je deviendrai alors car sans doute alors je ne l’aurais pas aimée si vite et aussi violemment. Ce soir là après le film sa sœur était restée quelque temps et nous avons bu une bière spéciale, belge si je me souviens bien. Il me semble que cette bière était déjà ouverte lorsque nous nous sommes demandés ce que nous allions prendre pour apaiser notre soif.
Car là dés que je fus couché j’eus essentiellement envie d’elle, chose qui ne s’était jamais produite auparavant. Je devins tellement atteint par cette idée que je me mis à me tourner de droite et de gauche sans pouvoir trouver le sommeil. Lorsqu’il vint, il fut très court, je fus réveillé vers trois heures et je tournais dans l’appartement jusqu’au lever du jour. Je lui écrivis une lettre, comme je n’avais pas de papier je pris une feuille intercalaire d’un de ses livres, Madame Bovary de Gustave Flaubert. Elle avait un nombre très limité de livres, mais essentiellement les mêmes que ceux que j’aime. J’étais vraiment bien chez elle c’était vraiment une maison où j’aurais voulu habiter. Lorsque je fis ma toilette j’allais dans la pièce prévue pour cet usage, je me rasais et essayais de paraître plus présentable. Je regardais un peu toutes ses affaires. Les femmes se dévoilent souvent dans leur cabinet de toilette. Elle avait un collier très simple mais de beaucoup de goût, et peu de produits de toilette et de beauté. Tout était net, et précis. Le contraire de ce que je sais faire d’un intérieur.
l’après midi lorsque j’étais assis avec sa fille elle a fait une lessive et l’a étendue. Elle a fait cela naturellement sans effort particulier. Je ne pense pas qu’elle avait préparé ma venue. Son cadre de vie est vraiment quelque chose d’essentiel et de bien tenu.
Donc lorsque j’étais dans sa salle de bain j’ai vu bien en évidence un seul vêtement qui lui appartenait. Une petite culotte… Ce sous-vêtement posé bien en évidence m’a troublé, je me suis demandé si elle ne me laissait pas ainsi un signe pour que je puisse aller vers elle.
Mais ceci est tellement fumeux. Je ne connais rien des autres femmes et mon épouse que je connais un peu est d’une autre nature il me semble du moins. La lettre que je lui ai faite alors, je ne lui ai pas donnée, je lui ai envoyée bien après lorsque j’étais revenu à Nice.
Entre temps nous étions sortis dans Romans, à quelques centaines de mètres, voir l’Isère dont les flots tumultueux passaient en bas de sa rue à quelques mètres de là. Que dire encore sur cette première journée, sauf que j’ai tiré sur la corde parce que je n’avais pas très bien dormi la nuit précédente. Les petits cadeaux sont nécessaires à la marque de l’amour qu’on porte à quelqu’un, c’est lorsqu’on fait cadeau à quelqu’un qu’on décèle le signe qu’un sentiment est en train de naître. Moi qui jamais n’en faisait, de cadeaux, je lui ai offert une boîte de coussinets de Lyon et elle a eu l’air d’ apprécier cette marque d’intérêt. Nous en avons mangé un chacun.
Pendant cette première journée nous avons aussi fait connaissance physiquement comme le font tous les amants futurs, et même tous les amis. Naturellement tout ceci est hors des conventions et c’est pour cette raison que je n’ai pas gardé un souvenir très prenant de la manière dont cela c’est passé.
Je sais seulement que nous nous sommes levés pour fumer une cigarette et que nous avons été dans sa cave. Elle s’est assise sur un lit sans matelas et je me suis mis près d’elle. J’ai embrassé ses mains. Elle les portait serrées l’une dans l’autre. Je les ai prises dans les miennes. Je les ai trouvées blanches, fuselées, douces, des mains de personne harmonieuse et logique, de personne vertueuse. Dans son âme elle est certainement comme cela. Plus tard j’ai regardé les lignes de ses mains et j’y vis un tel désordre, une telle désorganisation que je refusais de les déchiffrer. Et ceci définitivement. Il faudrait toujours regarder les lignes de la main des gens avant de les aimer infiniment, même si cela ne change rien finalement.
Je ne l’ai pas prise dans mes bras. Je lui ai juste demandé comment elle s’y prenait pour prendre les gens qu’elle aime dans ses bras et si elle avait bien voulu me le montrer, je suis sûr que j’aurai été jusqu’à l’embrasser, ainsi commence une histoire d’amour infini, car chaque moment de cette éphémère intermède sont gravés dans ma mémoire. Nous aurions pu et du aller plus loin, il n’y avait pas de préjugés entre nous alors, mais sa fille est venue à ce moment et nous n’avons jamais plus progressé sur ce sujet. Le principal traumatisme fut alors celui que représenta la séance de cinéma. Puis le fait que nous ne nous n’avions pas pu nous dire bonsoir dans les formes comme des amis ou des amants dignes de ce nom. Elle était dans sa chambre et cherchait sans doute le sommeil lorsque je revins avec mes affaires pour la nuit. Cette affaire a été ma principale gaffe car je suis persuadé que j’aurai pu pousser mon avantage et me faire reconnaître d’elle comme un amant dès ce moment. Peut être alors que tout aurait changé. Mais il me semble que je n’en avais pas envie réellement, mais comment se souvenir de tout, il me fallait du temps pour comprendre mes sentiments. Je dormais en y pensant. J’étais dans mes rêves cette nuit là.
Je pensais alors à ce qu’elle m’avait dit l’ après midi en me demandant une relation durable pour notre amitié.
Je lui avais posé la question : « que devons nous être l’un pour l’autre ?» elle avait répondu sans problème qu’elle souhaitait que nous soyons amis. J’étais très heureux de ceci. Elle ne pouvait pas dire qu’elle souhaitait autre chose, mais elle aurait pu ne rien dire du tout. Que voulait elle ?
Plus tard lorsque nous sommes sortis pour visiter la ville de Romans je lui ai pris la main et pense qu’elle était contente de ceci. Mais elle a vu de loin un homme , il me semble que c’était un étranger et elle a eu le réflexe de me refuser cette main dans la mienne. Elle était chez elle et ne voulait pas être reconnue donnant la main à un homme, donc étant vraisemblablement considérée par les autres comme une femme de mauvaise vie selon l’expression courante, ce qui m’a d’une certaine manière incité à être plus prudent dans les contacts que j’ai eus avec elle ensuite, nous ne nous sommes jamais plus rapprochés physiquement dans les lieux publics, parce qu’il y a eu cette réticence une fois, je n’ai plus essayé de lui prendre la main et ceci m’a manqué vraiment car j’avais besoin de prendre sa main. J’ai besoin d’avoir un contact avec elle pour être heureux je le sais et c’est ainsi.
Lorsque je la regardais dans les yeux j’avais souvent envie de lui dire des mots tendres, mais il y avait alors souvent sa fille et j’étais assez mal à l’aise pour cette raison.
Nous avons bu deux verres, il me semble, dans un café, je ne voulais pas la lâcher d’une semelle. La raison en était que je ne savais pas alors que je l’aimais autant. Si je l’avais su, je me serai certainement sauvé, on pense toujours ça et on reste en fait fasciné comme le sont les phalènes par la lampe où ils vont se brûler les ailes. Le temps a passé depuis mais il me semble que c’est encore comme aujourd’hui. Rien de plus beau ne m’est jamais arrivé dans ma vie. Et les mots je ne vais pas les mettre en marmelade parce qu’ils sortent toujours ainsi de travers. En fait dès cet instant je l’ai choisie comme la compagne idéale de ma vie et mon âme sœur et je n’ai plus voulu en démordre. Je crois en l’amour grâce à toi ma chérie. Cette révélation je l’ai eue instant après instant, nuit après nuit sans toi prés de moi. Ce que je pense important n’est rien pour les autres ce ne sont que des mots des expressions de son joli corps, de son visage surtout elle a un sourire si merveilleux. Je l’aime déjà.
Qu’est ce qui m’a fait craquer ? Difficile à dire la disponibilité, l’absence de règles précises, sa beauté, un philtre d’amour qu’elle m’a fait boire, ou que j’ai bu. Que pensait-elle alors de moi? pensait-elle que je lui ferais l’amour ? en avait-elle envie ? Je ne saurais répondre à toutes ces questions par contre ce que je sais bien c’est que tout cela n’est pas fini que je vais survivre à cette forme d’amour insensé.
Je perds le fil ensuite et rentre dans ma vie comme un pantin désarticulé, je la quitte et retourne à Nice. Déchirure dont je ressens encore la cruelle marque aujourd’hui.

Chapitre 2
La suite.

Jeudi 10 février 1994. Je me suis rendu à Romans le soir. Je suis parti vers 18H. Et j’étais chez elle vers minuit. Elle m’attendait et c’était vraiment très bon. J’ai monté le cadeau que je lui destinais un magnum de champagne millésimé. Elle m’avait invité pour son anniversaire le 13 février. J’étais vraiment heureux de la tenir dans mes bras. Puis elle m’a offert une infusion et nous avons parlé , un peu car il était minuit au moins peut-être même une heure du matin, je ne me souviens plus très bien.
Puis elle m’a dit quelque chose qui m’a interloqué :qu’elle avait espéré que son chef direct Joël monterait chez elle le jour précédent et sans doute qu’elle voulait faire l’amour. Alors lorsque je l’ai embrassée, j’ai pris ses lèvres. Son baiser m’a émerveillé. Avec le recul je me rends compte que je ne l’ai pas souvent embrassée sur la bouche. Cela était notre secret mais maintenant il faut bien que je me souvienne de tout et que je mette tous au clair. Sans doute j’ai appris à vivre enfin.
Son baiser était comme un gouffre merveilleux, grisant ,vertigineux et je l’ai prise dans mes bras. Elle savait que j’avais vraiment envie d’elle et je sais bien qu’elle aussi avait en elle alors ce désir de faire l’amour. Dire ces choses est tabou. Peut-être liras-tu ces mots un jour et seras-tu choquée toi qui es la femme de ma vie que j’aime par dessus tout. Mais ne m’en veux pas car je veux que tu le saches, même si ça ne change rien entre nous à présent. Je t’ai aimée plus que je n’aimerai jamais, bien plus que je me croyais capable d’aimer. Je sais bien depuis qu’aimer ne justifie rien et rend plutôt stupide en fait. C’est pour toi que j’écris aussi.
Lorsqu’on s’embrasse ainsi on devient amants. J’ai caressé sa poitrine et tout son corps et je pense que jamais je n’ai été si prêt de lui faire l’amour, et pourtant je n’y suis pas parvenu à ce moment ce qui est étrange, tous ces actes manqués nous rongent ensuite toute notre vie. Lorsque je l’ai embrassé nous étions dans l’entrée et nous sortions de sa cuisine; ça c’est passé pratiquement dans les manteaux . Elle m’a rendu mon baiser, je l’ai caressée mais elle n’a pas voulu ou pu aller plus loin, mollement toutefois. Je l’ai portée sur le canapé et j’ai essayé de lui faire l’amour. Finalement elle est montée dans sa chambre ,je lui ai demandé la permission de la suivre mais elle a refusé gentiment, et je n’ai pas vraiment insisté. Un acte raté, qui est inscrit dans notre conscience du monde, en ce qui me concerne un échec constant lorsqu’il s’agit de conclure beaucoup d’affaires. Je n’ai pas l’art de négocier ces actes qui transgressent les règles de la bonne petite ligne droite.
Je n’ai pas pu trouver le repos et comme j’avais vraiment envie d’elle je suis aussi monté dans sa chambre. Elle dormait et j’ai interféré dans ses rêves sans doute. Je crois qu’elle m’a renvoyé, mais je ne m’en souviens pas très bien.
Puis j’ai dormi tout de même quelque temps en me réveillant toutefois pour griffonner ces quelques mots sur un bout de papier « Si je ne fais pas rapidement l’amour avec toi ,je vais devenir fou »
Alors sa fille Roxane s’est levée, elle était avec Natacha une de ses copines. Elle m’a dit bonjour, je lui ai donné les petits cadeaux que j’avais préparés pour elle. Puis elles sont parties pour l’école. Tout ceci s’est passé si vite et j’étais maintenant sûr qu’il fallait que je fasse l’amour avec elle en la rejoignant dans sa chambre. Elle m’a laissé rentrer , je pense que j’ai frappé ,mais je n’en suis pas sûr. Puis elle m’a laissé la caresser et l’embrasser. Puis elle était prés de moi et je me suis déshabillé et glissé prés d’elle. Ca a duré longtemps. Elle était nue je la caressais et son sexe était vraiment accueillant .Elle a voulu que je mette un préservatif. Elle en avait une boîte dans le tiroir de sa table de nuit. Alors plus rien n’a empêché que je la pénètre et que je la fasse jouir ,car elle avait vraiment envie de faire l’amour et c’était bon.. Techniquement si on peut parler ainsi c’était très maladroit mais en fait c’était une chose simple et dépouillée. Je me souviens qu’elle savait bien bouger et je pense qu’elle aime vraiment faire l’amour. En fait sevrée d’amour pendant quelques mois elle avait besoin du plaisir de ses sens autant que de tendresse, comment est-on dans ces moments là qui peut s’en souvenir et l’écrire. Je n’ai pas de mérite l’homme ou la femme qui se souvient des actes sexuels auxquels il a participé n’a pas vraiment de mal à trouver ceux qui ont comptés. La première fois qu’on fait l’amour à la femme qu’on aime est particulière et inoubliable.
Que raconter encore . A un moment elle était lasse des préliminaires et elle a dit comme ,c’est long , c’est trop long; elle n’était pas vraiment sûre d’elle sans doute, de son désir charnel, elle est ainsi, captivante et capricieuse, enjouée et prête à se jeter à corps perdu dans une danse frénétique, pas maîtresse d’elle dans ces moments là. Jamais elle n’a été si démonstrative avec moi. Elle s’est tournée tout de suite dés qu’elle a atteint son plaisir et s’est en quelque sorte renfoncée dans son sommeil. Je me souviens qu’elle m’a demandé aussi de l’eau. Elle a toujours une bouteille d’eau près du lit. J’ai trouvé un verre sur la table de nuit. Nous ne nous sommes levés que bien plus tard et je ne sais plus vraiment bien pourquoi je n’ai pas fait l’amour plusieurs fois ce jour là avec elle. Bien sur j’en avais le désir, et elle je pense encore qu’elle en avait besoin, mais ça ne s’est pas fait. Elle m’a fait une grande scène ce jour là, ce soir là en fait et j’ai été assez minable. Je me suis souvenu de la chanson de Brassens sur les femmes qu’il faut prendre comme elles sont « à peine son désir assouvi elle redevient un bâton merdeux »; elle avait vraiment la tête effarée que je lui connais lorsqu’elle a été baisée jusqu’au trognon, au coeur de son plaisir qu’elle ne laisse jamais jaillir. Elle souffre de crises d’asthme qui l’oblige à se contrôler. Dans la journée elle m’a fait une grande scène lorsque sa sœur est venue et que joyeux d’avoir eu ses faveurs je me suis laissé aller à quelques excentricités. Je ne savais que penser, déboussolé, triste. Je me suis regardé dans la glace et mon visage était maussade, vieilli, je voyais bien dans ses yeux cette image après tout j’avais pris très peu de sommeil depuis deux jours, quelques heures au plus.
Puis ce fut sa soirée d’anniversaire, très réussie. Alors nous sommes rentrés très tôt dans la nuit ,tous les deux seulement. Elle a dit alors : « Peut importe l’avenir et le passé cette nuit je ne peux la vivre solitaire, mais avec toi , montes avec moi …»
Je m’en souviendrai toujours de cette nuit . J’ai su qu’elle aime vraiment faire l’amour, qu’elle est douée pour ça. J’ai fait l’amour plusieurs fois sans rien comprendre ni diriger, j’étais grisé d’amour et de fatigue. Elle est vraiment extraordinaire, j’ai connu d’autres femmes depuis et avant elle, j’ai sans doute fait des progrès avec elle et après aussi, j’avais bien besoin d’en faire d’ailleurs. Mais je n’ai jamais trouvé une femme aussi parfaite et passionnée, une femme sensuelle et raffinée. Merci pour tout le plaisir que tu m’as donné mon amour, c’est vraiment une chose inoubliable pour moi. J’ai pu ressentir combien faire l’amour dans une position particulière lui plaisait particulièrement, et qu’elle devenait vraiment folle du plaisir qui montait en elle et qui pénétrait tout mon être aussi. Mais cette découverte je n’en ai pas profité. Je m’en souviens aujourd’hui je l’ai oublié ensuite par inexpérience. J’aurais aimé connaître tous les secrets du corps féminin pour te faire l’offrande d’un plaisir absolu. Tu m’as guéri de quelques-uns uns de mes blocages déjà alors, j’aurais été un amant génial avec le temps avec une partenaire aussi douée aussi extraordinaire. Toi aussi tu as du faire quelques progrès depuis car je ne pense pas que les choses se sont dégradées pour toi. Le plaisir qu’on se donne à deux est une chose saine qui ne mérite aucun remord. Je n’aurai aucun regret de t’avoir fait l’amour, jamais ! Un plaisir sain , clair , transparent. L’aimais-je vraiment alors ? comme un ouvrier peut aimer son travail en attendant de jouir de l’œuvre de ses mains. Elle se donnait sans angoisse et sans penser au devenir de cette croisière des sens. Tel était mon sentiment, j’étais à mille lieues de penser que ne n’était pas si simple.
Elle prenait appui avec ses pieds et ses mains contre les montants du lit , ses mouvements étaient coordonnés et elle m’enserrait de son corps musclé et souple. Son sexe chaud et doux était caressant tantôt ouvert, tantôt resserré. Elle faisait l’amour divinement, elle était Vénus, la déesse de l’amour vraiment descendue sur cette terre. Elle était aussi guerrière, vraiment elle luttait de toutes ses forces de toute sa conscience, comme un brave petit soldat pour atteindre le but commun du plaisir partagé. Je me souviens de l’avoir alors caressée partout sur tout son corps et d’avoir constaté avec ravissement et surprise combien son corps doux et harmonieux, devenait dur et avide de plaisir, alors qu’elle était près de moi à se remettre de ses émotions ce qui se faisait vite, elle n’était jamais lasse. Ma caresse s’adaptait aux désirs de ses sens, je trouvais les pistes de ses désirs érotiques. J’ai senti qu’elle recherchait au fond de tous ces combats une chose particulière, qu’elle avait fantasmée, une relation violente et furieuse, la reproduction de ses désirs les plus secrets, le mystère de cette limite rêvée de la relation amoureuse reste toujours aussi inaccessible , comment saurions nous pénétrer dans ces mondes où nous serons toujours étrangers. Même la femme la plus fidèle, la plus aimante ne se livre jamais définitivement. Son plaisir semblait presque les soubresauts de la mort, lorsqu’elle atteignait au port elle chavirait, ses yeux se figeaient, elle murmurait alors qu’elle aurait du crier. Je me souviens bien de ses attitudes…Puis elle se tournait et devenait flasque et insensible, jusqu’au réveil de ses sens. Alors reprenait la danse sensuelle..
Ce que nous nous sommes dit pendant ces périodes est très important, merveilleux, oublié dés le réveil, mais ressenti à jamais. Je me souviens bien de son corps, de son odeur, de sa douceur…
Et c’est tout cela que je veux et dois oublier maintenant. Il le faut! Je n’y arrive toujours pas et serait prêt à tout pour retrouver cette merveille.
Car il faut bien enfin la prendre cette décision de ne plus avoir de contacts avec elle. Donc de ne plus lui écrire, ne plus lui téléphoner, ne plus penser à elle surtout, cette dernière chose est vraiment la plus difficile à réaliser. Mais c’est comme d’arrêter de fumer il suffit d’arriver à se passer de cette drogue.
Grâce à elle j’ai arrêté de fumer, et j’en suis très heureux. Vraiment plus aucune envie de tirer sur une clope! Tu m’as prolongé la vie car sans toi je n’aurais sans doute jamais abandonné cette drogue funeste. Et toi que n’as tu tenu parole alors.
Mais elle fume à nouveau, elle avait juré pourtant, et c’est sans doute un des mensonges qui nous séparent à présent , car entre nous c’était un pari, même un serment très sérieux…Je ne veux plus penser à ça aussi, aucun intérêt à ressasser ces souvenirs. D’ailleurs ça fait mal! inutilement ,pour rien de concret , juste des sentiments et du rêve.
Il est toujours trop tard pour comprendre quelque chose à l’amour, je n’y comprendrai jamais rien, et c’est certainement mieux ainsi.
Quant au sexe, c’est vraiment le piège délicieux et stupide par excellence. On n’aspire qu’à forniquer avec celle qu’on aime et c’est la seule voie de secours, et de perdition. Cette fois ci pourtant ça n’a pas calmé le désir que j’avais d’être à elle et de vivre à ses côtés.. C’est la fin tragique de mon espoir en un avenir rayonnant. Plus rien ne sert à rien.

Chapitre 3
Des lettres que j’ai brûlé depuis.

J’écrivis cette lettre que je ne lui donnerai jamais. Pour me rappeler les faits, les graver à jamais. C’est la même histoire mais tellement différente que celle que je viens de raconter plus haut. A mon avis c’est une autre histoire.
Cher Amour de mon cœur
Cynthia
Le 13 février 1993 c’était ton anniversaire. Un dimanche. Tu le fêtas le samedi 12.Je pensais même venir chez toi le vendredi précédent, mais ce n’était pas très raisonnable et j’attendis vendredi pour te rejoindre. Comme je partis vers 6H30 car je montais à l’Abadie pour vérifier qu’il n’y avait pas de lettre de toi, cela me pris beaucoup de temps supplémentaire ,au moins une heure. Je le regrette maintenant. Je n’avais qu’une grosse bouteille de champagne de deux litres et un bambou dans un pot. Ce n’était pas ce que je souhaitais pour toi.
Chez toi, tu étais la seule à veiller et je sais que tu m’attendais avec du désir de passer aux actes. Lorsque je t’ai vue je t’ai prise dans mes bras et je t’ai porté en t’embrassant sur la joue, sur les yeux, dans les cheveux, dans le cou. Puis j’ai monté mes affaires et nous avons discuté. Tu m’as offert une tisane, je crois que c’était du tilleul et nous avons bavardé très gentiment. Je t’ai sûrement dit des mots d’amour, en fait que tu étais belle, et que j’étais bien avec toi. On parla de tout ce que l’on pouvait se dire. Tu mis le voyage à Venise sur le tapis en disant que tu ne voyais pas comment tu pourrais faire ce voyage avec moi dans la même chambre sans faire l’amour avec moi et que tu ne voulais pas que ceci soit entre nous. Puis tu me parlas de ton collègue Joël que tu voulais bien inviter chez toi un soir précédent pour boire un coup, et tu m’avouas que tu aurais bien voulu faire l’amour avec lui. Je fus pris de jalousie sans doute, subitement je devins vraiment désireux d’obtenir ce que tu voulais bien donner à cet homme que tu connaissais comme moi, guère plus en fait…
Tu disais alors :beaucoup de paroles et pas d’actes. Je me suis senti visé et je me suis juré en moi-même que je ferais tout ce que je pourrais pour obtenir de faire l’amour avec toi quoi qu’il m’en coûte. Que savais-je des femmes avant que tu exprimes ton désir. Pourquoi n’ai-je pas lu ce désir dans tes yeux et tes gestes. Je savais juste que je te rendais heureuse lorsque j’étais là, que je t’avais touchée, que tu étais mon amie intime, il n’y avait plus rien d’étranger entre toi et moi, tu me possédais entièrement sans t’en douter je pense.
Alors finalement tu as eu envie de te coucher et je t’ai embrassée et là je t’ai demandé de partager ta chambre. Je savais que ta fille dormait en haut.
J’ai cherché tes lèvres je les ai trouvées et tu as laissé mon baiser t’émouvoir, tu me l’as rendu très vite et c’était très bon, quelque chose d’intense de pénétrant. Mes mains caressèrent tes seins doux et tendres qui devinrent durs. J’enlevais ton soutien gorge .Je promenais mes mains sur tout ton corps mais je fus trop pressé. Je te pris dans mes bras pour te porter sur le canapé et là rien ne fut évident je pense que tu aurais préféré que je te porte dans ta chambre, et que je fasse durer ces préliminaires jusqu’à ce que tu craques vraiment et que tu ais vraiment envie de moi.
Tu me regardais avant cela de droite à gauche, puis de gauche à droite. Tu devais sans doute chercher dans mon regard un indice du désir d’amour qui était dans ton cœur, tu mordais tes lèvres avant ce baiser, tu sentais bon, je te désirais intensément.
Tu finis par me repousser je me laissais faire comme toujours alors qu’il s’agissait d’un challenge à relever. Puis je dormis et je fus réveillé par Roxane et Natacha qui se préparèrent pour l’école. Tu vois j’ai une bonne mémoire de tout, trop bonne sans doute. Comment peut-on oublier les choses exceptionnelles? Je ne donnais pas son cadeau à Roxane parce qu’il était resté dans la voiture. Lorsqu’elles furent parties je te rejoignis dans ta chambre et je m’approchais de ton lit et là tu me laissas t’embrasser et me déshabiller contre toi. Et ce fut délicieux et très long pour moi. Pour toi ce fut très angoissant. Je n’abandonnais jamais j’attendais que tu fus prête. Tu exigeas que je mettre un préservatif (toujours le SIDA) c’était normal mais rassurant pour toi aussi, même si cela change tout, j’ai désiré plus que tout faire l’amour avec toi sans cette enveloppe de caoutchouc mais cela ne se fit pas. J’ai désiré tout ce qu’on peut désirer avec une femme qu’on chérit et qu’on veut conserver jusqu’à ce que la mort nous sépare. Et jamais je ne t’aurais quittée toi.

Le latex est du domaine de la prostitution, pas de l’amour. Mon amour cette forme d’amour tue l’amour vrai. J’aimerais que tu te fasses dépister comme moi pour que nous ayons des gestes d’amours sans artifice. Je te suis et te serai fidèle.
Alors ça finit par arriver, quelque chose d’intense et de merveilleux de court, mais très dense. Un très bon souvenir d’avoir fait l’amour, un des meilleurs J’étais prêt à te prouver à nouveau cette force mais tu te tournas et voulu te reposer. J’avais vraiment découvert ton corps si beau, si doux, si merveilleux. Et ton plaisir sensuel. Je n’avais jamais forcé ton désir, il est venu avec les caresses et sûrement je sais maintenant que tu aimes plus particulièrement que je te domine. Tu lève tes bras et tu bouges bien tous tes muscles, c’est très bon ,trop bon. Tu es si belle, j’aime ton corps et la façon dont tu le coordonnes.

Nous nous levèrent tard ce jour là j’allais t’acheter du pain et une rose ,il y avait toujours le mimosa de la semaine dernière. Je t’ai acheté des œillets le jour suivant. Puis pour la St Valentin je t’ai offert une bague avec un saphir, une petite bague en or .Et aussi un CD de chansons de Brassens.
Je pourrais parler de la nuit de samedi puisqu’il ne s’est rien passé entre nous ce jour là. Nous avons cherché des courses puis tu m’as disputé sur ma manière d’agir. Puis nous sommes allés voir Alain chez qui tu avais prévu de faire ta fête d’anniversaire. Nous étions presque à jeun et nous avions bu un whisky avant de partir et j’ai laissé ma sacoche avec mes papiers dans mon sac après t’avoir montré les photos qui y étaient. Je ne sais pas pourquoi peut être parce que j’étais perturbé par la faute de l’alcool et de la grande émotion du matin, du fait que j’avais peu pris de repos.
Au restaurant nous avons mangé un carpaccio et bu beaucoup de vin avec ,tu as pris du fromage, du gorgonzola il me semble, et un café et nous sommes allés chez Alain.
Vraiment sympa, un mec formidable, tu as vraiment de la chance dans tes amitiés. Puis nous sommes rentrés et tu m’as fait la morale. Notamment en m’annonçant que nous ne ferions pas l’amour ce soir et aussi d’ailleurs plus jamais ce me semble.
J’étais très abattu et je t’ai demandé de l’alcool.
Comme chaque fois que je bois je te débitais sans doute ma vie passée avec le mélange de tout ce qui m’avait marqué, transformé et heurté. Mais sans doute pas l’essentiel, qui est la violence que j’ai subi dans mon enfance. Enfin il faut que nous parlions pour sortir de nous ces blessures… Je dormis et songeais à toi, je rêve souvent de toi… Et le soleil vint me réveiller dans ma chambre devant les iris de Van Gogh…Et ce nouveau jour devait être merveilleux…
Mais voilà au matin ma sacoche me manquait vraiment.
Elle avait disparu.
Je finis par la retrouver, tu sais comment maintenant.
Tu te fis détartrer les dents, ça te fis mal.
Puis le jour suivant tu te fis masser chez Yves Rocher.
tu aimas ce massage.
Lorsque tu revins je sommeillais et je rêvais de toi. Lorsque j’ouvris les yeux tu étais là et tu me souriais. Tu avais mis une musique. Je te dis :Bonjour vous.
Toute la soirée je t’appelais ma Dame, je tins mes distances comme tu me l’avais demandé.
Je pense aussi que tu m’as reproché d’avoir pris ta sœur dans mes bras avant de me faire ta scène samedi.
Mais c’est toi que je voulais en fait tenir ainsi et j’étais trop heureux.
Ton anniversaire fut très réussi. Je te raccompagnais et surprise tu me demandas de passer la nuit avec toi, et tu me rendis le plus heureux des hommes cette nuit et le matin qui suivit. Mon amour merci pour tes marques d’amour, je me souviens toujours de cette partie de ma vie, elle ne fut pas banale pour moi. Puis nous sommes allés chercher ton chien chez tes parents. Puis nous nous sommes quittés. J’ai repris la route de Nice et nous ne nous sommes revus qu’un mois plus tard lorsque tu es venue à Nice. C’est loin déjà même si aucun sentiment d’ absence n’était encore en moi.
Je pense encore à ces choses que j’ai vécues, sans être sûr que je me souviennes bien de tout .Lentement le souvenir s’efface tout de même.

Une autre lettre que je m’écrivis pour mettre mes idées au clair.

Compte rendu du voyage en Italie. Du samedi 26 février au dimanche 13 mars 1994.
J’ai cessé le travail le vendredi soir vers 18H. Puis j’ai fait mon sac à dos avec mes affaires et je suis parti à l’Abadie.
Là bas j’ai fait du ménage, c’est toujours ce que j’ai vraiment du mal à faire.Samedi à 18h je suis allé à la Gare et je me suis garé juste derrière le sous terrain. A 20h tu es arrivée, merveilleuse, encore plus belle que l’image qui était dans mon cœur, je t’ai vue dans le train qui passait à côté de moi avant de s’arrêter, mon cœur battait si fort…
Je t’ai serrée dans mes bras, c’était très bon.
J’ai mis tes affaires dans la voiture. Tu as pris ton appareil photo. Et nous sommes allés nous promener dans les rues voir le carnaval. Nous avons vu les chars et les grosses têtes. Des enfants nous jetaient des confettis et nous aspergeaient avec des bombes fabriquant des serpentins de toutes les couleurs. Nous avons vu les jets d’eau de la place Massena. Puis le vieux Nice. Puis la promenade des Anglais.
Ensuite nous sommes remontés vers la gare ,avons pris la voiture , direction l’Abadie.
Il faisait bien froid aussi avons nous tout mis en branle pour avoir un peu de chaleur. Du feu dans la cheminée…Donc nous avons déjeuné. Des scampis et des légumes, du champagne.
Tout ceci est écrit pour que la mémoire ne s’en efface pas.
Puis nous sommes partis.Il était minuit au moins et nous avons pris l’autoroute pour l’Italie. Longtemps après je me suis arrêté sur une aire. Tu dormais. Sans doute aurions nous passé une meilleure nuit si nous étions restés dans une chambre, mais j’en garde moi un très bon souvenir, malgré le froid, nous nous sommes vraiment retrouvés et pour moi ce n’était pas une chose banale. Le lendemain aussi et nous sommes repartis pour Venise de bonne heure après un bon déjeuner. Je me souviens bien du paysage, et du temps qui était gris et pas vraiment engageant pour un voyage d’amour, mais j’étais très heureux, vraiment comblé.
Vers 17h nous étions à Venise.
Avons pris de l’essence et nous nous sommes renseignés pour un hôtel. C’était facile ,il y avait un bureau de tourisme à la station service.
On nous a proposé tout de suite de nous loger soit à Venise ,c’était très cher, soit en dehors de Venise c’était presque moins cher et nous serions tellement mieux et en plus le bus était moins cher que le fameux parking des Tronchera .
Aussi avons nous choisi cette solution et sommes nous allés nous pointer à l’hôtel POPPI ou nous avons eu la chambre 27. Là il y avait un grand lit ,une ventilation très bruyante et chaude .Il a fallu l’arrêter. Je me souviens bien de toutes les péripéties. D’abord la lumière ne marchait pas. Puis nous avons fait l’amour, pris une douche et nous sommes partis pour trouver un restaurant nous sommes allés à Mestre et nous avons atterri dans une sorte de self .Après nous être restaurés nous sommes revenus à l’hôtel. Le matin nous sommes partis pour Venise sans déjeuner ce jour là.
Le car nous a pris ,nous avons voyagé sans billet, car on ne pouvait les acheter dans le bus.
J’ai peu de souvenirs de cette première journée à Venise.
A midi nous étions sur la place Saint Marc. Nous sommes rentrés à l’hôtel vers 19 heure.
Douche ,tendresse ,et sortie tout de même. Et nous sommes rentrés et nous avons dormi. C’était assez exténuant. Le matin il restait des ressources pour recommencer et refaire l’amour. Puis déjeuner, puis repartir pour Venise. Le soir nous sommes allés à un supermarché proche nous étions lundi. Nous avons grignoté et nous avons aussi fait un tour jusqu’au self de Mestre. Puis nous sommes retournés à notre hôtel pour nous retrouver dans les bras l’un de l’autre, et très détachés des réalités concrètes en ce qui me concerne.
Pendant tout ce temps nous avons beaucoup parlé. J’ai appris à te connaître à fond, et j’ai vraiment compris pourquoi je t’aimais parce que tu étais quelqu’un d’adorable, avec qui je passais les plus belles heures de ma vie. C’est ton humanité qui m’a le plus touché, ton savoir vivre, et ton sourire, tout en toi n’est que douceur et tendresse. Pardonne moi si je ne peux oublier que je t’aime à cause de ça.
Le lendemain nous avons quitté l’hôtel vers 10h avec la voiture. Nous aurions mieux fait de laisser la voiture sur le parking de l’hôtel .
Ce jour là nous avons eu un peu de soleil. Jusque là nous n’avions eu que du brouillard sur la lagune.
Nous avons quitté Venise vers 4h et avons foncé vers Ravenne. Nous y sommes arrivés vers 7H et nous avons cherché un hôtel vers la gare. Faire l’amour, dîner dans une pizzeria et nous coucher, refaire l’amour le lendemain matin, déjeuner et prendre la direction de Florence.
Nous étions à Florence en début d’après midi.
Je me suis garé n’importe où près du Dôme et nous sommes allés faire quelques pas.
Puis nous avons cherché un hôtel, que nous avons trouvé finalement. Quelque chose d’assez romantique et d’inespéré. Tu as sans doute gardé les photos que tu fis alors. Nous sommes montés sur le campanile de Giotto. Tu as vraiment pris de belles vues photographiques avec son canon EOS1000. Florence est tellement belle. J’y suis retourné plusieurs fois depuis je me souviens que tu t’étais allongée sur le bord de l’Arno, tu avais très mal au dos. Mais notre voyage touchait déjà à sa fin.
Alors nous sommes repartis vers Nice après être revenus prendre notre voiture où nous l’avions laissée.
Entre temps nous avions juré à Venise je crois de ne plus jamais fumer, ni toi, ni moi.

Nous étions à Nice vers 1h .
Le matin après avoir déjeuné nous sommes allés nous promener dans la campagne au dessus de la maison.
L’ après midi nous sommes partis pour Romans après avoir visité Monaco et le musée océanographique.
Le soir je t’ai conduit chez tes parents à Livron pour que tu reprennes ta voiture. Puis nous sommes arrivés chez toi. Cette nuit est la dernière nuit que j’ai passé avec toi.
Ensuite nous avons cherché ta fille chez ta sœur.
Je considère que ce fut une erreur de t’ infliger deux semaines de ma présence.
Tu t’es détachée de moi, surtout par l’angoisse que tout allait se rompre très vite. Nous avons pu profiter d’une après midi pour visiter le Vercors. Nous aurions pu faire plein de choses si tu n’avais pas repris ton travail.
Vendredi tu étais très dépressive. Prête à te suicider.
La lettre du père de Roxane ,tu ne l’as pas ouverte, tu l’as laissée traîner sur la table.
Ta fille, la prunelle de tes yeux, une fille vraiment bien , pleine de qualités, adorable, je m’en suis occupé un peu, sans doute mal. J’ai fait quelques courses, même un peu de ménage. Des petites réparations, des bricolages. Je t’ai donné une rose rouge et c’est tout. Mais comment ai-je pu ne pas trouver chaque jour quelque chose qui te rappelle que je t’aime. Samedi nous avons visité le Vercors, et nous nous sommes promenés vers la Chapelle du Vercors.
Nous avons été dîner au Flunch de Valence samedi. Dimanche matin lorsque tu te levas j’avais déjà préparé mon départ.
Je me souviens bien que tu ne m’embrassais pas sur la bouche mais sur les mains, je garde le souvenir de cette dernière étreinte où tu mis vraiment un grand sentiment dans tes gestes, jamais je n’aurai du te quitter alors, mon cœur aurait du me retenir. J’aurais du tomber à tes pieds et te demander d’être ma femme alors, c’est ce que je voulais le plus au monde, et si je ne l’ai pas fait c’est par lâcheté, et par inconscience. Je n’avais pas conscience du mal que je te faisais en te quittant ainsi. Jamais je n’aurais du te quitter mon Amour.
Bien sûr j’avais aussi des problèmes à gérer à Nice mais aucun n’était vraiment urgent. J’ai manqué d’esprit, de chance, et de décision, de cœur aussi, et de courage.
Je partis avant midi et je fus vite sur la route pour Nice, mais sans prendre l’autoroute. Je visitais le Vercors. Puis je repris la route vers Digne. J’étais à Nice assez tard. C’était il y a bien des jours déjà. Rien d’exceptionnel n’est venu briser cette dérive depuis.
Lorsque je me suis retrouvé sans toi, mon cœur s’est brisé littéralement. Je devais essayer de survivre à présent.
J’ai écrit 3 fois et téléphoné 3 fois. Tu avais une voix étouffée au téléphone. Comme quelqu’un qui est mal à l’aise. Alors je t’ ai demandé un rendez-vous téléphonique.
Ce fut Mercredi 23 mars 1994 à 18H 30 chez toi. Je t’appelai comme convenu, tu parlas presque tout le temps .Je te laissais parler ,sans presque rien te dire.
A partir de ce moment je su que je t’avais perdue par ma faute par négligence et par stupidité, par mon manque de tout et de rien, ma vie était vraiment brisée, et la souffrance qui est encore en moi est énorme.
Tu m’as vraiment fait du mal alors.
Je n’ai plus pu te parler vraiment depuis comme on parle à l’être qu’on aime le plus au monde. Je n’oublie pas que je t’aime, que tu mon amour chéri, le plus nécessaire et le plus vrai que j’ai eu pour un autre être sur terre.
J’ai écrit ce qui suit pour te justifier, mais tu n’es plus alors la femme que j’ai connue qui m’avait donné son amitié, j’attends toujours que tu puisses m’écrire tout ce que je dois savoir parce que je t’aime vraiment.

Et encore cette lettre que je m’écrivis.

Rupture.
Que dit-elle ?.
Ca serait plus facile pour moi si j’étais amoureuse de toi. Mais je ne le suis pas m’a -elle dit.
Elle a bien réfléchi.
Que cette chose qui était entre nous lui pesait.
Qu’elle voulait bien que je redevienne seulement son ami.
Que je ne devais plus lui téléphoner au bureau.
Qu’elle était fatiguée et en mauvaise santé, (mal au dos)
Qu’elle souhaitait ne pas me revoir pour le moment.
Que m’écrire était un pensum, qu’elle avait beaucoup de choses à faire et qu’elle n’avait pas envie de le faire actuellement.
Ca me prend la tête dit-elle.
Je me souviens avoir insisté pour qu’elle m’écrive. Et il me semble qu’elle a fini par le promettre.
Je me souviens bien aussi qu’elle m’avait demandé si tout devait se finir entre nous après notre arrivée à Nice lorsque nous revenions d’Italie.
Elle l’a redemandé lorsque je l’ai quittée dimanche.
Nos adieux.
Elle n’aime pas les adieux.
Elle est venue pourtant avec moi jusqu’à la voiture.
Je l’ai prise dans mes bras et je l’ai embrassée. Je lui ai parlé en lui disant que je l’attendrais moi quoi qu’il arrive. Elle m’a embrassé sur la main lorsque je suis parti. J’aurai du sortir et la reprendre dans mes bras.
Je ne sais pas bien ,il faut que j’y pense encore et toujours. La vie fuit. Le temps s’écoule imperturbable.
Rien ne ressemble plus à rien entre-nous.

Ci dessous des documents sur notre histoire qui fut quand même quelque chose de tendre et de vraiment beau, qui m’a définitivement arraché du cœur une grosse pierre qui s’y était développée.

Chapitre 4
Fin de la 2e semaine de janvier 1994.
Je suis en cours à Lyon du 17 au 21 janvier. On se téléphone .On se donne rendez-vous le samedi 15 à 14H à Valence.
Je prends le train le matin de bonne heure. J’ai un sac à dos et une mallette.
Elle vient me chercher avec sa voiture ,avec Roxane ,elle est pile à l’heure.
Nous nous embrassons comme deux amis nous avons bien des choses à nous dire.
Je lui offre son cadeau, puis celui de Roxane. Elle est très sensible à cela je le sais.
Puis nous allons manger chez Mac Donald. Je prends un hamburger et des frites,une bière. Elle un truc au poisson et un jus d’orange.
Roxane un bigmac ,des frites, et un fanta.
Nous commençons à manger sur la terrasse. Il fait très beau.
Je lui donne les cadeaux.
Toujours sa chèvre argentée en pendentif.
Elle s’est fait couper les cheveux. Comme elle se les fera couper avant que je revienne la semaine suivante. Elle a une bague a monture argent avec une grosse pierre verte, qu’elle porte à la main gauche. Ce jour j’avais mis mes verres de contact pour faire plus beau. Elle était très belle aussi. J’ai retrouvé les traits de son visage et surtout son merveilleux sourire, vraiment craquant. Mais ses yeux m’ont paru plus sombres ,ils sont bleus gris, très beaux ,mais je les voyais bien plus délavés, avec du vert, soit je les avais mal vus, soit je ne les regardais pas assez. Elle a mis mes lunettes de soleil. Elle semblait très à l’aise. Pourtant sa voix laissait passer son émotion. Elle m’a ensuite conduit chez elle car elle veut bien m’héberger même si je ne lui demande pas explicitement. Je ne veux pas lui causer d’histoire.
Cette après midi nous la passons à discuter de choses et d’autres. Je récupère deux photos de Roxane sa fille pour lui faire du papier à entête.
En fait actuellement elle souhaite que je l’invite à Nice. Et c’est pour cette raison qu’elle veut bien que je vive chez elle quand je vais la voir. Ce week-end sa fille resta chez ses amis. Nous avons été chercher des pizzas chez un artisan local qui les fait dans une camionnette sur une place.
C’était à Valence. Ca a duré un temps assez long. J’ai passé beaucoup de temps à la regarder. Elle a essayé de retirer de l’argent mais ça ne marchait pas avec sa carte. Il y a un distributeur non loin de cette place. Puis nous avons emmené sa fille chez son amie Chantal .
Elle a une sorte d’appartement de sorcière hippie ou de troisième type dans un petit immeuble. Un chat ,des photos au mur, un bar dans un grand couffin, une petite table basse. Elle semble accueillante. Elle aime Cynthia ,c’est sûr. C’est une amie que je n’ai jamais vue, elle ne m’en a jamais parlé, mais je l’ai déjà rencontrée sur une photo. A la réflexion elle ressemble à sa sœur pour la même raison indéfinissable elle a avec Cynthia des liens d’amitiés très forts qui transcendent les choses vulgaires, c’est décidément beau d’aimer et de partager cet amour avec celui ou celle qu’on aime.
Cela n’a pas duré longtemps car nous avions réservé au restaurant le Cealacanthe à Valence J’aurai préféré Pic mais elle n’avait que cette envie bien plus modeste. Arrivés dans ce restaurant nous nous sommes installés face à face en souriant. Elle s’est mise à l’aise en enlevant son pull. Elle l’a fait avec moi, en même temps que moi. On dirait qu’elle complexe sur les problèmes de rapport en société. Pourtant elle sait bien s’y prendre pour tout et elle n’est pas vraiment timide. Nous avons mangé très sobrement . Huîtres pour ma part crues, elle les a prises gratinées, puis saumon ou sole et un dessert commun une tarte Tatin. Champagne, et nous n’avons même pas bu la moitié de la bouteille. Nous allons voir le film Meurtre mystérieux de Woody Allen dans un cinéma pour films culturels.
Il y a très peu de gens dans la salle. J’ai très vite sa main dans la mienne. Et cette main c’est celle de la femme que j’aime. Mais il manque la magie et le désir et la capacité de l’émouvoir parce que je suis perdu dans mes sentiments et que ne sais pas me départir de mes émotions pour être naturel, enfin c’est une expérience à rebours même si je suis content d’éprouver quelque chose de fort pour elle. Mais décidément je ne comprends rien et m’acharne dans mes travers.
Mais elle est loin de moi par bien des points.
Nous retournons chez elle il est tard. Rien ne se passe . Tout a fait nul comme conversation sans doute ,mais des choses qu’on ne peut pas écrire. Elle m’apprend beaucoup de choses sur elle mais je crois que je parle trop de choses qui ne la regarde pas et dont elle ne veut rien entendre. Je m’y prends sans doute mal. C’est désespérant ! Pourtant il n’y a pas beaucoup de blanc dans notre conversation.
Et là chez elle nous écoutons la musique et nous buvons soit un digestif ,soit une verveine. Puis elle est dans mes bras et des choses importantes se passent, c’est court, c’est bon, ça pose des problèmes insurmontables. L’espoir est encore en moi ,vivace.
Lorsque tout est fini il faut bien que je fasse le fou. Je me mets à me sermonner et être très triste. Je pense avoir pleuré, avoir eu envie de lui dire que je l’aimais trop. Mais c’est vrai je l’aime trop, et c’est trop bon de l’avoir comme amie.

Cette nuit n’est pas facile. Et c’est la seule avec elle. Demain soir je partirai vers Lyon. C’est vrai que l’espoir d’avoir une nuit avec elle est un fait important. Mais pourquoi ne pas m’arranger pour rester aussi la nuit de dimanche. Je sais déjà que je ne pourrai pas arriver à temps par le train. Donc j’y ai renoncé depuis longtemps.

Le lendemain j’ai été chercher des croissants (1 pain, 2 croissants , 2 pain au chocolat), et des fleurs, j’ai pris des oeillets rouges . Nous avons été chercher Roxane. Elle n’a pas voulu venir avec nous. Nous sommes partis vers l’Ardèche, pour faire une ballade. Mais il faisait vraiment mauvais et la pluie s’est mise à tomber. Elle avait emmené son appareil photo et nous devions faire des photos. Mais nous n’y sommes pas arrivés. J’ai cherché un endroit pour boire un café. Nous avons acheté des cigarettes ,puis nous avons mangé un couscous. Enfin nous sommes repartis. Quelques kilomètres à peine . J’ai voulu l’entraîner dans la nature pour marcher et faire des photos Mais elle est rentrée dans la voiture. Je n’ai pas insisté pourtant j’avais vraiment envie de faire des photos de ce jour là pour conserver un peu de cette journée qu’elle m’a consacrée.
Nous sommes revenus rechercher Roxane et nous sommes allés voir un autre film Montparnasse Pondichéry d’Yves Robert. C’était vraiment mélodramatique, mais j’ai marché en faisant un transfert, j’ai pleuré, c’était vraiment absurde, mais c’était bon. Je me souviens de la phrase que j’ai le plus aimée: « Je mourrai avec un chagrin d’amour ». Débile ! mais lorsqu’on est dans la situation de l’éprouver on est touché et on trouve cela assez génial. Ca m’a touché au plus profond du coeur. En fait quelques scènes d’amour auraient été plus nécessaires, un bon film érotique, bien pragmatique et cynique ; on est vraiment trop abusé par ce qu’on regarde sur l’écran des salles obscures. Puis nous avons rejoint sa fille toujours chez son amie. Il y avait une autre amie dont je ne me souviens pas le prénom Chantal peut être, c’est celle qui lui avait donné le canapé que j’avais cherché dans le minibus la première fois que j’ai été chez elle. Il y avait son neveu Yoannick chez elle ce week-end. Je l’ai trouvé sympathique.

A Lyon j’ai pensé à elle et je lui ai écrit et téléphoné. Je ne pense pas que j’étais vraiment bien dans le coup. Un peu à côté de mes pompes en fait. Le cours s’est déroulé correctement.
Le premier soir je devais sortir avec une bande de stagiaires mais je suis resté à me morfondre. J’en ai profité pour faire le point et pour lui écrire, je pense d’ailleurs que je lui ai écrit plus de lettres qu’à toutes les femmes que j’ai connues, et même plus qu’à toutes réunies, et c’est sans doute un signe de quelque chose que je devais lui donner en témoignage, ce texte aussi est pour elle en fait pour qu’elle s’en glorifie. Excuse moi d’avoir si mal su t’aimer ! Je me rappelle ces souvenirs comme si ils dataient d’hier, tu es toujours présente dans mon cœur, je n’y peux rien c’est ainsi.
Le second soir idem. Je n’avais vraiment pas le moral pas vraiment envie de continuer les choses les plus évidentes. Mercredi je suis parti à l’aventure dans Lyon, c’était dur, je ne savais pas quoi faire.
Jeudi je suis sorti avec le groupe et ce fut malgré tout assez génial. J’avais faim ! Nous avons été dans un restaurant italien ou on nous servait à volonté du Carpacchio, de fines tranches de viande arrosées de citron. J’ai beaucoup apprécié les conversations, je pensais déjà au plaisir que j’aurais de la revoir vendredi soir. Puis je lui ai téléphoné. D’ailleurs je lui ai téléphoné tous les jours si je me souviens bien. Mais je ne sais pas bien lui téléphoner. Vendredi je l’ai attendue jusqu’à 19h à la gare. Elle est venue avec Roxane. La grande joie que j’ai ressenti est encore dans ma mémoire. Je n’avais qu’un bouquet de mimosa pour elle. Elle était gaie. Nous avons été manger dans un restaurant Flunch à Valence. Nous n’avons pu guère nous parler. Puis nous sommes rentrés chez elle. Nous avons vu sa soeur accompagnée de Nicolas son deuxième fils, le premier étant Yoannick et nous sommes allés voir le film « Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des parents communistes » avec Ballasco. Décidément je vais beaucoup au cinéma lorsque je suis chez elle.
Sa soeur nous a invité pour dimanche ; elles semblent très proches l’une de l’autre.
J’ai rencontré le troisième enfant de sa sœur, une charmante blonde très belle. C’est sûrement la fille dont rêve son ami Manu (à voir) a été ma première pensée. Je crois qu’elle s’appelle Géraldine si je me souviens bien en tout cas elle a une personnalité attachante et lui ressemble avec des creux et des vagues, elle est certainement douée elle aussi pour se faire aimer.
. Et nous avons joué au scrabble. C’était bien et bon. Elle a gagné .Elle est très forte finalement pour tout ce qui est expression et communication. Le lendemain nous étions invités. Ce jour là nous n’avons eu aucune tentation, ni elle ,ni moi…J’ai même bien dormi. Et pourtant c’était un vendredi aussi…
Le lendemain visite du marché à quelques pas de sa maison. Le pain et les fleurs pour sa soeur… Une orchidée et du mimosa… Nous avons bu un apéritif très particulier à base de tequila d’une belle couleur verte ou bleue. C’était délicieux pour un homme amoureux un peu romantique qui y voyait sans doute un philtre d’amour. Puis ce fut la salade et des lasagnes relevés de quelques parcelles de truffes de la propriété. La maison est géniale c’est une ancienne grange vraiment bien aménagée. J’ai toujours rêvé de vivre ainsi à la campagne, et elle aussi je pense…
Après cette journée elle m’a raccompagné chez elle et là elle m’a pris à l’écart et m’a serré fortement dans ses bras. En me disant trois choses importantes pour moi. D’abord qu’elle était bien avec moi, très bien même. Ensuite que je ne devais rien regretter. Finalement qu’elle viendrait me voir et que je devais venir la voir aussi dès que possible. Elle ne m’a rien promis sans doute mais c’était bon à prendre peut être plus que lorsqu’elle me laissa être son amant.

Nice ,samedi 6 novembre 1993

Chère Cynthia,

Ce matin ,je me suis assis dans la campagne et j’ai regardé dans le fond de mon coeur.
C’est toi, c’est ton image qui y est. J’ai besoin de toi. Je t’aime au delà et plus que tout.
J’ai décidé de guérir mon âme de cette fièvre.
J’ai donc regardé dans le miroir de la réalité.
Qui suis je?
Rien qu’un homme sans vraie richesse, parvenu à une limite extrême, plein d’une seule certitude, heureux de t’aimer sans limite.
Mais aussi un homme atteint d’une blessure profonde.

Toi ,que peux tu m’apporter ?
Ce miroir m’a dit que c’était toi qui me verserait l’eau pure qui me manque. Tu es le seul remède qui me convienne.
J’ai vu aussi que tu te détournais de moi: je me suis senti nul, désespéré par cette constatation.

Moi que puis-je donc t’apporter. Tout d’abord il faudrait que je me fasse aimer de toi. Ensuite ,que je quitte tout ce qui me sépare encore de toi.

Ensuite ,il serait nécessaire que tu puisses encore m’estimer assez pour bien vouloir de moi, pour accepter de vivre avec moi, alors que nous n’avons rien de commun ,et que tu pourrais te défier de quelqu’un qui a aussi facilement accepté de détruire son foyer ,donc qui le détruirait encore demain à la première occasion.
Tous mes renoncements se retourneraient contre moi.

J’ai donc regardé dans le miroir de la réalité, et une n’y ai pas trouvé la vérité qui est en moi. J’ai aussi compris que ma raison était égarée, que je ne pouvais plus actuellement apporter que des complications aux personnes que j’aime.

J’ai tellement peur de te perdre à jamais que je suis prêt à toutes les folies!
Je ne pense pas que cette lettre ,si je te l’envoie un jour soit celle que tu désires de moi ,si tu désires une lettre de moi.
Hier j’ai bien senti que je t’agaçais au téléphone (non plutôt que j’étais devenu importun) Peut-être t’ai je blessée sans le vouloir !

Qu’attends tu de moi?
Si tu as un peu d’estime et d’amitié pour moi ,dis moi le de grâce, tu dois bien avoir une idée la dessus.
Rien n’est plus insupportable que ton silence. Y a t’il des choses que tu refuses de me dire?
Moi je ne peux plus mentir, et surtout plus mentir à moi même, d’abord en ce qui concerne mes sentiments pour toi, et aussi pour tout le reste, je veux être digne de toi.
J’ai relu tes trois lettres. Elles sont vraiment belles. Ecris moi plus souvent si tu veux bien. Elles sont des messages clairs, les miennes sont tellement confuses, complexes même pour moi.
Je ne choisis pas les mots, c’est sûrement assez imbuvable.
Je te remercie d’une chose merveilleuse qui m’est arrivée par toi, j’ai appris à me rendre plus supportable aux autres, j’aime les autres ,je suis optimiste sur la nature humaine et le destin humain.
De ce bienfait je ne pourrai jamais assez te payer.
En outre j’ai envie de devenir vraiment adulte, et il y a encore bien des points sur lesquels je ne l’étais pas vraiment.
Je me pose aussi la question de savoir pourquoi je fais tout ce que je fais depuis que je te connais.
Je n’ai pas d’objectifs clairs, pas de stratégie, je me sens juste entraîné par mes sentiments, résultat je fais n’importe quoi, je suis heureux des changements qui sont intervenus dans ma vie.

Ma stratégie en amour comme en tout est très mauvaise. J’en fait toujours trop sur le moment et ne garde rien en réserve. Toi tu sembles beaucoup plus réservée ,surtout avec moi ,c’est certainement préférable. J’ai besoin de ton jugement sur mes fautes dans la manière dont je me suis conduit avec toi, si tu es mon amie tu pourras me dire mes erreurs , j’ai besoin de tes conseils, de ton aide pour me perfectionner.

J’aurais besoin aussi de vraiment bien te connaître. Tu as été choqué semble t’il par l’idée que je me faisais de toi. Et je ne sais pas d’ailleurs pourquoi je t’ai déballé tout ce que je pensais réellement de toi.
Aussi je me pose maintenant la question ,faut il que je sache comment elle est réellement. Tu ne veux pas que je te croie autre que tu n’es je te comprends, mais pourquoi as-tu essayé de te dénigrer, je n’arrive pas à répondre à cette question.
J’en ai bien d’autres, si j’ai un objectif c’est que tu sois satisfait de ce que je fais pour toi, j’ai donc besoin de savoir comment tu réagis.

Te rappelles-tu une période où tu t’es sentie aimée, et où tu aimais aussi pleinement.
La personne que tu aimais et qui t’aimait ; que faisait-il qui te touchait.
-te faisait-il des cadeaux.
-te faisait il découvrir des lieux, ou des sites pittoresques.
-t’entraînait-il dans des voyages d’exploration, ou romantiques.
-te regardait-il avec des yeux tendres
-aimait-il te captiver avec le son de sa voix, te fredonnait-il des chansons
-te touchait-il, prenait-il ta main dans la sienne lorsque vous parliez ou vous vous promeniez
-voulais-tu qu’il te parle de choses sérieuses, de philosophie, de sciences techniques
-voulais-tu au contraire qu’il te parle de poésie ,d’art et de choses futiles
-t’écrivait-il
Toi comment t’exprimais-tu avec lui:
-lui faisais-tu des cadeaux
-l’entraînais-tu dans les endroits que tu aimes
-avais-tu besoin de le regarder dans les yeux
-avais-tu besoin d’entendre sa voix
-cherchais-tu son contact, étais-tu bien dans ses bras
-lui écrivais-tu.
Si tu pouvais me répondre à ces questions je saurais bien ce que je dois éviter de faire pour te plaire.
Je te comprendrais mieux .Je ne veux pas te juger, juste mieux me conduire avec toi.
Je n’ai pas de référence en ce qui concerne une relation d’amitié avec une femme, je ne connais d’ailleurs pas de personnes vivant une relation harmonieuse sur lesquelles je puisse prendre exemple.

Mon objectif est que tu ais vraiment l’impression que je t’aime profondément.
Qu’est-ce qui est absolument nécessaire pour que tu te sentes aimée ?
Que ne doit-on jamais faire ?

Tu as pris un grand soin et beaucoup de précautions pour me dire que tu ne m’aimais pas d’<<AMOUR>>, tu y as mis beaucoup de conviction. Ceci me conduit à te demander ce que tu voulais vraiment que je comprenne par là. Comment m’aimes-tu donc!
Quels sentiments veux-tu éprouver pour moi?
Je veux seulement ne plus faire des choses qui te déplaisent, ne pas être maladroit.
Bien sûr je sais déjà que tu apprécie qu’on te dise qu’on t’aime (encore faut-il te le prouver) et que tu recherches les câlins de ta fille.
Ce qui me révulse le coeur c’est que j’ai peur de gaffer , de mal me conduire avec toi. Ai je trahi dans ton esprit le statut d’ami que tu m’avais proposé, quand ? comment?
Je suppose que tu n’aimes pas beaucoup les questions comme celles que je t’ai posées , mais si tu veux bien répondre à celles qui te semblent utiles je t’en serais reconnaissant.
Ecris-moi, j’attends tes lettres.
Ton Ami Jean

Un Texte de LAO -STEU( philosophe chinois)

Ma voie est grande, dit-on partout dans le monde, mais en quelque sorte inutilisable. C’est justement parce qu’elle est grande qu’elle est en quelque sorte inutilisable.
Si elle était utilisable, depuis longtemps elle serait petite.
J’ai 3 trésors que je chéris et conserve.
Le premier c’est l’Amour;
le second la Sobriété;
Le troisième: le refus de me mettre en avant dans le Monde.

Par Amour on peut ,et on doit être courageux.
Econome on peut être généreux.
En refusant de se mettre en avant, on peut prendre la tête des hommes de talent.

Vouloir être courageux sans Amour,
Vouloir être généreux sans être économe,
Vouloir prendre la tête sans rester en arrière
C’est la MORT!

Si pour combattre on a l’Amour, on est vainqueur.
L’a-t-on pour se défendre on est invicible.
CELUI QUE LE CIEL VEUT SAUVER IL LE PROTEGE PAR L’AMOUR!

Un autre texte oriental peut je crois compléter ce texte auquel il n’y a rien à rajouter.

LA QUETE.

Une vieille légende indienne raconte qu’il y eut un temps où tous les hommes étaient comme les Dieux. Mais ils abusèrent de leur divinité. Brahma, le maître des Dieux, décida un jour de leur ôter provisoirement le pouvoir divin et de le cacher en un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.

Lorsque les Dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci:
<<Enterrons la divinité de l’homme dans la terre ! >>
Mais Brahma répondit:
<< Non, cela ne suffit pas, car l’homme creusera et trouvera ! >>

Alors les Dieux répliquèrent:
<<Dans ce cas ,jetons la divinité dans le plus profond de l’Océan ! >>
Mais Brahma répondit à nouveau:
<< Non, car tôt ou tard , l’homme explorera les profondeurs de tous les Océans, et il est certain qu’un jour il la trouvera et la remontera à la surface ! >>

Les Dieux firent une nouvelle suggestion:
<<Transportons-la sur une autre planète au fin fond de l’univers >>
Mais ,là encore Brahma leur dit:
<<Non ,car un jour l’homme s’élèvera dans les airs et explorera l’espace infini ! >>

Alors les Dieux conclurent :
<< Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ,, dans la mer, ou dans le ciel d’endroit que l’homme ne puisse atteindre un jour.>>

Alors Brahma dit:
<< Voici ce que nous ferons de la divinité de l’homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même car c’est le seul endroit où il ne songera jamais à chercher >>

Et depuis ce temps-là, conclut la légende, l’homme explore, escalade, plonge et creuse sans cesse, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui, dans son coeur, mais qu’il ne parvient pas à découvrir … ou à accepter…

Comme tu le vois il s’agit encore de l’Amour dans cette fable. Je pense que ces deux textes peuvent t’exprimer ce que je viens de comprendre dans ma vie aussi. Je les ai choisis pour cela ,j’espère qu’ils te plairont, puisqu’ils ont été fait pour toi, c’est ce que je voulais te dire et je n’ai pas trouvé de mots aussi justes et beaux.

Nice le 15/11/93
J’ai beaucoup lu ces derniers temps. Je me passe beaucoup de musique surtout des chansons ,mais aussi des oeuvres classiques la 5e symphonie (& la 9e) de L.W.Beethoven, le lac des cygnes, le casse noisettes de Tchaïchowski, la flûte enchantée de Mozart.
Par contre je ne bouge presque plus je suis comme englué ,la vérité c’est que je n’ai qu’une envie de balade aller à Romans. Et ce n’est pas un fantasme .
Voici donc tout ce que j’ai crayonné en pensant à ce voyage c’est de la littérature, la vérité est que je voudrais bien te parler face à face.
Notes de mes lectures.
La femme qu’on rêve.
Equilibrée par une vie saine et simple, la femme rayonnante a trouvé la voie juste (celle qui est étroite)Elle vit en paix avec sa conscience, elle aime ses amis(es), elle est heureuse de vivre.
Elle est sensuelle parce qu’elle est détachée du plaisir. Elle n’a ni haine ,ni colère en elle. Elle sait s’ouvrir ,se faire chatte, mutine et tendre, se laisser aller à la frontière absolue. Elle sait conduire sa passion et son ivresse sans calcul. Elle est apte à jouir et à faire la jouissance de celui qu’elle aime. Elle aime sans arrière pensée s’adonner à l’amour. Le fera t’ elle avec n’importe qui ; sûrement pas. Elle aime celui dont elle fait un prince. Jamais cet amant ne la quittera ,elle lui est indispensable.
Cette chose là (D.WOLFROM)

DROIT D’AMOUR.
L’amour ne connaît ni règle, ni limite, il tend vers l’infini. Justice ou injustice ne le concernent pas ,ses lois sont immorales, draconiennes..
La première pourrait être: Je te plais, tu me plais, essayons de nous aimer malgré tout ce qui nous sépare.
La seconde :Je te donne mon coeur, tu me donnes ton coeur, essayons de nous comprendre.
La troisième: Je te donne aussi mon corps pour qu’il devienne une partie intégrante du tien.
La quatrième: Prohibition des rapports sexuels et de l’amour avec d’autres partenaires.
Je te dois fidélité dans la mesure où tu m’es fidèle toi aussi. Mais ceci tend vers l’absolu aussi. En pensées ,en paroles, en actes, en apparences et en réalité je te suis fidèle quoi qu’il arrive.
La cinquième: Si nous le pouvons nous devons vivre ensemble. Il le faut. Ceci doit être l’objectif essentiel. Nous formons un couple. Notre maison est un foyer.
La sixième: L’amour doit rayonner autour de la cellule du couple. Des enfants sont bienvenus et nécessaires.
La permanence de l’amour repose aussi sur eux. Pour qu’ils puissent grandir harmonieusement et avoir des points de repères justes il est nécessaire que les deux parents s’aiment longtemps et forment un couple uni.
La septième: Premier devoir d’amour: la chasteté. Le coeur doit être bien ordonné, sans mensonge, sans concupiscence, pas d’appétit non maîtrisé.
La huitième :tous les objectifs du couple intègrent la nécessité de protéger et promouvoir l’union et l’unité de la famille.
AXIOMES DE L’AMOUR
Celui (celle) qui a trahi trahira , n’est plus digne. (c’est une erreur à mon sens)
Le nombre parfait est deux (toi et moi) (en fait c’est un)
Si nous formons un couple, je suis à toi, et toi tu es à moi exclusivement (c’est ce qu’on pense )

Toutes ces règles existent même si elles sont informelles.
Question: Si tu aimes à nouveau après avoir formé ton couple que faut-il faire?
Premièrement: briser les liens du couple: divorcer (donc séparation physique des époux, régler les problèmes annexes: les enfants (c’est ce qu’il y a de plus important),, biens, habitudes..)
Deuxièmement: organiser l’ après.
Troisièmement :reconstruire un foyer.

1/5 Dimanche 5/12/93
J’ai commencé à corriger ce que j’écris. Mais quand la gomme s’use plus vite que le crayon c’est qu’on exagère. Ceci veut dire que je n’ose plus t’envoyer ce que j’écris et pourtant c’est pour toi et en pensant à toi que je trace ces mots. J’attends ta prochaine lettre. Ce qui est insuffisant dans ma prose , en fait c’est tout, tu es ma seule et unique lectrice, je voulais faire quelque chose de bien en t’écrivant. Je pense que j’ai en fait beaucoup de progrès à faire. La dernière lettre que j’ai faite à une femme que j’aimais date de 1967 environ. Depuis je n’ai plus réalisé de texte de ce type.
L’essentiel me semble être de te dire ce que je pense de toi, ce qui se passe par ici. Bien sûr il serait plus intelligent que je te voie bientôt, et te parle vraiment. Que je te téléphone plus souvent, que je ne fasse pas l’enfant.
Je me souviens de mon professeur de philosophie. RONSCHEWSKI C’était en 1966 et 1967, j’étudiais au Lycée Kléber à Strasbourg. J’ai toujours eu des notes particulièrement minables dans cette matière, mais c’était uniquement par fainéantise et parce que je suis incapable d’aligner deux phrases sans faire quelque contre sens dont mon cerveau est plein. Par contre au moment du bac je m’en suis sorti très bien. Ce qui prouve que je sais aussi être conformiste et que quelqu’un peut me pardonner d’être en révolte contre tout, et surtout contre l’ordre établi, le politiquement correct m’a toujours fait gerber ! Tous les jugements me semblent partiaux et faux par nature, même si j’estime beaucoup le jugement de Salomon rapporté dans la bible, et celui d’Alexandre de Macédoine lorsqu’il rompit le nœud gordien. Enfin trêve de finesse intellectuelle, personne n’est capable de m’apprendre à penser parce que je crois plus aux intuitions créatives qu’à la panoplie des idées rassises qui forment la philosophie depuis toujours. Je ne crois en rien très sérieusement, justement il faut apprendre des choses qui sont très relatives, et qui ne fonctionnent que dans un domaine assez étroit, je pense que l’épistémologie n’est pas la science des sciences, apprendre à apprendre n’est qu’une base, il faudrait avoir tout le temps pour se faire une petite idée de la réalité et nous n’avons que quelques moments, le temps nous est compté sur terre. Après tout pourquoi se livrer à des spéculations, passons donc aux choses sérieuses, raisonnables, comme la gestion de notre courte vie. Il faudrait retourner aux vraies valeurs, à une culture paysanne, refuser le progrès technique qui pourrit tout, mais je sais bien que la technologie soit la seule voie humaine fiable, elle impose finalement toujours ses choix. Donc je n’écoutais pas mon cours de philosophie, étant dans mes pensées destructrices de tout ce qui était enseigné. Mais j’avoue avoir été touché par le personnage et même par le discours…Je n’ai rien retenu de profond, parce qu’il disait trop de banalités, utilisant une sorte de langue de bois non objective.
Mais j’ai vraiment été intéressé par son cours, et surtout par les lectures qu’il nous a faites en dehors des cours: notamment fin de partie de Samuel Beckett, ainsi que la lecture de Sartre, de Camus et autres fantaisistes des choses essentielles et existentielles..
Ce prof qui devait avoir 55 ans environ se distinguait de ses collègues par une allure considérée alors comme très négligée. Crâne rasé, costume baba cool, pince à vélo et grand béret basque sur la tête. Il circulait dans la cour du bahut sur un vieux vélo. A sa lèvre se consumait inexorablement la même gitane maïs (celles dont le papier est jaune) Même en cours il ne quittait pas sa clope, il ouvrait toujours une fenêtre il me semble, sans doute pour apaiser sa mauvaise conscience. Il se plaçait de préférence au milieu de la salle assis sur une table et débitait tout son cours sans regarder ses notes, et sans s’assurer que quelqu’un manquait physiquement ou faisait autre chose que d’écouter ses boniments filandreux.
Pour ma part j’avais toujours quelque chose d’autre à faire pendant ses cours, mais pas de travail de quelque matière qui me plaisait, non généralement il s’agissait de pensées que je tournais dans tous les sens qui me rendaient un peu aventurier dans un espace vital vraiment pas folichon, j’aimais aussi me croire à l ‘abri de la philosophie, et surtout garder et développer mes idées, j’en ai toujours eu, que j’ai le plus souvent trouvé par hasard en démontrant quelque chose de faux on trouve toujours une grande vérité par exemple, mais ceci n’est pas transmissible aux autres, il faut l’expérimenter…Donc ce prof m’ennuyait avec son baratin, mais j’ai bien fini par non seulement l’écouter, mais même par essayer de comprendre ce qu’il voulait bien nous enseigner à sa manière ?J’avais alors une vie très bien remplie et partant très fatigante. Entre mes cours je pratiquais le sport: deux soirées jusqu’à 20h j’étais au stade ou à la salle de karaté. Je passais au minimum 2h à la piscine pendant les interclasses. J’ai fait aussi du kayak, du karaté, du rugby. Je suis sortis avec mes amis tout le samedi soir, et tout le dimanche après midi. Lorsque mes parents sont allés s’installer en Lorraine à saint AVOLD j’ai même organisé ces samedis soir de rencontres avec tous les amis et généralement ceci se prolongeait aussi le dimanche après midi chez moi. Nous avions une grande maison au bord de l’Ill. dans le quartier de la Robertsau à Strasbourg C’est pendant cette période que j’ai profondément souffert de mon incapacité à aimer. Mon prof de philo a été le premier être à m’avoir parlé intelligemment de l’amour. Et à la réflexion il me semble qu’il est dommage que ce soit un étranger qui explique ces choses là.
La première fille qui m’a laissé faire l’amour était la petite amie d’un camarade. Mais c’était bien longtemps après que je suis tombé réellement amoureux d’une fille que je voyais presque journellement. A quinze ans j’ai eu un coup de foudre pour elle, un après midi, en un instant j’ai eu comme un éblouissement en la regardant simplement. Et depuis moi vis avec le souvenir de cet événement et son image est dans mon cœur. En fait j’ai traité la passion pour cette fille comme une névrose obsessionnelle. J’ai réellement refusé de la courtiser, en fait j’avais une terreur panique d’avoir à la prendre dans mes bras. Et je pense qu’elle aussi avait d’autres problèmes, car elle n’a jamais fait un seul pas vers moi, lorsqu’elle était prête, peut être surtout parce qu’elle a été jalouse des autres filles que je fréquentais. Et surtout je l’évitais systématiquement, elle a du se sentir rejetée. Je n’ai pas su lui dire simplement : <<Je t’aime! >> Cela me rappelle ta première lettre. La vie a été injuste avec nous.
Nous l’avons cru chacun de notre côté, et nous avons eu chacun une vie morose et absurde, alors que nous aurions pu nous aimer vraiment, comme deux êtres humains en essayant de former un couple. Elle a beaucoup souffert. Je crois qu’on peut aimer toute sa vie parce qu’un jour d’avril vers 13H30 on a vu comme un éclair(ou cru le voir) en regardant la personne destinée par le sort.
Je ne saurai jamais si j’ai pu la conquérir. Je voulais te parler de cette femme que j’ai aimée parce que je comprends combien elle a compté, mais c’est fini tu l’as déjà remplacée dans mon cœur et je l’accepte comme une chose qui n’est pas triste parce que toi j’ai su te dire que je t’aimais dés que je l’ai su et c’est ce qu’il faut faire. Et ça tu le sais et tu le fais toi tu me l’as déjà laissé entendre.

A toi l’unique.

Tu me manques beaucoup. J’ai besoin de toi. Je t’aime. Tout ce qui m’entoure me parle de toi. Lorsque je vois une femme qui te ressemble je deviens amoureux, en fait je brûle d’amour et j’ai besoin de marcher d’aller au hasard le cœur plein de toi. C’est bon , merveilleux. Lorsque tu m ‘ as téléphoné vendredi je n’en suis pas revenu, c’était vraiment merveilleux. Je ne cesse de parler de toi à tout ceux que je connais, tu es presque toujours présente à mes pensées. Mais ceci ne retourne pas vers toi je veux cesser de penser que tes pensées aussi viennent vers moi, même si distinctement j’entends quelquefois dans mon esprit comme des mots qui viennent de toi. Je ne veux pas devenir fou, pas complètement. En fait je t’aime comme un fou, l’expression me va bien…
J’ai décidé de moi même de repousser le jour où je te reverrai car je sens la difficulté de supporter la joie que j’aurai alors. Ma raison me dit que je n’aurais jamais du t’avouer que je t’aimais, que j’aurai mieux fait de ne pas me l’avouer à moi aussi, de fuir devant cet amour…
D’abord l’amour t’a meurtrie profondément et tu en as peut être peur. Ensuite c’est vraiment extraordinaire, presque incroyable qu’on puisse devenir amoureux au point où j’en suis en ne connaissant la personne qu’on aime que pendant quelques heures à peine. Pourquoi pense t’on toujours à ces heures alors que rien d’extraordinaire ne s’est produit ? C’est comme une sorte de maladie. Lorsque j’avais la fièvre et que je délirais un peu la semaine dernière, je rêvais de toi comme il n’est pas permis de penser à une femme sauf si elle est amoureuse de toi et que tu possède son amour. J’ai été déchiré par cette expérience. Le rêve soigne les désirs charnels. Je suis devenu presque chaste dans mes désirs mais mes rêves sont pleins de toi et ce n’est pas aussi facile.
J’ai besoin de me sentir digne d’aimer et d’être aimé.
La vérité est que lorsque je pense à l’amour que j’ai pour toi je deviens vraiment désireux d’être meilleurs pour tout, parce que la relation que j’ai avec toi est réellement merveilleuse et pure, elle me dépasse, il n’y a aucune notion négative qui me vient de toi. Mon seul rêve est de faire un bout de chemin avec toi près de toi, mais aussi d’aller jusqu’au bout de ce qu’un homme peut et doit donner à la femme qu’il aime.

Lorsqu’on est ainsi tellement désireux d’un être et de jouer un rôle, de réussir quelque chose on angoisse profondément.
Je ne veux pas avoir peur de t’approcher même si c’est presque le cas puisque malgré la passion que j’ai pour toi je ne vais pas à Romans dés que j’ai quelques jours de disponibles et que je trouve aussitôt une autre direction pour porter mes pas. C’est une preuve de faiblesse.
Je me dis comme excuse que tu peux me rejeter violemment de telle sorte qu’il n’y aura plus d’issue, mais ce n’est qu’une mauvaise pensée et c’est vraiment infantile. Pourquoi me jetterais-tu si je suis cool et bien élevé comme je le suis le plus souvent ?
J’ai peur d’être maladroit, emprunté.
C’est vrai que ça m’est déjà arrivé, même avec toi, le vide, l’horreur.
Je dois penser que je ne suis pas prêt que je risque de me montrer incompétent, indigne de toi. Je ne me sortirai pas de ce tract en continuant ainsi. Il faudra bien que j’aille vers toi finalement. Car je me le prouve chaque jour je sais bien me défendre avec ceux et celles qui m’aiment. Et toi tu m’aimes bien un peu j’en suis certain.
Si je reste ainsi au bord du chemin qui conduit vers toi je vais passer à côté de l’essentiel. Je veux, je dois me sentir plus compétent dans les activités nécessaires pour que je puisse te tenir dans mes bras.

D’ailleurs je n’ai pas laissé le fil se rompre entre nous et ceci sans y penser juste en suivant les directives de mon cœur. Mais c’est vraiment le minimum. Toute la tendresse, tout l’amour, toute la lumière qui est en moi je les distribue à d’autres que toi qui vis près de moi. Bien sûr ils en sont émus, je vois bien le résultat de l’amour que j’ai en moi. C’est peut être une erreur parce qu’ils peuvent prendre comme argent comptant et pour eux la grande joie que j’ai en moi lorsque tu es au milieu de nous, et ceci me complique la vie. Il y a tant de femmes qui ont besoin d’amour, de tendresse et moi tout mon amour et toute ma tendresse je voudrais te les donner à toi, comme mes caresses et mes attentions. C’est comme si je voulais tester ma capacité de séduire et de caresser et d’être à toi. J’exerce ma sensibilité et ma capacité, peut être parce que je ne me sens pas vraiment assez compétent, mais je ressens tout cela très négativement comme une trahison que je te fais même si tu ne m’aimes pas encore. Je ne sais pas quoi penser, je ferais mieux de faire du sport au lieu de sortir avec d’autres que toi. Ce n’est pas cela qui m’empêchera d’être emprunté et de manquer d’esprit et d’humour lorsque tu seras près de moi. Je ferai mieux de me donner un moral de gagnant, si je fais travailler mon corps, si je vais au soleil au lieu de traîner la nuit je vais être plus beau, et j’aurai plus de chance de faire bonne impression.
Il faut aussi que je me donne le droit à l’erreur, que je sois plus souple avec moi-même, que j’ai un moral de gagnant.
Ensuite il faut que je pense à toi telle que tu es. Je t’ai tellement idéalisée que je peux refuser une partie de ton identité profonde à laquelle tu tiens. Je ne sais presque rien de toi, sauf l’essentiel: que je t’aime telle que tu es ?
Je ne veux pas te parler de magie mais tu dois savoir qu’il y a aussi en moi des choses de ce type. Merci de m’avoir donné un peu de toi en me disant : <<Que la force soit avec toi>>, j’ai reçu ce message au travers de mon brouillard, c’est ton âme qui parlait à la mienne. Lorsque tu me parles au téléphone je peux t’assurer que mon cœur bat fort et vite et que ma vue se brouille j’ai presque envie de pleurer. Que la force soit aussi avec toi mon amour, ma chérie! Que la vie soit douce avec toi ,que ton corps et ton âme aspirent au repos et atteignent la joie. Réussis dans tes entreprises. Soit heureuse , trouve , ou retrouve le grand amour . Goûte à la source du vrai plaisir.
Tu as été tellement parfaite avec moi depuis que je te connais que c’est réellement magique.
C’est ce que nous avons en commun. Toi de ressentir fortement les choses, le goût de la magie et des sciences occultes, comment je le sais sans que tu ne m’en parle jamais , je m’en doutais depuis que j’ai été totalement captivé, emprisonné par l’ énergie qui est en toi, par la magie qui vient de toi. De l’origine de cette force et de cette magie je n’ai aucune idée, je sais seulement que cette force existe en toi et que c’est pour cette raison que je t’ai donné mon coeur et que ceci me semble tellement définitif que rien ne compte plus autant à présent que d’être prés de toi. Je t’aime en fait plus que ma vie; je ne sais pas si ces mots expriment correctement ce que je ressens, je ne sais pas pourquoi je te les écris, c’est mon besoin de toi qui me pousse à toutes ces choses. Tu es responsable de moi maintenant puisque tout ce que tu feras et diras aura une importance démesurée pour moi.

Je ne veux pas que tu sois toute seule dans ton coeur, même si je n’y ai pas la place que j’aimerai y avoir. Ne pleure plus, n’ai plus peur de la solitude et d’être seule au monde ,je suis là et serais là tant que je vivrais, et même après la mort si tu le veux bien je saurais bien te protéger avec tout mon amour.
Toutes les chansons d’amour me parlent de toi. Tous les poèmes, les idées d’amour me permettent d’apprécier combien je tiens à toi, ma douce amie. Que la force de cet amour soit avec toi comme un miroir mon âme te renvoie cette force.
Je ne sais pas si tu as lu le roman de Colette L’entrave. Je l’ai relu récemment, elle y écrit notamment que la cause de la désunion de Jean et de Renée: la narratrice vient de ce que Colette s’est vantée de l’entendre penser de trop bien le comprendre. Or dit Jean <<M’écouter penser est une offense perpétuelle à mon repos , à ma sécurité d’être intelligent , à l’imperméabilité sacrée à laquelle j’ai droit, et que tu ne dois pas violer!>>
Il est important de ne pas être trop habile aussi lorsqu’on aime. Je joins ce livre à cette lettre ,je ne sais pas si il te plaira. Je l’avais dans un coin depuis plus de 20 ans. J’en avais gardé la notion que la vie de couple est très difficile, que la vérité consistait à s’attendre chacun de son côté , que toute femme qu’on pourra aimer devra en remplacer une autre, que tout ceci est incertain. Je l’ai relu avec plaisir et j’ai mieux compris l’amour, c’est vraiment bien écrit, j’aimerai avoir un peu de talent pour exprimer des choses aussi belles.
Tu n’as certainement pas le temps de lire actuellement. Je pense que tu es très occupée. J’ai fait aussi l’expérience des choses qu’il faut faire lorsqu’on est seul à faire le ménage et à maintenir les choses, juste l’entretien, la logistique. Il ne reste pas beaucoup de temps pour penser et rêver.
Le travail protège de bien des choses et surtout de la désespérance. Je ne sais pas bien ce que j’ai le droit de faire de toi, pour toi.
Je voudrais faire de toi ma femme. Tu es l’élue
Je suis très fier de toi, mon coeur a fait le bon choix.
Je pense à toi sans cesse et je sais bien que je vais te revoir, j’en ai le désir, ma vie n’a de sens que pour ça.
Je t’embrasse tendrement.

Merci de tes belles lettres.
J’ai vraiment besoin de ton expérience. Nous pourrons en parler de manière approfondie.
Je suis bien calé dans mon siège. Et je trie les dernières nouvelles qui me concernent.
Le jugement de séparation de corps en premier lieu.
Les exigences de ma femme pour cette séparation.
Le fait que nous allons vendre tout ce que nous avons en commun.
Les problèmes financiers de mes enfants majeurs.
Les démarches que j’ai faites pour quitter Nice rapidement et me rapprocher de toi.
Etre libre ,le prix à payer, ce que je veux récupérer.
Actuellement je n’arrive pas à faire le tri . Je veux tout jeter.
Je me donne toutefois comme objectif de ne rien décider avant de t’avoir revue.
Eric est un ami de longue date qui connaît bien ma femme.
Elle s’est confiée à lui depuis. Je pense qu’il savait quelque chose avant moi.
Ma fille aussi sans doute. Mais je sais qu’elle ne dira rien.
J’ai appris beaucoup de choses sur Viviane par lui hier.
Mais il n’a pas voulu tout dire ce qu’il savait.
Il pense qu’elle est avant tout une mère et que ce qu’elle m’a dit est en partie faux.
Il faut que je dîne avec lui pour en savoir plus.
C’est vrai que j’ai pensé qu’il y avait quelque chose entre eux ,mais je ne voulais pas voir ce genre de chose.
Tout ceci est très négatif et je pense que je ne t’en dirais rien avant le 11.

Ecrit le 6 novembre 1995
Cynthia,
J’ai écrit à ta fille pour son anniversaire, elle a 12 ans, j’aurais aimé lui faire un cadeau. C’est vrai que je me suis pris d’affection pour elle, et que j’ai besoin d’avoir des sentiments pour les autres. Je pensais à elle et j’étais heureux de l’avoir connue et d’avoir pu lui parler et partager des choses avec elle. Elle m’a beaucoup apporté
Mais c’est un secret entre nous, l’essentiel tient dans cette idée, c’est une personne vraie, authentique, elle a des choses à dire et à partager et elle se donne le mal de les transmettre à ceux qui l’approchent.
Toi que deviens-tu?
Je te souhaite tout le bonheur du monde, montre toi à la hauteur de cette quête du graal qui est en toi. Le livre de Colette m’est retombé entre les mains et je l’ai relu. Colette était Verseau comme toi et ça explique bien des choses dans le fil qui a relié cette lecture et les choses que j’ai senti en toi.
J’ai cette intuition des choses qui sont en devenir ou qui sont profondes dans les êtres que je rencontre. Je devine les gens et si je me fie à ces images qui se présentent à mon esprit. Je cherche aussi à savoir si les personnes que je vois trichent mais pour ça je suis moins compétent. Lorsque j’écoute leurs mots je m’y perds, je prends trop souvent les mots pour argent comptant, alors qu’il ne faut vraiment y voir que des indications de la pensées des gens, les mots dépassent trop souvent nos pensées.
C’est dommage j’ai été vraiment méchant lorsque je t’ai fait la scéne que tu ne méritais pas en fait. En fait ce n’est pas une découverte pour moi, au fond de moi je suis ainsi. Attila, tu te souviens peut-être de la formule partout où il passe l’herbe ne repousse plus.
Ca ne changera rien au fait que je n’ai pas su, pas voulu, pas cru possible d’être ton ami aprés un simple accroc à un simple serment, et le sentiment que je devais me séparer de toi définitivement ce qui est un sacrilège contre ce qu’il y a de plus sacré dans la vie.
Je n’avais pas le droit de te faire de la peine surtout pas ce jour là. Je pense que c’était lâche de ma part, je n’ai pas eu le courage d’accepter la vérité une fois de plus. Et toi tu as été délicate en me ménageant chaque fois que tu le pouvais et tu as fait un effort impressionnant pour m’ouvrir les yeux et me sortir de mes fantasmes.
J’ai bien compris que tu était fidèle à toi-même au fond et que je ne devais pas t’en vouloir pour ça. Je me brouille toujours avec les gens que j’aime parce que je suis excessif.
Et en fait c’est pas du tout important tout ça. Tu peux fumer autant que tu veux devant moi et devant les autres ça ne m’empèchera pas de t’aimer toujours. Tu peux ne pas tenir ce que tu promets ça ne m’autorise pas à te retirer mon amitié, même si tu n’as pas la forme de courage qui m’impressionne chez une femme, je sais bien au fond de moi que tu es courageuse aussi, pour aider les autres et leur rendre service et c’est plus noble.
Je paie cette chose qui est en moi, cette dureté que j’ai dans l’âme.
Tu es le contraire de moi et je sais bien que tu n’as pas beaucoup d’estime pour moi, que tu ne pouvais pas m’aimer vraiment, parce que je suis lâche avec l’existence moi aussi, et que je n’ai pas la tête de l’emploi. J’aurai au moins essayé de tenir cet écheveau ,de donner une chance à l’amour de faire notre bonheur et de le dénouer, jusqu’au moment où agacé je l’ai dénoué brutalement. Tu as été digne à ton habitude, franchement j’aurais préféré que tu sois en colère et que tu éclates, que tu me mettes à ma place. Tu es bien trop gentille pour ça, ou bien tu avais vraiment envie que je fasse cette bétise absurde et humiliante.
C’est vrai que j’ai été tenaillé par la jalousie pendant une année au moins et que je ne me sens pas digne de toi en fait.
Je crois toujours que le plus important dans une relation entre deux êtres c’est la fidélité et la confiance qui doivent être absolus et partagées. Nous n’avons pas su, toi comme moi construire cette fidélité.
Elle n’est pas en nous et c’est pour cette raison que nous serons toujours malheureux.
Je m’étais promis de ne jamais te faire de peine, c’est raté.

Pour toi et ta vie future que disent les signes qui sont comme tu le sais menteurs eux aussi.
Tu devrais trouver un homme désireux de t’aimer et de vivre avec toi pendant longtemps.
Tu portes la vie en toi. Tu n’atteindras pas ton objectif d’être libérée de tes entraves. Tu élèveras bien ta fille et elle t’en sera reconnaissante vraiment intimement.
Ne te jettes pas par la fenêtre même si tu en as envie un jour ça ne règlera pas ton problème. Le philosophe que j’aimais bien Deleuse, s’est suicidé ainsi, ça me semble vraiment un manque de philosophie qui devrait être l’école du courage. Faire face à la mort c’est pas très difficile, c’est faire face à la vie qui est l’essence du combat.
Je te dois toute la force qui est en moi, je te donne toute la force qui est en moi. Essaie de bien vivre, de mieux vivre de t’améliorer c’est toujours possible jusqu’à la fin.
Ton Ami malgré tout…
Jean

1997 octobre je pense, lettre non datée, envoyée, sans réponse comme les autres./

Les jours s’égrènent impitoyablement effaçant aussi les choses qui me faisaient plaisir et un cycle annuel vient encore de se terminer pour moi sans que je puisse faire le point vraiment.
Tout d’abord, j’aimerai être vraiment à l’écoute des autres, mais c’est vraiment difficile pour moi surtout sans ton aide, mais c’est vrai que j’ai peu de chance de te faire croire que j’ai besoin des autres, alors que tu me connais bien .
Je n’ai plus d’ami, en ai-je eu un jour. Je vois Eric que j’aime bien pourtant, presque tous les jours parce qu’il travaille avec moi et nous sommes à des années lumières l’un de l’autre aujourd’hui sans que j’ai changé fondamentalement et Eric est toujours égal à lui même c’est plutôt ma faculté d’accepter les autres comme ils sont qui est en baisse.
Je t’admire vraiment après une vie comme tu l’as vécue, dure… d’avoir autant de compassion pour les autres alors que tu as sans doute eu une éducation comparable à la mienne, même si toi tu t’en es mieux sorti finalement. Je sais c’est une chose dont nous n’avons pas parlé au fond, mais je le sens bien. Toi tu as Chantal, Véro qui sont vraiment tes références, tu as ta sœur Jo et tous tes amis..
Je garde un bon souvenir de tes amies et de tes amis, c’est ce qui m’a manqué depuis des décennies : connaître et vivre avec quelqu’un qui a des amis qui rayonne l’amitié et ça je le reconnais te rendait très désirable. Mais c’est au dessus des forces de la plus part des gens.
Je garde toujours l’espoir d’avoir des nouvelles de toi.
Je suis retourné à Florence, j’ai tout retrouvé. Le Dôme , le campanile de marbre de Giotto, un hôtel et une chambre inoubliable. Puis les bords de l’Arno. J’ai eu une sciatique et ça m’a fait rire ,j’étais vraiment incapable de bouger et j’ai eu droit à des piqûres avant de pouvoir me lever difficilement pour visiter les Musées et j’ai été me faire manipuler par un ostéopathe. La Toscane m’attire vraiment beaucoup. Les gens , les paysages, la beauté des monuments, l’harmonie de la vie ,c’est vraiment un endroit béni des Dieux, je l’aime presque autant que la Grèce ou j’espère toujours retourner et surtout trouver un pied à terre dans l’Attique ou sur une île, car je ne resterai sûrement pas à Nice à la retraite.
J’ai toujours un point d’ancrage dans le village où je suis né ,mais je sais bien que c’est déjà perdu au fond de moi.
Je me suis acheté une voiture neuve alors que j’ai bien calculé que je ferai mieux de louer quand j’en ai besoin, mais c’est une nouvelle preuve que je suis contradictoire et que je ne fais pas les choses logiques.
Je l’ai achetée à crédit ce qui est nouveau pour moi.
C’est une grande ,alors que je suis pratiquement toujours seul. J’espère faire de grands voyages en Europe et surtout en Russie, mais pas dans les jours qui viennent pourtant. Il me faudra beaucoup d’argent et comme je dépense bien plus que je gagne ce n’est pas facile.
J’ai bien essayé de jouer , mais les machines à sous me sont contraires. Si je gagne un jour j’espère que ce sera gros et que je serai assez fort pour arrêter de jouer définitivement. L’argent et l’amour sont semblables finalement, il ne faut pas vivre à crédit, ni dépenser sans compter, ni mettre en jeu l’essentiel et compter sur la chance.
Si j’avais économisé tout ce que j’ai joué depuis deux ans j’aurai pu acheter un appartement et m’offrir les plus beaux voyages.
Mon fils William a été une semaine en vacances dans les Caraïbes ,sa cousine Delphine a passé 2 mois en Californie. Ma copine Liliane part au mois d’octobre à Java, Sumatra, Bornéo, aux Célèbes…toute l’Indonésie.
Je l’aurai bien accompagnée mais c’est vraiment trop cher pour moi. Elle ira seule, une fois de plus, je suis très content car elle sait bien raconter et ça vaut le meilleur des voyage. Bien sûr je n’aurai pas les odeurs, ni les sons, ni les couleurs et la lumière du paysage. Les tropiques qui m’attirent tellement et que pourtant je n’ai jamais visités.
Et puis moins je la vois et plus je l’apprécie ce qui est paradoxal, c’est le dessert dont il ne faut pas abuser.
A part cela je fréquente surtout des pouffiasses , ou plutôt des femmes très superficielles qui recherchent des sensations et pas du tout d’humanité. A la réflexion il vaudrait mieux me limiter là aussi (à une seule personne). Ca me coûte aussi beaucoup de mon temps et de l’argent. Mais c’est tellement facile, il y a vraiment des filons énormes à Nice et dans le département.
Je rencontre beaucoup de femmes divorcées et je pourrais refaire ma vie si j’étais divorcé moi aussi. Je ne le suis toujours pas aujourd’hui, juste séparé !
Mais je préfère de beaucoup ma situation actuelle, sauf si quelqu’un désirait avoir un enfant avec moi, je ne me marierai pas une deuxième fois. Ce n’est qu’une formalité administrative mais elle compte. D’abord je ne serai plus jamais capable d’être attaché servilement à personne, mais j’ai besoin d’une compagne, pour l’amour et pour l’échange des idées, et pour l’amour qui vient du cœur…Je suis aussi incapable actuellement d’accepter que ma compagne ait des droits sur mon emploi du temps et m’impose un style de vie. La liberté…
Et j’ai des choses importantes à faire et ce serait un fardeau insupportable.
Je ne suis pas heureux, on a toujours ce qu’on mérite en fait.
Si on pouvait refaire les choses une fois l’expérience acquise, mais c’est un leurre ; l’expérience n’est qu’une lanterne sourde qui n’éclaire que le passé…Umberto Ecco est mon auteur de prédilection actuellement, mais même la littérature me semble du temps perdu. Je pourrais avoir beaucoup de temps libre actuellement et je n’ai pas une minute à moi.
Je ne dors généralement que 4 h par nuit, mais j’ai aussi des siestes fréquentes, grappillant 1 h par ci par là, de temps en temps, au cinéma, devant la télé, sur la plage…je dors…
En fait je souffre d’insomnie surtout quand je suis en vacances, je ne tiens pas en place, ne fais rien de continu et de sérieux. De mon point de vue le problème principal est la solitude, qui m’apporte beaucoup, mais qui détruit beaucoup de choses.
Je voudrais bien te parler de vive voix ou même face à face, ça réglerait d’ailleurs bien des problèmes en suspens depuis une éternité. Aussi te téléphoner, la dernière fois que je l’ai fait, l’année dernière je rentrais de Pologne…J’ai le téléphone à l’Abadie, mais il sert surtout à Frédérick mon fils qui est en 2e année de médecine qui y habite le plus souvent. Et d’ailleurs sans lui je ne l’aurais jamais fait remettre.
J’ai toujours envie de te revoir et même essentiellement plus que cela, mais là ça coince …on se calme.
Et je retourne à mes Pénates et à mes « Pétasses » sans rien faire de ces choses essentielles qui rendent la vie acceptable, comme de jouir de ton sourire et du son de ta voix qui me manquent terriblement…enfin .
Si nous étions amis à nouveau, si nous l’avons jamais été, tu me dirais assez de choses pour que mon esprit arrête de battre la campagne en vain et que je recadre tout cela en bref…
J’aimerai compter un peu sur toi et pouvoir t’appeler à l’aide, HELP, au secours…etc…
Ca va vraiment mal , souvent les vendredi soir, j’éprouve un grand manque en moi, un vertige, comme dans un mauvais rêve lorsqu’on tournoie dans le vide…interminablement.
Donne moi de tes nouvelles, si tu ne fais pas je penserai que tu es heureuse, ce qui n’est pas une mince affaire parce que tu es du type écorchée vive et que la moindre flèche t’atteint au cœur…Puis encore que tu cultives ton ressentiment contre moi , non que je ne le mérite point , mais tu pourrais faire jouer la prescription parce que ton silence est cruel et inhumain.
Si tu me pardonnes enfin je te promets d’être un ami fidèle et sincère.
Si tu penses que ça en vaut la peine fais moi juste un signe de temps en temps , comme l’étoile du matin se montre à l’araignée dans sa toile, araignée qui est aveugle comme chacun sait d’ailleurs. Et lorsque j’écris cette chose je sais déjà que mes yeux sont très fragiles que je souffrirai de mes yeux…Oui j’ai beaucoup de choses à écluser, à intégrer dans ce qui est ma conscience. Et certaines pièces de ce puzzle sont assez douloureuses.
Le Karma , les conséquences de nos actes ébranlent même la voûte du ciel, et sont incalculables. Le boudhisme enseigne aussi que l’homme qui n’a pas connu la souffrance n’est pas vraiment adulte et achevé.
Mais la souffrance déchire les tripes , comme la peur, et pour les mêmes raisons, le rend incapable de vivre dans la sérénité. Tout cela est illusoire, illusion (maya).
Aurai je un jour le courage de prier , et de me contraindre à m’exercer à contrôler mon corps et mon esprit pour n’être plus prisonnier et pouvoir terminer mes lettres sans t’écrire : je t’aime…
Chapitre 5
Tes lettres….
SES LETTRES
Voici quelqu’unes de ses lettres. Y a t’il quelque chose de plus à écrire, je les ai trouvées belles que me reste t il à faire avant la fin.
LETTRES RECUES

Lettre postée le 21.02.94 à ROMANS-SUR-ISERE
adressée à Jean L’Abadie

17/2
Jeudi soir.
Je ne sais si je vais réussir à écrire qq chose de cohérent ce soir
Je deviens (redeviens) parano.
Je ne me sens pas en sécurité.
Je ne vais pas remettre ce problème sur le tapis.
Mais je vis mal.
Ce copain, avec qui j’ai mangé à midi. Je ne sais pas ce que je voulais.
Mais je ne voulais pas qu’il m’embrasse sur la bouche. Je lui ai dit « copains ».
Je ne suis pas sûre qu’il ait compris. Mais je suis sûre par contre que ça ne lui prend pas la tête. Un célibataire endurçi qui n’en est pas à une histoire prés. J’aurais préféré qu’il n’y ait pas de malentendu. C’est pourquoi je lui ai demandé son n° de tél. Encore une erreur. Je ne vais pas l’appeler. Je n’ai pas envie de me lancer dans des explications que je ne m’explique pas à moi-même.
(un coup de fil…) je disais « enfin un coup de fil pour me sortir de ma parano »-perdu-
C’était Alphonse qui voulait Joanick.
Toute cette histoire me fait vraiment chier! J’ai pas pu me sentir d’aller au Taïchi. Et encore une!
Il faut que je te dise: C’est une fin comme une autre. Je ne pouvais pas l’héberger éternellement dans ces conditions. A un moment ou à un autre, ça m’aurait pesé, trop de soucis…
Bref- Il retourne chez sa mère-
Mais ça ne durera pas très longtemps, avec Riquet ça ne collera pas-
Bon je te reparle de ça, mais que veux-tu si je ne peux pas te parler de mes soucis, alors?…
Je crois que le week-end va être éprouvant. J’aimerais parfois avoir une paire d’épaules larges pour me reposer dessus.
Pauvre femme faible!
Je n’aime pas cette faiblesse, elle fait partie de moi. Et on en profite en général. Merde!
Je redeviens compliquée, un tantinet déséquilibrée. Je me sentais pas de voir ces gens, au Taïchi, bien dans leur peau et rigolards.
Je suis anormalement énervée en ce moment. J’essaie de lire. J’ai du mal à me concentrer.
Au boulot c’est pareil je me sens irritable. Pas de recul. Susceptible, etc…
Joël m’a dit « tu veux qd-même pas comme à l’école que je te dise « il est beau, il est bien ton tableau… »
Je me suis sentie gamine. Flûte!
Je crois qu’il me prend comme une envie de déménager.
Tu sais que j’ai énormément déménagé? (Dans ma tête aussi !)
Beaucoup beaucoup de fois.
J’espère que je pourrai un jour me sentir à nouveau bien dans cette maison.
Nice est trop loin. Je serai bien partie ce week-end-
Ca n’est pas raisonnable-
Pour la semaine prochaine, je ne vois pas d’inconvénient à descendre mais je ne sais qd ni si Christian viendra chercher Roxane.
De plus, j’appréhende un peu d’aller chez toi, dans la maison de ta femme (un divorce à l’amiable…)-
Allez j’ai la tête pourrie!
Faut que j’arrête ici.
Cette lettre va te faire flipper. Ou t’ouvrir les yeux sur moi, sur ma condition…
J’aurais aimé pouvoir t’appeler ce soir. J’aurais voulu parler à qq’un- Pas n’importe qui-
Salut Biz
Cynthia

20/02
Dimanche soir.
Un coup de fil. Bref.
Je suis toute con, aprés. C’est trop court et les idées me viennent quand j’ai raccroché.
Non de toute façon je n’avais rien de bien intéressant à te raconter.
Ca va mieux. L’orage est passé. Je sens une accalmie.
Que penses-tu de ces photos?
J’étais trop speed au téléphone.
Excuse-moi. J’espérais que tu appelles, vois-tu.
J’ai un peu bricolé dans ma maison. Comme je suis pas trés douée ça me prend beaucoup de temps pour installer 2 barres de rideaux.
Mais ma chambre fait plus « habillée ». En plus j’ai changé la disposition (la semaine dernière après ton départ, je t’ai dit?) Depuis j’ai mal au dos.
C’est comme ça, comme l’envie de déménager qd je me sens mal chez moi, il faut que j’apporte des transformations…ou que je foute le camp.
Je me sens désorientée. Probablement pour ça que j’avais envie de voir personne ce week-end. Besoin de me retrouver, de retourner dans mes baskets…
Mes parents sont rentrés de leur voyage à Hyères.
Nice(Carnaval)…enchantés. Les mimosas, les citrons… ça me faisait sourire.
Manu m’a téléphoné vendredi soir. On a discuté longtemps. Ca m’a fait du bien. C’est vraiment un ami. Il est très gentil- (pas pour tout le monde)-
Voilà. Je crois que j’ai hâte d’être en vacances. Va savoir pourquoi! Non allez. Je serai heureuse de te revoir, heureuse s’être en congés et d’en profiter pour Partir…J’aime PARTIR.
Je préférerais que Roxane puissse aller avec son père, mais tjs pas de nouvelles. Ul va encore falloir qu’on appelle partout pour le trouver et lui demander ce qu’il compte faire.
(elle lui a écrit une 2e lettre; il n’a pas répondu à la première. Ah ces mecs qui assurent pas!)
Je te laisse ça m’évitera de dénigrer encore…Je t’embrasse.
Cynthia
(je suppose que tu as beaucoup à dire sur mon écriture- et t’as vu la différence d’une lettre à l’autre?)

Samedi 5 février
Ce matin reçu une lettre (postée hier 17H30 à Nice)
Je crois bien que j’aurais aimé que tu viennes .Je me sens léthargique. Impossible de me mettre au boulot (ménage, rangement, etc…)
Je pense à toi. J’écoute de la musique. J’aime ta lettre, qui me parle de ta vie de tous les jours, de ton ami Eric.
Que je ne tiens pas à connaître non plus, s’il a une idée négative de ma personne…Je n’aime pas être jugée, être testée, jaugée, cataloguée d’avance.
Mais je comprends très bien ce qu’il peut penser de moi. S’il te voit triste, s’il te trouve changé depuis que tu me connais, je suis pour lui celle qui a « foutu ta vie en l’air ».
Je n’arrive rien à faire ce matin parce que je pense trop
Je pense à tout ce que je voudrais te dire… et quand je suis sur le papier je ne sais plus.
(je reprends ta lettre)
Que tu te connaisses mal ne me surprend pas. Tu as besoin de réapprendre à te connaître, et à t’aimer.
Tu aimes te voir dans les yeux de ce qui t’aiment pour cette raison: tu ne t’aime pas suffisamment parce que tu n’arrives pas à comprendre tous tes actes, parce que tu (te connais mal(barré)) ne sais pas toujours ce que tu ressens au fond de toi, ne comprends pas, ne reçois pas les messages de ton inconscient, etc… et c’est un cercle vicieux.
Roxane sort du bain, et m’autorise à lire la lettre que tu lui as écrite. (…) (sa photo digitalisée est magnifique)
Je cherche des idées pour le repas de ma fête.
Joanick m’a dit qu’il m’aiderait. Je ne sais pas si je peux compter sur lui.
(autant il oubliera et disparaîtra)
On a cherché des idées ensemble hier soir.
Je chanterai peut-être avec Christophe et Sylviane, avec Jean Duchon s’il vient (il ne supporte pas la fumée, ni trop de monde…) mais il fera un effort, je sens.
Y ‘aura Manu, Véro, Chantal, JO et ERIC, Gégé, Nicolas peut-être Joanick Rachida Alphonse, Binou; Francette, Tophe et Sylviane, enfin on sera une vingtaine avec les mômes.
Alain est un bout-en-train.
Il a toujours des histoires à raconter, j’aime sa façon de parler. C’est un révolté (il s’occupe de l’Association qui accueille des jeunes de la DDASS ou confiés par la Justice- c’est lui qui a créé cette Assoce, qui se débat chaque jour… Il a un discours corrosif parfois, enfin il dérange souvent les gens qui possèdent « le pouvoir »…).
Je l’adore. Je l’admire. J’espère que vous vous plairez. Je ne m’inquiète pas pour ça.
J’ai dit à JO que j’allais partir huit jours en vacances.
Elle a dit « Avec Jean, »
Elle est surprise, je crois.
Elle t’a senti très destructuré la dernière fois. Elle a peur que tu ne saches pas très bien ce que tu fais.
J’aimerais encore parler avec toi. Sur le papier c’est à sens unique. Quand je reçois la réponse, je ne me souviens parfois plus de ma question…
Ta femme. Tu m’as dit tellement de fois qu’elle était parfaite…
Si tu la trouvais parfaite par rapport à toi, qu’elle te comble réellement, tu ne m’aurais même pas remarquée. Ne crois-tu pas?
Alors elle est certainement parfaite par rapport à certains critères…mais nul n’est parfait.
Tout ça ne veut pas dire grand chose.
J’aimerais que tu parles de façon moins générale.
Pour parler de moi, comme tu le sais je suis loin d’être « parfaite » ménagère, « parfaite » mère de famille, « parfaite » compagne, « parfaite » amante (non ça tu le sais pas…).
Là j’ai rajouté ces mots.
« Je sais ce que tu voulais dire, je n’ai pas vraiment compris tes mots alors. Mais c’est vrai que tu es exceptionnelle, pas parfaite ca non c’est pas toi, toi tu es vraiment hors norme et posant problème ; tu es une amante merveilleuse : c’est vraiment le mot juste, la meilleure que je connaisse et qui puisse exister…mais je ne suis pas vraiment impartial lorsque je dis cela. Je me souviens toujours de tes performance inoubliables, tout ce que j’ai connu est pale en comparaison, tu mérites l’oscar, la médaille d’or du sexe et du désir…et pour le reste tu es comme je le désire la femme qui me convient et me plait infiniment. Je t’aime à jamais, mais c’est aussi pour autre chose que faire l’amour avec toi, c’est pour ton charme et la vérité qui est en toi. Jean janv.-99 »

Genre de réflexion complètement crétine, qui me dépasse totalement, sortie de la bouche ou de la plume de mon dernier Amour (Suca Lafond, « François le Belge »)= il m’a dit que je faisais l’amour « merveilleusement ».
c’est parfaitement idiot. J’étais moi même passionnée, j’avais jamais autant aimé faire l’amour auparavant…
Tout est donc relatif.(souligné 2 fois)
Mais ça il ne l’a pas compris. Je n’ai jamais su dire je t’aime. Je ne sais pas si j’ai su aimer.
Il faut bien que je te raconte tout cela, ça me paraît indispensable.
J’espère que ça ne te rend pas triste. Je pense avoir compris ceci:
J’ai toujours été attiré par des gens (soit:barré) complètement contraires à moi: très extravertis, mais chez qui je ressentais une faiblesse, un manque, un besoin, que j’avais la prétention de combler…
Toujours ce côté salvateur.
Besoin de justifier mon existence.
Servir à quelque chose ou à quelqu’un qui, je pensais à chaque fois, le méritait (enfin méritait que j’en fasse ma cause) (ma cause souligné 2 fois)
Et j’en profitais pour me cacher derrière leur (forte) personnalité.
J’ai toujours été déçue parce que je me trompais, je fonçais tête baissée…
et aussi parce que je m’oubliais trop. Je ne prétends pas être irresponsable de toutes mes « mésaventures ». Mais je pense avoir réellement fait prendre un tournant à ma vie;
Une femme devient intelligente à trente – trente cinq ans.
Un peu simpliste comme raisonnement, mais c’est un peu ça.
Les femmes font passer d’abord (généralement) leur couple, leurs enfants, avant tout.
Et quand ils sont grands, qu’ils commencent à quitter la maison, elles commencent à se poser des questions sur leur vie.
Roxane n’est pas près de quitter la maison, mais disons que j’ai été amenée à me poser des questions un peu plus tôt que la moyenne…
Donc si je ne suis pas une bonne ménagère, je peux apprendre à te connaître et je suis sûre que tu peux me surprendre (Je crois que je te connais pas mal. Sinon je ne me sentirais pas de partir avec toi huit jours… destination inconnue en plus (pour le moment))
et surtout je n’essaierai pas de te changer- ça tu le sais.
Je dis ça par rapport à ta femme. Peut-être comprendra-t-elle un jour qu’elle n’aurait pas dû attendre de toi, exiger plutôt, un comportement différent, « en Société »-

FIN de ce petit livre romantique :

Voilà on est arrivé au bout. Il manque sans doute quelques centaines de lettres que je t’écrivis. Quelques unes de tes lettres. De tout ce texte ce sont tes lettres qui sont la partie la plus intéressante. Tu es vraiment douée pour ça aussi. Tu écris de manière si profonde et pleine de charme.
Je vais te faire parvenir ce texte. J’ai mis beaucoup de temps à en assembler des morceaux disparates. Tu peux en faire ce que tu voudras. J’ai brûlé tes lettres et tout ce que j’avais de toi à part une photo que je te joins. Si j’avais toujours tes lettres je te les aurais rendues.
Je termine ce long texte qui contient tout de travers des choses qui te sont destinées et d’autres qui devront rester éternellement parce que l’amour est une chose inoubliable et tellement indispensable. Je te pense heureuse. Bien sur il y a en chacun de nous un grand manque que rien ne peut combler et que la vieillesse et la mort font ressembler à un gouffre béant. T’aimer n’a jamais été une tragédie pour moi. Je t’aimerai toute ma vie et même au delà si c’est possible. Je n’ai rien fait de bien depuis que je t’ai perdue. Je suis comme sur une voie de garage, comme ces paquebots qui rouillent dans les cimetières marins attendant qu’on les jette contre la côte pour les dépecer. J’ai eu d’autres amies habitant la Drôme, Cynthia S.qui habite à Beaufort Gervanne ,Nicole R. à Montélimar, Annie S. qui habite Chabeuil parce que je voulais me rapprocher de toi et te revoir et que chaque fois je n’ai pas su ou pu te rencontrer vraiment ce qui est quand même un comble… Parce que je t’aime toujours et le plus grand plaisir que je pourrais avoir serait de te revoir. Et une autre n’est pas prêt de te remplacer.
Mais je pense que tu ne souhaites pas me revoir et ça me suffit pour éviter de te faire de la peine. Je sais que je t’en ai fait et je te demande de me pardonner. Je ne veux pas t’oublier vraiment. Accepte mon amitié même si elle est indécente et inquiétante pour toi. Que cette nouvelle année te donne tout ce que tu mérites et souhaites. Si tu as conservé mes lettres j’aimerais les relire maintenant. Depuis je n’ai écrit à presque personne surtout pas avec sincérité. Mes lettres qu’en as tu fait ? les as tu détruites au fur et à mesure que je te les écrivais.
samedi 30 janvier 1999
Le temps a passé très vite, les choses les mieux établies se sont défaites et le temps où il faut bien choisir entre deux chemins et je pense avoir déjà choisi ce qui est nécessaire et qui suffira à mon bonheur. Que te dire de plus, je ne suis plus du tout dans ton orbite cette chanson se termine aussi pour moi. Pour toi elle a fini il y longtemps. Ce n’est pas le désespoir qui est triste, seul l’espoir et le désir portent en eux de la tristesse. Je sais très bien ce qu’aimer veut dire à présent. Adieu donc, au revoir, si il y a d’autres vies, j’espère cette fois là être l’élu de ton cœur et mériter cette distinction en prenant vraiment soin de toi. L’élue de ma vie je la connais à présent, je l’ai trouvée sans l’avoir cherchée, j’ai su l’apprivoiser, elle m’a apprivoisé plus facilement encore, j’ai du la quitter, et ceci a ressemblé à la mort pour moi, c’est toi l’élue de mon cœur, je n’ai plus d’espoir de vivre avec toi, et je sais bien que la pente vers la tombe est déjà prise, que ton destin est tragique, comme le mien.
dimanche 6 février 2005
Bon anniversaire le 13 février.
Je pense à toi tous les jours, soit heureuse…
Je ne sais pas vraiment ce que je deviendrai dans les mois qui vont venir. Je suis seul…
Ici on m’a cambriolé récemment, j’ai perdu beaucoup de choses auxquelles j’attachais de l’importance, mais c’est une stupidité la seule chose vraiment importante pour moi c’est toujours toi où que tu sois. Ecris moi, parle moi, viens me voir, tu seras la très bien venue. Si tu as besoin d’amitié sincère, de vérité, de paix, de douceur et de respect, ma maison et mes bras te sont ouverts à jamais. Ici tu es vraiment chez toi. Qu’attends tu pour venir ? tu connais le chemin. Je crois que tu as comme moi plein de choses auxquelles tu tiens qui sont comme ces chaînes qu’on met pour se protéger et qui nous enferment. Et l’essentiel on oublie seulement de lui consacrer un peu de temps. Pour remédier à ce dernier point j’ai décidé de faire quelque chose de notre histoire, d’en faire une étude, clinique, dont ce qui précède n’est qu’un premier jet, si tu souhaites être la seule destinatrice de ce texte écris moi le, sinon peut être sera t’il un jour publié.
Je t’ai trouvé un prénom de roman Cynthia, ma meilleure amie Liliane a trouvé Ixia elle.
Ne m’oublies pas. Retiens un peu de moi en toi malgré tout.

Chapitre du renouveau.

Cette histoire se prolonge toutefois avec d’autres essai de mon cœur de trouver un lieu d’asile.
Que dire de tout ceci ?
Les plaisirs de l’amour sont capiteux, extraordinaires. Chaque humain devrait avoir le droit et même le devoir d’en découvrir chaque élément, et d’en accorder les différentes saveurs.
Pour ce qui relève de la nécessaire initiation aux plaisirs des sens qui est concentrée dans cette voie, j’ai acquis désormais assez de connaissance, de science et de patience pour percer les secrets de l’âme et du corps de mes partenaires.
Des femmes multiples sont venues alors qui n’avaient pas vocation à rester dans mon cœur et dans ma vie, mais qui remplirent mes sens et mon esprit d’illusions et de tristesse lorsqu’il fallait bien s’inscrire en faux et dire que cette relation était sans issue. Savoir décliner l’amour est aussi à base de rupture, et savoir rompre sans casse et sans retour est un art très difficile. J’ai appris à comprendre les gestes de l’amour avec des femmes qui n’en valaient pas la peine, avant de savoir apprécier ces gestes avec celles que j’aimais. Parce que les plaisirs sont infinis avec la femme qu’on aime et qu’ils sont d’une autre sorte avec celle qui n’est pas aimée, et qu’on comprend et analyse alors les causes et les effets, par la méthode bien connue dite expérimentale. Il faut faire de tristes expériences pour prendre de la graine.
Alors pour finir on fait le tour de tout ce qui peut être entrepris dans une relation et on se trouve tout simplement devenu expert dans une affaire qui ne devrait jamais reposer que sur la plus pure improvisation. Faire bien l’amour peut aider mais ne fera jamais naître l’amour. Il y a juste un sentiment qui est celui d’avoir touché les points sensibles, et d’avoir donné du plaisir sans ces erreurs qui se glissent partout dans tous les actes que nous produisons sur cette terre. Les femmes sont d’ailleurs je le pense plus à même de faire cette découverte chez les autres que les hommes qui seront toujours très empruntés. La femme porte dans son sexe une sorte de berceau qui contient en germe l’enfant qu’elle désirera toujours de l’homme qu’elle aime. Comment peut elle recevoir de lui autre chose que le don d’une insémination d’amour ? comment peut elle accepter un sexe banal, qui n’est qu’une forme de gymnastique, même si cet acte se construit si délicieusement qu’il en devient une drogue délicieuse. Or atteindre le plaisir est possible, probable et souhaitable avec n’importe quelle partenaire, et il suffit pour ceci de très peu de science, avec juste quelques rudiments de technique.
Ceci peut aider quelquefois à faire un temps illusion et à transcender des relations qui n’ont pas le charme infini de la relation amoureuse qui compte, celle qui bouscule tout sur son passage et qui nous rend vraiment dépendant.
J’écrirais ci dessous ce que j’en sais. Sans doute n’est-ce qu’un digest, une sorte d’aide mémoire. Peut importe, je n’ai rien inventé, et j’ai mis bien des années à trouver ces choses simples qu’on ne dit jamais et qu’on avoue pas même sous la plus cruelle torture.
Donc voici les petites ficelles de l’amour physique.
L’expérimentation est la seule voie de l’amour. Il faut connaître son corps et celui de sa partenaire.
D’abord choisir une femme qui soit sensuelle, puis apprendre à recevoir les informations de son corps, ceci peut se faire dans toutes les situations, même virtuellement. Et si elle n’est pas sensuelle il faudra par la science des caresses l’apprivoiser et la combler pour qu’elle le devienne.
Etre attentif et décrypter les signaux. Envoyer des signaux, et recevoir, persévérer, savoir découvrir, inventer, être à l’écoute de l’autre. Dans cette quête il y a beaucoup de fausses pistes, et de choses qui sont purement magiques. Qui passent par les odeurs, le timbre de la voix, le regard, les différentes parades de l’amour auxquelles on n’échappe pas. Puis l’élue de votre cœur un jour sera prête à sortir avec vous, et ce jour elle se fera belle en elle, et aura un formidable cadeau à vous offrir, à condition que vous soyez patient jusqu’au moment ou s’ouvrira sa corolle, comme une fleur qui s’ouvre le matin à la rosée et qui embaume de parfum.
C’est cette partie de l’amour qui est la plus prenante, la plus riche en sensations et en désir, celle qui consiste à se captiver mutuellement pour se donner ensuite. Lorsque le don se fait il doit avoir été mûri. L’amour se fanera si il n’est pas précédé de cette magie incomparable.
Dans ce temps incertain des flirts on apprend à aimer les interfaces de l’autre, et à mêler les salives, les gestes tendres, les caresses exploratoires, surtout les serments les plus doux. Enfin vient le moment de la première fois, du premier round qui ne se conclut pas souvent par beaucoup d’extase, mais par une sorte de remise à zéro des compteurs. On passe alors la ligne de non retour, et le but en est bien de
découvrir ensemble les différentes voies du plaisir et de l’installer dans notre vie. Et cette relation est alors unique, ne peut être qu’unique. Elle se doit d’être faite hors du monde, hors du temps, dans un lieu isolé, non connu, qui deviendra alors quelque chose d’incomparable, de magique, d’immortel. La première fois qu’on fait l’amour avec l’être aimé, et toutes les phases suivantes qui sont indispensables, qui épuisent vraiment les possibilités de notre corps, de notre âme, de nos désirs…
Si cette lune de miel n’a pas lieu, alors l’amour meurt le plus souvent.
Ensuite poursuivre cette réalisation par des orgasmes vraiment parfaits. Lorsque nous atteignons douze orgasmes notre initiation se transforme en connaissance intime et peut alors descendre au but ultime qui est la vrai tendresse et la vraie connaissance intime.
Entre deux êtres qui s’aiment d’Amour, il ne saurait y avoir de faiblesse, de tabou, de médisance, de mésentente, de choses voilées et insondables. Chaque partie de notre être est à l’autre autant que chaque partie de l’autre est à nous, pour notre plaisir partagé. Donc reprenons cet ouvrage délicieux sans cesse qui consiste à construire un monument fait des extases que nous provoquons et partageons avec l’élue de notre cœur.
Voilà il est tard déjà dans ma vie. Je n’ai pas rencontré encore la femme qui me convient vraiment. Je la cherche et je l’attends. J’aurai l’espoir de la tenir dans mes bras avant la fin de cette vie qui s’enfuit si lentement, et si vite parfois. Cette vie qui n’est parfaite et complète que par l’amour. Que par une relation vraiment construite, heureuse, gratifiante, définie, simple et cohérente comme si elle allait de soi.
Je ne parlerai pas des indispensables cadeaux que l’homme et la femme se font pour tenir cette gageure, aimer un être différent de soi, lui abandonner ce qu’on a de plus cher et de plus précieux, se mettre à sa merci. Le tenir pour sa terre promise, son avenir. Nier avec lui tout passé qui serait contraire à la pérennité de cette relation.

Nice 2007.
Cette année a été un fardeau depuis son début jusqu’au cœur de l’été. Ensuite j’ai fait un grand voyage jusqu’en Suède. J’espérais faire le même que lorsque j’étais au sortir de l’adolescence, à rêver ma vie sans savoir la direction à prendre. Et il s’agissait alors de bavarder avec le monde tel qu’il se présente, et à confronter son image avec celle qui s’était formée dans ma conscience avec toutes les informations déjà glanées par ci ; par là. Pouvais-je être amoureux alors ?
Bien sûr je l’ai été sur ces routes du nord ; car j’y ai rencontré une gamine exquise de mon âge qui venait de la Bohême et qui se prénommait Magdalena. Et cette rencontre aussi a laissé alors dans mon cœur de très étranges concrétions et des sentiments poignants. Mais rien n’a éclipsé mon souvenir de la vraie personne qui m’est devenue indispensable, que je sais être présente si prés et si loin de moi. Je ne suis pas passé par la route tant de fois prise, celle qui conduit au bord de l’Isère ; dans la vieille ville. Je n’ai pas été prés de la maison que tu habites maintenant qui est dans un petit village à quelques kilomètres sur les collines. C’est là que je t’ai aperçue la dernière fois.
Hiver 2007.Nous sommes prés de la fin de l’année. Et mon cœur est serré comme dans un étau. Mes souvenirs encore éveillés dissipent la brume qui est dans mon cœur. J’arrive à peine à penser au printemps pourtant qui viendra une fois encore. Je pourrai faire quelque chose pour te voir, t’entendre, te parler et au lieu de ceci je ne fais que des choses sans signification et sans raison. Mon amour perdure et se nourrit en moi. Pas comme un cancer ; comme une petite flamme dorée. J’aime toujours tes yeux et ton sourire si merveilleux. Ma tendre et chère. Je ne peux qu’écrire ton prénom dans mon esprit et jusqu’au bout de mes lèvres et je ne prononce pas le prénom qui cache le tien ; celui de la femme qui te remplace dans cette histoire commencée il y a tant de temps ; qui est si vide de sens pour les autres qui le liront. Peut être y trouveras-tu, toi quelque chose de vrai et de bon qui te remplira l’âme ? Comme jadis tu as fait en moi cette révolution qui m’a entraîné vers des chemins étranges. Lorsque je t’aimais et que tu ne m’étais pas encore étrangère ; que tu étais mon amie ; mon esprit et ma conscience du monde s’étaient développées et avaient conduit mon être à la bonne place. Celle que nous méritons tous sur cette terre. La place située au Paradis, dans la juste connaissance de notre condition sur cette pente infime qui nous rapproche tous les jours de notre fin terrestre. Je t’aime autant qu’on peut aimer. Il n’y a pas de limite à l’amour. L’amour n’est pas qu’une formalité. Que j’aimerais te revoir et pouvoir te dire simplement : « Bonjour ; tu m’as beaucoup manqué… »

Début de l’année 2008

Le 13 février ce sera ton anniversaire. C’est mon cadeau. Je ne sais pas si tu apprécieras. Si tu dois corriger des choses n’hésites pas une seconde. Il est essentiellement et spécifiquement réalisé pour toi, même si il n’est pas très bon et même bâclé. J’y ai mis tout mon cœur. Mais comme beaucoup de choses que j’ai faites dans ma vie je ne suis pas allé au bout et il manque des centaines d’heures de travail qui en auraient fait une œuvre vraiment digne de toi donc de passer à la postérité. Je vais faire un trés grand voyage sans doute en avril et si je survis j’irai sans doute m’établir très loin et ne pourrais plus en quelques heures venir prés de toi, si un jour tu as besoin de moi. Il est vrai qu’avec internet nous pourrions être très proches l’un de l’autre même si nous vivions aux antipodes.
Les temps futurs ne parleront sans doute pas de nous comme de modèles à suivre.
Mais je ne peux pas arriver à vivre sans toi et je ne veux surtout pas t’oublier.
Il te reste à trouver le temps et la force d’ écrire ; de corriger cette épure pour le publier et en faire quelque chose qui mérite d’être publié. Pour ma part je pense être arrivé au but que je m’étais fixé de laisser au moins un message complexe et incomplet à te donner, je pense qu’il vaut mieux que le feu qui détruisit tout ce que je gardais qui me venait de toi. D’ailleurs ce feu de cheminée ne m’a enlevé une seule seconde le besoin que j’ai de toi à chaque souffle de ma vie. Ecris moi donc ce que tu en feras.
C’est comme si tu l’acceptais donc il sera à toi unique lectrice jusqu’à présent.
Si tu n’as pas cette envie je le publierai sans doute un jour prochain en changeant tout ce qui doit l’être pour que personne n’en souffre jamais.
Je lui écrivis alors me semble t’il et n’eus jamais de retour de courrier, mon courrier portait avec lui ce texte si poignant pour moi, que je sus construire comme un puzzle, un texte un peu vide à présent de sens puisque mon cœur est depuis passé à une autre et que j’aime avec tous les travers de l’amour fusion, que je n’ai plus un moment à moi, que la femme qui partage ma vie est ma vraie patrie, mon port d’attache, auquel je suis lié si fidèlement, même si ça fait mal parfois. Je regarde bien souvent le soleil, mais si furtivement, mes yeux sont si faibles et si malades. Depuis longtemps, dix ans au moins je n’ai plus conscience des choses qui faisaient mon émerveillement, et j’ai du mal à entreprendre ce qui jadis me semblait si facile, que pourtant je n’accomplissait que fragmentairement. Voilà la nuit qui s’avance et qui déjà couvre de son silence les termes anciens sont comme effacés.
Et puis aujourd’hui le 26 octobre 2012 il y a prescription, et je suis bien loin de tout ceci et donc je vais publier ce premier livre que j’ai traîné si longtemps en moi.
FIN

( 26 octobre, 2012 )

Cynthia

Dédicace : A toi mon cher amour, je pensais que je n’oserais plus te traiter ainsi, te donner ce titre, même lorsque je serai heureux j’aurai toujours sur mes lèvres ce mot si doux : amour, mon amour c’est encore et toujours toi bien sûr. Bien sûr ton prénom n’est pas Cynthia, le tien c’est Martine, il vient de la terre lointaine ; de l’île où tu es née la Martinique. A qui d’autre que toi pourrai-je offrir ces mots, que j’ai essayé vainement de préserver, comme on retient de l’eau pure dans ses mains ; de sauvegarder cette eau pour désaltérer tes lèvres…Et j’aimerai te redire que je t’aime, encore, toujours, et à jamais. Et le reste n’a pas vraiment beaucoup d’importance. Si c’était à refaire, je recommencerais. Il faut toujours essayer dans la vie. J’ai essayé d’écrire pour toi, comme j’ai essayé de faire ton portrait. Inachevé et j’ai sans doute éliminé le plus important ce qui avait du sens. Chapitre 1 « Journal de notre courte histoire. » Notre histoire a commencé, il y a si longtemps que le temps me semble raccourci. Aujourd’hui j’essaie de la rappeler à ma mémoire. Mais cette dernière est comme muette de stupeur et la douleur est encore présente. Je t’ai quittée un jour passé avec des sentiments mitigés, et des idées obscures qui s’entrechoquaient. C’était il y a bien longtemps. Je n’ai plus de traces de ton sillage, d’objets qui me viennent de toi que tu as touchés, que tu as aimé. Je ne me souviens même plus du son de ta voix. Donc il n’y aura que les petits bouts de papiers que j’ai semé au fil du temps qui passe ; dans cette course incertaine qui m’entraîne vers l’inconnu, et l’oubli, comme Petit Poucet semait des cailloux blancs. J’aimerai tant revenir au temps où t’aimer était non une chose facile, mais un délice sans mesure, une rose éclose au matin qui parfume l’air, et brille d’un éclat incommensurable. Je dois donc me fier à mes griffonnages sur tous les supports les plus improbables. J’avais justement pris alors quelques notes qui suivent. Des brouillons sont tout ce qui me reste de toi. 1999, 2 janvier ; cette année commence et je pense toujours à toi et à ton anniversaire le 13 février. Je n’ai rien fait pour toi depuis longtemps, j’ai juste pensé à toi et à tout le plaisir que tu m’as donné dans ce temps pas si lointain ; cinq ans depuis le début de notre relation, et deux ans depuis sa fin. J’avais fait des progrès dans ma quête vers toi, et pour toi ; si le nœud gordien avait été coupé ; j’aurais été fort et solide, un compagnon fidèle et travailleur, si tu avais pris ma main dans ta main pour ce reste de vie à vivre à deux… Je n’ai pas eu cette maladresse ou ce courage de tout envoyer par dessus tête et de devenir un naufragé volontaire pour rejoindre ton sillage. Aucune vertu dans cet acte manqué qui me taraudait. Juste une petite voix qui me dit alors : « Ne t’engage pas dans ce pari ; mets y plutôt fin ; retourne à la case départ. » Et de cette décision plusieurs fois prise ; plusieurs fois remise en question je ne garde aucun souvenir présentable. Juste les « je t’aime » que je voulais tant te dire et qui n’arrivaient plus à partir vers toi. Donc si j’avais voulu j’aurai pu prendre le pari d’ être heureux avec toi ; était-ce le bonheur le plus souhaitable ? Je ne saurais le dire aujourd’hui. J’ai eu ma part de bonnes choses et de bons moments ; d’amour même. Amour qu’on m’a donné par ailleurs ; que j’ai souvent massacré sottement, comme les enfants qui dépècent les insectes qu’ils ont capturés. Je pense souvent à la chanson de Brassens qui dit que « lorsqu’on a raté sa vie ; on songe avec mélancolie aux baisers qu’on n’osa pas prendre ; à celle qui doit nous attendre » et aussi que « pour peu que le bonheur survienne ; il est rare qu’on se souvienne des épisodes du passé ». Brassens que j’ai tant écouté dans tous mes moments de loisirs lorsque j’étouffais de ma vie consternante. Des disques rangés à présent dans une caisse et quasi oubliés. Je n’ai même plus de tourne disque pour en profiter. Avec eux il y a aussi tous ces livres qui furent l’un après l’autre mes amis fidèles. Je n’ouvrirais plus Don Quichotte, ni le rouge et le noir…Revenons à l’amour ! Pertinence, folie sans mesure et prudence sont tellement nécessaires dans ces affaires de cœur. Elles nous font tellement défaut ;et elles deviennent comme les clous de la croix que nous portons. Ma couronne d’épines c’est bien cet amour que j’ai pour toi, elle me brise l’esprit et me rétrécit le champ de vision. J’aurai pu être ton Amour aussi, je le sais et le sens. Merci de ne pas me l’avoir dit tout de même. Car si tu m’avais dit ces mots je les aurais crus. Je n’ai pas eu cette chance et j’ai même perdu ton amitié que tu donnes pourtant si généreusement à tout venant qui a l’air triste et la dégaine fatiguée ; cette amitié qui a eu tant de prix pour moi ; je m’en souviens maintenant. J’ai eu une vie triste lorsque j’ai quitté ton coeur et je n’ai pas trouvé quelqu’un qui puisse se comparer à toi et te remplacer. Il faut dire aussi que je cultive l’art de la fuite surtout lorsque je commence à vraiment me prendre au jeu de l’amour ; car je ne veux pas souffrir à nouveau ; on dit souvent que les hommes sont lâches parce qu’ils fuient ainsi au lieu de prendre les Bastilles qui ferment les portes des sentiments. Je comprends mieux ce que tu ressentais qui me semblait incompréhensible. Mon père qui s’est marié il y a deux ans est en train de divorcer. Il se morfond à 77ans et en restera là sans doute. J’ai 49 ans, tu en as 39, 40 bientôt. Pour toi j’ai fait ce que je voulais faire depuis longtemps. J’ai essayé d’écrire les souvenirs qui me restent à partir de quelques lettres que j’ai conservées. Je te les destine. Qu’en penses-tu ? Qu’en penseras-tu lorsque tu les auras relues ? Peut être écrirai-je quelque jour mes souvenirs de ce temps déjà éloigné de cinq ans, lorsque j’ai eu la grande chance de te rencontrer, mais il faudrait que je retrouve aussi les lettres que je t’ai écrites, que tu as sans doute détruites à présent. Il me semble qu’elles devaient être belles (mais j’ai sans doute raté cela aussi) et surtout elles pourraient me permettre d’essayer de comprendre ce qui n’allait pas chez moi alors ; pourquoi j’ai raté la seule affaire sérieuse d’amour qui me soit arrivée. Les mots d’amour que je t’ai écrits serai-je encore capable de les penser et de les dire pour quelqu’un. J’écoute toujours et j’essaie de déchiffrer dans tous les signes… Enfin un jour fais-moi grâce, oublies que tu m’as effacé de ton coeur, téléphones-moi, allumes une petite bougie à ta fenêtre, ou mets y un mouchoir blanc, je la verrai moi seul si je passe par là, et je passerai alors c’est sûr. Tu peux aussi brûler un morceau de papier sur lequel tu m’auras écrit : « Jean je t’aime » et je le saurai aussitôt. Tu vois je déraisonne et comprends tu pourquoi ? N’as-tu jamais souffert de cette absence de l’être aimé ? 1997 juillet Deux ans déjà… C’est achevé, ou presque. Que reste t’il vraiment de ces moments de plaisir et de souffrance, de tendresse et d’amitié ? Je ne saurais répondre à cette question sans me mettre à nu et pourquoi le ferai-je maintenant que tout est mort. Je me vois bien devant un miroir regarder mon reflet dans la glace et je ne me reconnais pas, ni dans le passé, ni dans l’instant, ni même dans la vision que j’ai de l’avenir qui se termine par la mort que chacun de nous affronte finalement sans trop y croire et y consacrer des pensées précises. Quatre vers du poète Louis ARAGON, me reviennent sans cesse… « Le temps ce miroir à 3 faces, Avec ses volets rabattus, Futur et passé qui s’effacent, J’y vois le présent qui me tue… » Aurai-je à présent le courage de m’atteler à la tâche, d’écrire ce que j’ai expérimenté et pourquoi le ferai-je finalement pour d’autres hommes et d’autres femmes. Peut être pour elle ce serait un cruel cadeau sans doute qu’elle ne lirait jamais. Comme la lettre qu’elle laissait sans l’ouvrir lorsque j’allais la voir. Ce n’est pas important du tout. C’est par amour pour elle, par respect de l’amour qui est la chose la plus importante qui existe que je veux ressusciter ces moments enfuis à jamais. Je t’aime et t’aimais tendrement, je t’aimerai toujours Cynthia ! Que me restera t’il lorsque j’aurai fait mon deuil de ta présence sur cette terre ? Mais ce qui est important, essentiel, c’est de ne pas oublier cette étape. Et c’est contradictoire, et dangereux aussi. Quelle futilité de montrer aux autres les dangers d’aimer, car ce sont des périls si délicieux. Moi-même comme vais-je faire pour éviter désormais ces travers merveilleux, enchantés ? Pour ne pas refaire la même erreur car les mots s’effacent dans la mémoire, ne restent que ceux qu’on trace et relit sans cesse. D’un éternel et douloureux amour ne reste rien que l’impression d’avoir connu une dérive des sentiments, d’avoir marché vers l’aurore merveilleuse, d’avoir connu ces choses secrètes qu’on ne voit qu’une fois, la régénération de l’oiseau Phénix, la présence d’un Dieu, la danse merveilleuse de la blonde Aphrodite. Ainsi je connais bien les lignes de ton visage aujourd’hui. Ta photo était sur ma table de travail jusqu’à hier. Et aujourd’hui elle a disparu. J’ai essayé de balayer les feuilles mortes de ce passé. Qu’est devenu ce souvenir emporté par la réorganisation sans cesse retenue et différée de ma vie matérielle ? J’ai porté mon amour passé comme un fardeau et comme une force, comme un supplice et une source de jouissances. Mais c’est fini, une chose est achevée dans ma vie. Inutile d’avoir de la peine pour ça J’ai connu des moments délicieux. Et les choses auraient pu tourner autrement, j’aurais pu finir par aboutir et retourner à la case départ pour une croisière d’amour renouvelée. Ce fut une brisure dés l’origine, une chose sans lendemain, avortée : voici la vérité que je veux retracer. Je sais que j’aurai peu de temps pour cela. Et déjà vient l’érosion des souvenirs, comme une vague sur le sable qui efface peu à peu cette histoire. Elle fuit ma mémoire comme un rêve s’efface au matin. Il reste le désir de prolonger ces quelques jours de dépendance et d’espérance, de miracle et de chance, l’urgence de graver ces quelques mots. L’amour est en cause au fond de nous et nous ne savons pas y faire face. Nice au bord de la mer Méditerranée, j’y vis encore aujourd’hui. Combien me reste t’il de temps? Je sens des appels vers d’autres grèves, d’autres horizons. Même lorsque je baigne mon corps au soleil en osmose avec d’autres humains et que je peux échanger des mots avec d’autres femmes pleines de désir. La plage est faite de galets gris bleus surtout. Mais quand on y regarde de plus près on y trouve toute une collection d’autres roches. Des calcaires très blancs et cristallisés, du schiste rouge, même des morceaux de pierre noire très dense qui ressemble au basalte et quelques rognons de silex ocres dont je ne connais aucun gisement dans les massifs environnants, des morceaux de quartz, quelques rares échantillons de gneiss et de granite blanc. Et puis tous les vestiges de la présence de l’homme : brique, béton, verre et marbre de Carrare, et encore divers métaux et plastiques. Le passé de la contrée est là, résumé par ces galets que la mer roule inlassablement sur la bande côtière, alluvions apportées par les cours d’eau descendant des montagnes, épaves de la mer, le sable lui a été plongé dans l’abîme qui s’ouvre dans le canyon à quelques mètres des plages, les galets plus lourds sont restés sur la bande des marées et des tempêtes, signe des transgressions marines lorsque la cuvette niçoise a été comblée par les sédiments des Alpes au fil des millénaires. Il y a 300 000 ans l’homme fossile de Terra Amata construisait un abri très ingénieux près des rives des fleuves qui descendent des Alpes et se nourrissait de la faune locale dans laquelle figuraient l’ours des cavernes et l’éléphant. Ce n’était pas encore un homme moderne, mais certainement qu’il était aussi intelligent que notre espèce et efficace comme prédateur implacable, même s’il ne disposait pas de langage et d’une organisation sociale développée. La marque des poteaux de sa hutte, celle de la plante de ses pieds nous instruit de notre condition d’humain ; car notre passé seul nous justifie ; celui qui ne sait pas d’où il vient n’est qu’un être misérable. Cet humain primitif d’après nos savants utilisait le feu ; qui pourrait penser qu’il ne savait pas alors le secret de sa fabrication. Nice est un lieu de confluence de l’humanité. Les humains y vécurent assez facilement des ressources naturelles pendant des millénaires. Il s’y forma sans doute bien des histoires d’amour et de longues lignées d’habitants des lieux. Des montagnes de marne bleuâtre originelles ; il ne reste rien. Les montagnes qui se dressent ici sont faites de calcaire d’un blanc jaunâtre qui se sont déposés au fond de la mer à l’origine. L’érosion a fait son œuvre sur les plateaux où des blocs creusés par l’eau gisent au soleil ou rassemblés par les bergers pour constituer les murs des terrasses, les restanques ou de vastes pierriers. La terre végétale est rare emportée sans doute depuis toujours du fait de la déforestation par les averses torrentielles , elle subsiste dans les parties concaves emplies d’une terre rouge lourde pauvre en humus. Ailleurs c’est un assemblage de galets ou poudingue qui domine surtout sur les collines et les falaises qui surplombent les cours d’eaux, quelques plaques d’une sorte de grés jaune ailleurs, un peu de gypse dans des couches interstitielles . . La ville de Nice se concentre dans une demi cuvette étroite de quelques kilomètre de large et de profondeur entre la baie des Anges au sud, le fleuve Var à l’ouest et la montagne qui l’encercle de toutes parts. Des vallées étroites, les vallons obscurs y apportent des eaux venant de tout le massif montagneux situé au dessus d’elle. Les routes qui sortent de cette cuvette sont malaisées, taillées à flancs de pentes abruptes. Vers l’ouest, la côte change de nature ; le relief est moins agressif, des collines assez douces s’étalent de Cagnes à Cannes, jusqu’au pentes abruptes du massif de l’estérel. Le front de mer est moins densément occupé par les immeubles. L’étroite plaine du fleuve Var ouvre un corridor vers le nord, taillé par l’érosion et empli d’alluvions ; cette vallée est bloquée brutalement après Saint Martin du var par la transversalité des plissements alpins et le var se dirige ensuite vers l’ouest, alors que de l’autre côté vient la Vésubie. Avant ce crochet il reçoit de l’ouest toute l’eau d’une vallée sublime oubliée du temps et des hommes par son affluent La plaine alluviale du var au nord jusqu’à St Martin du Var est étroite occupée par des exploitations agricoles et des zones industrielles. La route qui borde le var est construite sur une digue destinée à contenir les inondations. Cette vallée est mal aménagée tant au niveau de l’accès au fleuve, que des plans d’eau qu’elle pourrait contenir. Le gravier y est puisé à plusieurs endroits, mais il n’y a pas d’aménagement concerté, et c’est une erreur profonde car un développement de cette vallée située sur plusieurs communes est souhaitable. Les terrains y sont inondables généralement. la réalisation d’un parc de loisir à base de plans d’eau contenus dans des digues soutenant des ponts traversant le fleuve devrait aménager cet espace et générer de la richesse. L’eau étant précieuse de grandes réserves pourraient ainsi être constituées. Dans presque toutes les vallées, notamment celle de l’Estéron on peut aménager des retenues qui permettraient de développer les ressources en eau et ces travaux ne se font pas. On remarque une incapacité d’action de l’autorité publique dans ce département comme si tout était bloqué. Lorsqu’il fait humide et froid la pollution stagne sur la citée, générée par la combustion des hydrocarbures. Par chance c’est peu fréquent. Le plus souvent un vent de mer vient balayer la pollution et le soleil généreux détruit les miasmes abominables. A Nice ciel est presque toujours bleu et lumineux. La lumière qui éclaire le paysage, crue et violente manque de charme et de douceur. Les couleurs se brouillent sur la palette de nos yeux. Il fait souvent beau et chaud le corps s’habitue à ces caresses de chaleur, à la douceur des hivers. Même si le printemps semble fugace et bâclé, il est la saison des fleurs des senteurs renaissantes. L’été est sans compromis, aride, brûlant à partir de dix heures L’automne est indéfinissable comme une longue suite de l’été. L’hiver qui a ma préférence est d’une douceur remarquable, à savourer le matin sur les corniches, on peut prendre son bain de soleil à Noël sur sa terrasse en contemplant un ciel d’azur. Il y a bien aussi quelques jours de froid mordant et de ciel sombre, quelque fois aussi un peu de neige, mais c’est tellement rare qu’on n’y prête plus attention. On s’attache charnellement à cette petite patrie, car la réponse au climat est sans doute un élément essentiel de l’harmonie qu’on porte en soi. Ici les choses sont plus belles qu’ailleurs, les paysages surtout, mais aussi quelquefois les êtres vivants qui peuvent vivre en phase avec la beauté de cette nature. Les odeurs sont épicées et sucrées. Ceux qui ont développé une adaptation, une sorte de respiration particulière, de manière propre à apprivoiser le soleil et à faire le minimum d’effort en plein soleil. Il y a une grande énergie dans l’atmosphère, les hommes sont baignés par ces radiations de lumière et de chaleur. Mais les signes de la décadence et du déclin de ce quasi paradis sont visibles aussi partout. Comme une île en dehors des écheveaux de voies industrielles et commerciales, cette ville ne vit que par le tourisme, l’immobilier y est fonction de l’arrivée de retraités, d’immigrants et de nantis qui y possèdent un pied à terre. D’autres villes proches sont désormais plus accueillantes et souffrent moins de l’entassement des gens. Comme une Vénus vérolée Nice montre par bien des côtés de sa carcasse des failles vertigineuses en devenir. Ce ne sont encore que des prémices, des micro fissures, mais les jours de cette belle coquette sont comptés. Des quartiers sont progressivement livrés à l’abandon alors même qu’ils sont stratégiques pour la vie communale. La vieille ville et les quartiers situés prés de la gare, les zones des Moulins à l’ouest et de l’Ariane à l’est… Que faire pour empêcher que les choses ne dérivent jusqu’à la destruction radicale des choses précieuses collectives et privées dont nous sommes dépositaires ? Une lèpre fatale s’est installée dans le cœur de notre ville et dans le cœur des hommes qui y vivent. La pollution de notre espace vital est dramatique, et le meilleur des mondes est certainement dans la direction opposée de celle que nous suivons. Les voitures empoisonnent continuellement l’air que nous respirons. L’horreur vient non du progrès des techniques, mais du laisser faire, du laisser aller. Il y a trois ans j’ai rencontré une femme que j’ai aimée absolument, infiniment, je ne sais pas pourquoi. Pour monter sur un sommet, pour avoir une vue panoramique sur toutes les choses vraiment importantes. J’ai éprouvé le vertige de l’amour infini et ceci m’a ouvert les yeux sur un mystère essentiel de la vie. Aimer c’est dépasser tout le possible, c’est rendre médiocre tout ce qui n’est pas amour, extraordinaire tout ce qui découle de l’amour rencontré. Mais c’est aussi comme l’alpinisme, arrivé au sommet, il faut bien songer à redescendre, on ne peut pas camper longtemps sur les cimes. Nice le 26 juillet 1994 La seule vérité dans tout cela c’est que les souvenirs ne servent à rien lorsqu’il faut aller au devant des problèmes. Je me souviens des moments vraiment agréables que j’ai passés avec Cynthia. Tout d’abord la première fois lorsque nous avons discuté dans ce café à Lyon. Ce que nous avons dit ; je ne m’en souviens plus très bien. Il faut pourtant que cela revienne. J’ai du lui parler de mes enfants, de ma famille habitant les Vosges, de ma femme. Et elle de sa vie tout simplement. Je me souviens qu’elle m’a parlé de sa fille, de sa passion pour la musique et le chant. C’était dur de la quitter. Mais je l’ai quittée ce jour là sans trop savoir ce que je faisais. Je pris la route pour aller dans les Vosges voir ma famille ; j’étais comme dans le brouillard et je ne cessais de penser elle. Je me suis arrêté à la première aire de l’autoroute et j’ai cherché son nom dans l’annuaire. Mais je ne lui ai pas téléphoné tout de suite, seulement longtemps après, une bonne semaine. Chez mon père rien de bien changé, il était toujours égal à lui-même, c’est à dire vraiment exécrable. Je l’ai quitté avec l’idée que c’était une des dernières fois que je me livrais à cette formalité pénible. Maintenant rien n’est plus comme avant et il faut tirer les conclusions de ce qui s’est passé. On est le 26 juillet 1994 et je voudrais connaître la vérité de mes sentiments, faire le point en quelque sorte. Et rien n’est plus pénible et insupportable. Pourtant je suis sûr d’une chose au moins: j’ai eu beaucoup de chance. Il me reste bien des choses à faire mais l’essentiel est déjà fait et ma vie plonge vers le néant. Je sens qu’une transition s’est produite. Le vrai problème est que la vie n’est pas quelque chose d’établi ; de clair. La vie est faite de ruptures ; les grandes décisions impactent toutes les décisions de moindre importance qui viendront se substituer à la vie sans importance d’hier, qui à présent devient compliquée. Hier ma fille Kristel est venue me voir avec son amie Barbara. Ca m’a posé un problème vraiment crucial. Non parce que j’étais seul et que je n’aime pas cela, mais parce que maintenant il n’y rien qui ne prenne une dimension nouvelle. Barbara est très belle et ça me trouble un peu aussi c’est vrai de voir une femme de l’âge de ma fille être une femme désirable. Non parce que je rêve d’avoir une aventure avec elle, mais parce que cela entretient mes fantasmes sur les femmes de ma vie. Et ceci est le début de l’hérésie et de la négativité. Je ne veux plus me déterminer en fonction de mes sentiments, ni de mes désirs, ni de mes impulsions, mais de la logique de ma vie présente. Ceci est nouveau pour moi et j’en suis étonné. Mais je sais que je dois encore apprendre des leçons, en recevoir, et qu’elles seront amères. Je crois toujours m’en sortir avec des pirouettes. Je devrais songer à faire une vraie révolution lorsque j’aurai moins mal, et moins de peine. L’esprit et la logique nous ont été données pour que nous puissions surmonter tout cela. J’avoue que je me pose la question de la perte de l’espoir. L’espoir fait vivre, je l’ai expérimenté; ce qu’il faut c’est trier et faire le ménage. Une aventure sentimentale est toujours un piège qui enlève une partie de la liberté qui est en nous. Il y a une profonde perversion dans l’amour que l’on porte aux autres. On devient dépendant et c’est comme une maladie du corps et de l’âme. Cynthia ne mérite pas que je l’aime bien que mon esprit et mon corps ne pensent qu’à elle. Il faut que je cherche une autre femme que je pourrai aimer ; comme un clou peut chasser un clou. Elle ne veut plus me parler ni avoir de relations avec moi. Elle a une nouvelle relation avec quelqu’un qui cohabite avec elle. Une forme de jalousie est en moi et c’est dur à surmonter. Je ne veux jamais retourner la force qu’elle a mise en moi contre l’amour que j’ai pour elle. Je dois toujours la regarder comme une aventure exceptionnelle qui m’est arrivée une fois seulement. Oui, j’ai aimé de cette manière romantique et mièvre, d’ailleurs cette manière n’est pas bien différente des autres façons. Le piège d’hier c’était l’image fabriquée que nous renvoie sans cesse la télévision et les médias. Le bourrage de crânes continuel auquel nous sommes soumis par ceux qui décident de notre vie. Tromper sa femme ou son mari est un exploit normal, souvent valorisant. On ne voit que cela dans les feuilletons et les films. Ceci est une profonde erreur et une stupidité profonde. Les contes de fées ont été remplacés par des coucheries assez vulgaires, qui défient et ridiculisent presque la fidélité et l’amour conjugal qui exclut tout autre attachement. Le vrai bonheur ne peut être conçu que dans la fidélité au couple familial. La famille est la seule valeur réelle, qui dépasse toute structure autre et n’est pas substituable, ni remplaçable. L’individu sans famille est condamné à mort. L’individualisme est une erreur profonde sans permanence, erreur parce que nuisible et mortel. Il vaut mieux une erreur et une servitude dans le cadre de la société réelle, la famille, homme ,femme , enfants chacun à leur place. Ici tout devrait être en ordre… Je veux me soigner de cette langueur qui est en moi et qui n’apporte rien de bon. C’est vrai que lorsque j’ai eu son amour au creux de ma main, lorsque je suis devenu son amant j’ai décidé de quitter ma femme immédiatement, sans réflexion. Je sais que la majorité des couples divorcés se sont brisés à la suite d’une rencontre de cette manière. Quelqu’un éprouve de l’amour pour un autre être ; il expérimente cet amour ; le place au dessus de tout et rejette alors sa vie passée. Quelquefois cet amour est bien plus pauvre et moins sincère que celui dont il bénéficiait dans sa vie passée ; le plus souvent semble t’il d’ailleurs, mais qui peut le croire sans l’avoir expérimenté un jour. Le nomadisme sentimental est tellement répandu de nos jours, que signifie cette illusion, que recherchons-nous vraiment ? J’avais un grand vide dans ma vie, et dans mon cœur. J’avais tout le reste, tout ce que je souhaitais en fait. A part quelques difficultés tout à fait normales dans ma vie professionnelle, tout allait assez bien pour moi. J’avais besoin de quelque chose de vraiment nouveau et d’expérimenter la vérité de mon âme. Je me trouvais assez étranger à moi-même avant cette rencontre. A la réflexion j’avais pensé à sortir de ma réserve plusieurs fois ; j’ai souhaité avoir des relations sexuelles avec beaucoup des femmes rencontrées au cours de ma vie d’homme. Mais depuis que j’étais marié jamais je n’avais franchi cette frontière entre ce que je savais être le bien et le mal. Je sais que ce que j’ai fait est mal, moralement condamnable, qu’il n’y a pas de recours, ni de deuxième chance pour celui qui franchit cette limite. L’amour est un mystère. Celui qui le trouve et l’expérimente en est toujours quitte pour réviser ses valeurs et se détacher de ses illusions passées. L’amour détruit tout ce qui n’est pas conforme à ses désirs. Les grandes décisions stratégiques que nous prenons impactent toujours toutes les petites stratégies que nous mettons en place dans notre vie pour tenir la distance. Que s’est-il donc passé entre nous réellement? Pas grand chose sans doute! Quelque chose de banal. Les faits tout d’abord. Notre histoire a commencé en septembre 1993. Nous étions tous deux en cours à Lyon au centre de formation de notre entreprise. Quand je t’ai connue, je suis devenu tout de suite amoureux de toi. J’ai cherché tes yeux et j’ai rencontré les plus beaux yeux du monde. Tu arrivas en retard, venant de Romans en voiture, tu avais perdu du temps pour trouver un parking. Tu t’es assise devant moi. Nous nous faisions face. Et quelquefois nos yeux se sont croisés. C’est peut-être à un de ces moments que je me mis à gamberger. J’ai souhaité intensément que tu fusses libre de toute attache, que tu puisses être mienne. Mais je ne savais pas encore que j’étais moi prisonnier de ma vie et que j’aurai bien du mal à me libérer de mes entraves. En fait j’étais alors sous la dépendance de ma femme, ce qui me rendait malgré tout assez malheureux, me contrariait souvent, et me débilitait. J’étais devenu très misanthrope, je souhaitais trouver quelqu’un qui m’apporterait une bonne communication et m’aiderait à m’épanouir, mais je me doutais que ceci détruirait mon mariage et j’avais certes commencé à en mesurer les risques et les conséquences ; mais aussi j’avais décidé qu’il n’était pas question que cette dépendance continue. Je voulais devenir adulte et je ne voulais plus que l’on pense et que l’on parle pour moi. Les gens qui avaient toujours pris toutes les principales décisions pour moi devraient se le tenir pour dit. A présent il était nécessaire pour moi aussi que la liberté de conscience puisse être en moi, comme une chose absolue. Et ceci était la conséquence de crises passées que je n’avais pas su résoudre ne luttant pas pour m’en sortir. Il faudrait toujours avoir le courage de lutter pour son intégrité. C’est ensuite que les choses lentement se mirent en place, par le jeu normal des enchaînements irrémédiables. Cynthia était une personne vraiment attachante, vraiment humaine, et crédible elle. Elle avait aussi une souffrance en elle qui la rendait attirante et craquante. Je m’aperçois que je n’ai pas encore vraiment parlé de ma relation avec ma femme, ni du temps qui s’était écoulé, ni de nos cinq enfants. Le plus jeune avait alors cinq ans. Puis je dire sans rire que ça allait si mal que ça dans mon ménage ? certainement pas ! tout allait plutôt bien en fait et tout aurait pu continuer sans que le manque de quelque chose se trouve conforté, et surgisse. Qui est responsable de la dégradation de notre relation ? je n’ai pas de réponse à cette question. J’ai juste l’impression de ne pas avoir vraiment traité les choses comme il le fallait. D’avoir laissé les choses pourrir pour tout dire. Le déclencheur de nos difficultés de couple venait en particulier de mes relations assez fausse que je voulais sincères avec mon père et ma famille. Mes enfants eux avaient perdu toute confiance en moi et se situaient dans le camp adverse, chose très désagréable lorsqu’on l’observe sans pouvoir inverser la tendance. L’attitude très ferme de ma femme dans tout ce qu’elle décidait m’a toujours révolté lorsqu’elle n’a pas suivi mes indications et tenu compte de mes appréciations. Ce n’était pas un motif pour tout envoyer en l’air. J’ai fait le tri des choses importantes, et je me suis aperçu que je n’avais jamais que des récriminations mineures. Tout allait bien et le bateau coulait quand même. Ma femme était parfaite en tout, et vraiment à la hauteur pour tout. Mais elle me fatiguait assez souvent, et je la trouvais assez inéquitable avec moi habituellement. Mon souhait étant que nous formions une vraie entité cohérente et compacte. Elle décidait de tout. Fort bien d’ailleurs en général. Je faisais ce que je voulais et j’avais toute liberté d’aller et de venir ce qu’un esclave n’a pas généralement. Je ne voyais pas de chaînes partout. Nous nous étions éloignés l’un de l’autre par pallier, mais nous étions restés un couple qui fonctionnait sans problème. J’avais pris la sotte décision de ne jamais contrarier et de laisser les choses aller comme elles étaient faites par la cheftaine, sans mettre un point d’honneur à mettre mon grain de sel, et à forcer des décisions qui me semblaient aller dans un mauvais sens. Aujourd’hui qu’en est-il de notre histoire ? Je répondrai à cette question lorsque le roman sera achevé et je doute qu’il le soit un jour prochain. Reprenons le cours de cette première fois ou je t’ai rencontrée et découverte, comme on découvre un abîme sans fond. Le cours venait de débuter. J’étais arrivé à Lyon vers 22H ce dimanche. Il y avait une pagaille générale dans les rues de la Croix Rousse à cause de la grande braderie qui se tenait ce jour là. Je me garais vaille que vaille et me dirigeais vers l’inconnu pour repérer les lieux. Il y a quelques années j’avais été élève dans ces murs et j’avais alors garé ma voiture près du Gros Caillou pour y passer la nuit, gagnant ainsi l’argent de l’hôtel. A présent je ne ferai que passer cette nuit de dimanche, car pour demain j’avais réservé un studio au foyer des élèves. Je marchais sans but dans ce quartier pendant plus d’une heure. Je mis longtemps à m’y reconnaître, puis je retrouvais mes souvenirs peu à peu. Je bus un café dans un estaminet, et demandais un paquet de cigarettes. J’avais arrêté de fumer pendant un mois avant cette journée. Car je venais de prendre mes vacances et j’en avais profité pour construire l’extension de ma maison secondaire. J’avais mis deux semaines à construire les murs. Une semaine à monter la charpente. La dernière semaine, je l’avais passée à mettre les tuiles et à poser les volets de la porte-fenêtre et de la fenêtre. Tout ce travail s’était déroulé doucement, j’étais fatigué, mais fier du résultat. La première fois que je rentrai dans la salle de cours, j’eus une impression étrange, comme si une fatalité implacable était inscrite dans ces murs. Deux femmes y étaient déjà. Je sus plus tard que c’étaient les animatrices du cours. Lorsque nous commençâmes le cours il s’agit tout d’abord de nous présenter. Je regardais alors toutes les personnes présentes. A ma gauche se tenait un homme grisonnant d’une cinquantaine d’année. Il avait écrit Julien sur son présentoir. La présentation consistait à faire un interview de mon voisin ,qui devait lui faire le mien. Nous devions alors nous présenter réciproquement. Les deux monitrices étaient très sympathiques et leur présence fut rapidement acceptée par l’ensemble du groupe. La présentation faite elles nous présentèrent les réjouissances du cours ; il s’agissait de jeu de rôle et de psychologie. Le séminaire de formation avait comme but de nous enseigner l’expression orale, in devait nous permettre de faire des progrès au niveau relationnel. Il y avait tout d’abord le fil rouge. Chacun de nous remplit une fiche avec cinq mots de son choix et le fit deux fois de suite. Ces fiches furent ensuite pliées soigneusement et furent rangées dans un sac vert en toile. Puis sur une autre fiche nous inscrivîmes notre nom et le mîmes dans un sac orange. Enfin pour terminer nous inscrivîmes sur un autre carré de papier un sujet d’exposé qui lui fut rangé dans un sac bleu. L’animatrice nous exposa alors le but du jeu. Il fallait tirer un nom au hasard. La personne dont le nom avait été tiré, choisissait alors son sujet et les cinq mots en fouillant dans les sacs précités. Il disposait alors d’une minute de préparation et devait ensuite parler pendant cinq minutes en présentant un discours sur le sujet tiré, tout en essayant d’utiliser les mots. Le but du jeu étant de tenir d’être convainquant et de réaliser un parcours sans faute face à un public attentif et une caméra qui prenait en compte tout l’exposé. Ensuite on revoyait le tout. Puis c’était tout d’abord l’autocritique. Ensuite les spectateurs essayaient de commenter l’exposé. Tout ceci était pimenté d’une série d’interventions préparées. Des exposés suivaient des réunions d’information ou encore un discours. Je restais bien dans le cours au lieu de m’évader comme j’en avais l’habitude en général en pensant à tout autre chose. Tout ceci s’est passé le mieux possible. Mon cerveau fonctionnait encore assez bien pour y trouver quelque agrément et réconfort, ce serait plus difficile aujourd’hui sans doute. Elle que j’avais repérée dés le début est devenu la personne avec laquelle j’ai essayé de faire un exposé sur l’exposé par exemple. Et là j’ai eu tout faux ; dés le début je n’ai pas été bien futé ! Par exemple ne l’ai pas laissée parler la coupant sans cesse. Je me souviens que je ne savais pas bien alors ce qu’elle pouvait ressentir. Elle rentrait chez elle à Romans tous les soirs pour s’occuper de sa fille. L’avant dernier jour elle est pourtant venue dormir à Lyon. Nous sommes tous sortis le soir. Elle était vraiment en pleine forme. Mais au lieu de la baratiner et de la brancher comme je l’avais prévu j’ai bavardé stupidement toute la soirée pratiquement avec une autre collègue et je ne savais pas très bien comment m’en sortir. Puis le lendemain nous nous sommes revus. Nous avons même mangé ensemble , puis j’ai essayé de discuter avec elle dans un café. Elle était attentive, je ne l’ai peut être pas assez observée. Difficile de dire ce que l’on ressent lorsqu’on est amoureux. En général je suis très mauvais dans ces moments là. Je savais déjà que je devais imiter ses manières sa forme de communication que je trouvais vraiment véridique, juste. Je pensais que cette idée qui s’imposait à moi maintenant comme un précepte sage n’avait pas de fondement mais j’étais comme quelqu’un qui trouve un nouveau jeu intéressant et qui essaie de s’initier à cette discipline. Mais c’est vrai aussi que j’étais naturel et que mes mots étaient juste des mots anciens, ceux de ma mémoire. Je n’avais pas alors envie et besoin de créer de nouvelles formulations et de comprendre même ce que je disais. Tout allait assez bien alors. Qu’avons nous dit pendant ces minutes que nous avons passées pour la première fois ensemble. Je lui ai demandé comment elle vivait ,quelle avait été sa vie. Je pense qu’elle m’a fait progressivement confiance et qu’une forme de camaraderie ou d’amitié s’est nouée entre nous. Je devais me rendre dans ma famille dans les Vosges. Vers quatorze heures, je l’ai laissée devant sa voiture et je n’ai trouvé que des mots creux, puis elle est partie vers Romans et moi vers d’autres cieux. Je me suis arrêté bientôt parce que je n’avais qu’une seule pensée déjà, c’était la revoir. Elle m’avait fait une impression telle que rien n’était possible sans elle désormais et qu’il fallait absolument que je la revoie. Lorsque je suis redescendu à Nice je n’avais qu’une pensée c’était faire le crochet par Romans, la voir, lui parler. Naturellement la première chose a été de rechercher son numéro de téléphone et son adresse dans le fichier du téléphone par le minitel. Ceci je l’ai fait à la première occasion et j’étais heureux d’avoir trouvé son nom et son numéro. Mais je n’ai pas appelé. Et d’ailleurs elle était sans doute encore sur la route et pas rentrée chez elle, et que lui aurais je dit d’ailleurs : que je l’aimais comme un fou, comme j’en avais la sensation dans chaque parcelle de mon corps. Mais cette fois je suis rentré à Nice sans faire le détour nécessaire. J’avais le temps, mais serait elle là. Je n’ai pas essayé de lui téléphoner. Comme tu vois Cynthia, j’étais déjà assez lâche et pourtant je savais que je t’aimais et t’aimerais… ceci n’a pas changé. Un mois plus tard je refis un cours à Lyon. Elle n’y était pas mais je lui téléphonais à plusieurs reprises pour prendre de ses nouvelles et lui annoncer que je voulais la voir dans la semaine. Elle me proposa simplement de me voir vendredi après midi, à la fin de mes cours. Il pleuvait sans cesse cette année là. Je quittais Lyon vers 14H et j’étais chez elle à la direction locale de la boîte vers 16H environ. Nous allâmes ensuite chez elle à Romans. Elle habitait une rue très calme dans le vieux Romans, prés de l’église et prés des quais de l’Isère. Sa maison se trouvait enclavée entre d’autres maisons semblables. Elle était vaste construite sur trois niveaux. Je ne lui ai pas demandé pourquoi elle avait choisi d’habiter là plutôt qu’à Valence. Il s’agissait sans doute d’une opportunité plus que d’un choix délibéré. Nous n’eûmes que jusque vers 16H pour discuter et alors nous fîmes tout d’abord le tour du propriétaire. Je n’ai pas songé à faire autre chose que ce que j’avais envie de faire c’est-à-dire de lui parler. J’avais vraiment envie de lui faire une bonne impression, ce n’était pas facile car jusqu’à présent nous n’avions jamais parlé de rien d’important entre nous. Lorsque je l’avais connue à Lyon il y un mois environ c’est à dire le lundi 16 août 1993 et jusqu’au vendredi de cette semaine, rien de significatif ne s’était produit, je me sentais amené progressivement dans la position de celui qui doit s’avouer à lui-même une chose qu’il ne veut et ne peut pas admettre. Une chose importante s’est en effet produite à un instant de cette période, j’ ai conçu un amour absolu pour cette personne que j’ai alors rencontrée, sans vraiment la chercher, ni la désirer ,ni même en étant sûr d’emblée qu’il existait une possibilité d’aimer aussi forte dans mon cœur. En fait je ne lui ai rien demandé qui aurait eu une importance pour le narrateur de ce récit qui devra le traduire en choses intelligibles, alors que je me borne à prendre des notes sur cette expérience extraordinaire pour moi. Nous n’avons fait que des choses simples. Elle m’a gentiment donné le baiser chaste mais affectueux qu’on donne à un ami, puis elle m’a conduit chez elle, ce qui n’est pas significatif de nos jours. Je me souviens de notre conversation à ce sujet. Je lui ai demandé ce que nous pourrions bien faire. Que voulait-elle faire en fait? Elle semblait désireuse de rentrer chez elle ce qui n’est pas surprenant puisqu’en général c’est l’endroit ou on est le mieux. Je pensais retrouver là bas sa fille mais elle était encore à l’école et nous avons eu environ deux heures pour nous parler et boire le pot de l’amitié. Nous avons enroulé nos bras ensemble et j’ai déclaré : « à la vie et à la mort » ce qui était juste pour moi comme pour elle mais nous ne le savions pas encore. Lorsque j’eus visité sa maison je constatais tout d’abord que tout était impeccable, qu’il y régnait une ambiance douce et donc que sa maison était un refuge où elle se laissait aller à ses passions principales. Des plantes vertes se trouvaient dans chaque pièce. Elle aimait donc les plantes. Nous en avions déjà parlé lorsque nous discutions après une pause. Elle m’avait alors dit qu’elle possédait un agrume qui était bien malade puisqu’il était couvert de cochenilles. Nous sommes restés dans son salon. Autant que je me souvienne il est très grand puisqu’il fait dans les 6 mètres de long sur 3 de large. Dans le fond se trouve une belle fenêtre, devant laquelle se trouve une petite table. Nous-nous sommes installés devant cette petite table. Elle est venue simplement s’asseoir devant moi et m’a proposé un verre. J’ai pris un martini il me semble et elle un peu de suze. Elle nous a servi largement. Puis nous avons porté un toast ,elle voulait porter cette célébration les yeux dans les yeux, je lui ai demandé de faire une chose inusité pour elle de lui prendre le bras dans mon bras et ensuite de porter le premier envoi, je me souviens bien avoir dit sans l’avoir préparé: << A la vie ,à l’amour, à la vie ,à la mort>> Je lui avais déjà demandé ce qu’elle comptait que nous ferions et que nous serions l’un pour l’autre. Elle me semblait toujours sincère contrairement aux autres personnes que j’ai connues, sauf les enfants naturellement qui sont toujours naturels et vrais. C’est cette ouverture franche qui m’a ému profondément. Je me suis senti en confiance tout de suite, je pensais qu’elle me dirait toujours la vérité. Je l’ai aimée pour cela. Elle a répondu quelque chose d’aussi important: « Pour qu’une relation durable entre nous.. » Nous avons parlé comme deux amis tout de suite. J’ai su qu’elle avait une sœur qu’elle aimait beaucoup et un jeune neveu, le fils aîné de sa soeur qui songeait à habiter dans son sous-sol qu’il a commencé à aménager. En tout cas il ne me semble pas avoir remarqué alors des affaires masculines dans son intérieur. . Elle m’a parlé des hommes de sa vie. Il me semble qu’il y en avait eu alors quatre mais pas plus. Son mari tout d’abord le père de sa fille. Puis l’homme avec lequel elle avait fait sa première expérience, qui vivait à Paris. Puis François je crois qui avait pris la suite de son mari et qui n’avait jamais voulu l’épouser. Qui la quittait tous les week end pour aller en montagne ; qu’elle quitta un jour se rendant compte de l’impasse où se trouvait sa vie pour lui manifester son désespoir. Qui l’oublia très vite et se maria presque aussitôt avec une autre. Puis Jean un polytechnicien divorcé musicien, écologiste, avec lequel elle vécu un temps dans une grande maison à la campagne. Qui ne l’épousa pas non plus et sans doute la déçut pour cette raison. Elle rencontra l’amour sous les traits d’un autre François le frère divorcé de son beau frère, un amour passion qui l’entraîna à rompre avec Jean. Cet amour ne dura que le temps des vacances, son nouvel amour habitant la Belgique. Elle s’y rendit et essaya désespérément de lui faire comprendre l’intensité de ses sentiments. Résultat de cette démarche une horrible peine et le vol de presque toutes ses affaires dans sa voiture, une déroute totale. Elle sortait de ces péripéties… Elle avait été rejetée parce qu’elle ne convenait pas .Elle avait conçu pour cet homme qui fut son amant de coeur une grande passion et sans doute voulait s’en libérer à présent après quelques mois de vague à l’âme.

( 3 octobre, 2012 )

Les quelques jours qui nous restent

L’attente de ces évènements qui vont changer le monde nous occupe souvent dans nos tristes pensées. A la vue de ce qui se passe dans nos Pays européens. Que pensons nous vraiment de notre condition? qui sont les responsables? qui sont les profiteurs? qui a détraqué la machine qui fonctionnait vaille que vaille, mais enfin qui allait quand même assez bien? qui a décidé de cette destruction nette de notre identité, de notre devenir, pour les remplacer illico par une autre identité qui ne peut pas être la notre, qui ne le sera jamais!

Voilà la fin d’un cycle! voilà le temps des désespoirs. Même si comme le disait Jacques BREL le désespoir n’est pas en lui même une chose triste. Ne pas avoir l’espoir que les choses puissent aller mieux ou dans le sens que l’on pourrait souhaiter n’est pas triste. Nous savons l’avenir, il est tellement prévisible, dans les détails il peut encore évoluer un peu, mais dans l’ensemble les jeux sont faits depuis longtemps.
Alors se pose à nouveau les questions suivantes: 1. Devons nous nous résigner? 2. N’y a t’il pour nous que la solution de partir et de laisser les choses en plan, se déliter et se figer dans la mélasse actuelle qui ne peut que se propager encore et tout submerger. 3. La révolution que nous appelons de nos voeux peut elle arriver? et surtout ne va t’elle pas simplement enregistrer le nouvel état des choses contre lequel nous essayons vainement de lutter , comme si nous boxions un mur , ou nous heurtions à plus fort que nous qui chaque fois nous détruit physiquement et moralement.

J’éprouve une joie sinistre à regarder le monde croupissant, et à le voir à sa mesure, former ici une terre nouvelle, avec des êtres dépossédés, et là jeter dans les bras des démagogues malfaisants, toute une jeunesse sans but formée de la population la plus arrièrée qui soudain par un train d’enfer arrive à la jouissance de la liberté. Cette liberté pour elle c’est la violence et la guerre. Alors je me dis que vraiment l’humain est un animal bien méchant qui ne mérite pas de vivre sous le soleil, et sous les étoiles, dans cet Univers, et je me demande quelle folie m’a fait venir ici, m’a donné l’envie de m’intéresser un tant soit peu à ce peuple de singes un peu évolué qui chaque jour se rapproche des démons les plus absurdes qui peuplent cette création.

Ceci nous montre qu’avec les meilleures volontés, et les plus justes lois qu’il soit rien n’est gagné. Et qu’il faut raboter sans cesse sur les libertés et les désirs qui forgent l’avenir pour aller vers la connaissance ultime, et régler enfin le sort de l’humanité. J’ai souvent honte d’être un humain. J’ai parfois le sentiment contraire lorsqu’il y a , enfin, quelqu’un : homme , femme, qui sort de l’ordinaire et qui donne un coup de pouce à la marche en avant. Le progrès actuel est tel qu’il dépasse de loin la capacité de l’humain de s’y soumettre et le cultiver en paix. L’âme de chaque être qui vient sur cette terre est terrassée par les innombrables sources de conflits qui sont sans cesse mise en place. Je n’ai pas le temps de dire plus et mieux, que ceux qui savent lire l’avenir se mettent en fin à marcher devant le Peuple en portant le drapeau de la vie.
J’attends bien sur la guerre inévitable qui va s’intéresser à l’Iran dans sa structure et dans sa continuité.
J’attends la suite, les inévitables retombées sur les autres champs de batailles.

Avec courage que faisons nous ? juste nous retardons les échéances inévitables. Ces choses nous aurions pu les tuer dans l’oeuf. Ce qui est toujours le plus sérieux et le moins dommageable. Mais à ce moment là l’homme qui décidait en dernier n’a pas eu le front et le courage d’y aller et de liquider le dragon qui était encore dans sa coquille et qui n’avait pas encore enflammé la terre entière avec sa soif de puissance, de haine et de colère. Alors je me dis que les liens qui nous guident et nous serrent sont à détruire radicalement, refaisons nos liens civiques et nos Etats pour simplement survivre mieux demain, bien sûr nous , nous ne serons plus là pour commenter et suivre les évènements, mais au moins nous aurons mis à l’abri nos descendants.

Je me tourne vers l’est et je regarde le grand peuple qui s’est autrefois levé, il a été jusqu’au bout du délire d’un tyran sanguinaire, qui n’aimait pas le sang, qui ne mangeait pas de viande, mais qui voulait détruire radicalement l’ordre du monde pour y installer un nouvel ordre moral et politique. Une grande guerre de décolonisation, alors même que les Puissances de ce temps étaient toutes des Empires colonialistes, impérialistes et dominateurs qui s’entendaient uniquement en temps de guerre pour détruire l’adversaire et à la fin de la guerre, lors des traités voler les dépouilles du vaincu.

Les colonies sont émancipées, et les frasques socialistes extrêmes des systèmes socialistes se sont envolées comme un brouillard surréaliste qui se dissipe. Plus jamais ça ! plus jamais de monstre reposant sur la dépossession des gens et des peuples par un petit groupe d’idéologues asimutés,  et en face il y a les nouveaux idéologues qui nous pourrissent la vie avec leurs intolérances, et leur marche en avant qui écrase tout. Ils se servent même de la Démocratie pour détruire la Démocratie, car le Peuple dans son ensemble est intolérant et stupide, il se berne comme on berne un troupeau de moutons qu’on conduit à l’abatoir.

Ainsi fut fait une fois de plus. Et le Machin qui fut suscité est cet ONU qui n’est pas fiable, qui ne donne que des mauvaises directions, qui est de plus un repaire de serpents et de jeteurs de sort. Alors je sais bien que demain sera ce que la prophétie a écrit sur le mur de l’assemblée générale des Etats à New York: j’y lis nettement les mots anciens : mene mene teckel pharsin

L’ensemble a été pesé, nous avons été jugés insuffisants, et tout sera détruit, et ensuite il y aura un sombre moyen âge.
Les empires n’ont qu’un temps. Les confédérations s’effondrent lorsqu’elles ne font pas leur travail indispensable et primordial d’empêcher les invasions. Ces invasions produisent toujours les mêmes fruits, comme lors de la fin de l’Empire romain. Nous assisterons sans doute bientôt à des évènements qui marqueront les siècles futurs de leurs sordides éclats.

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